Victor a écrit : PascalL a écrit :
il ne suffit pas de pensé! il faut le faire dignement (et t'as du boulot!)
Est-ce que penser dignement c'est dire à son contradicteur: "La pensée, c'est pas fait pour vous!"
Non.
Il ne faut pas aller bien loin pour voir le côté
totalitaire, (moi j'ai le droit de penser, mais vous non) caché derrière les grandes idées humanistes (de façade).
Jarod1 a écrit : Victor a écrit :
Et bien si tu ne vois pas la manœuvre ...
L'intellectuel de gauche Onfray (et ne va pas me dire que ce n'est pas un intellectuel de gauche) glisse progressivement d'un discours universaliste, mondialiste, cosmopolite vers un discours où la nation, le peuple français est remis au premier plan.
Alors évidemment comme il est "certifié" de gauche, lui il a le droit de le dire.
Si c'était un type de droite qui aurait eu ce discours, je vois déjà les mots que tu aurais écrit:
cloporte, xénophobe, raciste, et tout le tremblement habituel qui te caractérise.
C'est d'ailleurs un discours tenu par pas mal de type de droite qu'on accuse alors, selon la formule consacrée de "chasser sur les terres du FN", tout ça est assez pitoyable, je me demande à quoi servent ces gens, à part à se masturber les uns les autres.
Michel Onfray est un professeur de philosophie, historien de la pensée. Il est aussi philosophe mais sous la contrainte d'avoir à penser avec cette massive culture philosophique qui est la sienne, et donc avec la difficulté qu'il y a à se débarrasser de ses connaissances pour fournir du neuf... C'est loin de lui être propre, et c'est souvent le plus grand défi de l'intelligence face à l'érudition qui la parasite lourdement.
Je dis cela en prologue car il me semble que beaucoup ici de ceux qui le critique subissent ce poids de leurs connaissances, qui deviennent des a-prioris, en particulier sur la notion de droite, de gauche, de libertaire, de FN, etc. la représentation que vous donnez de ces catégories me semble figée. Figée dans la perception/réception que vous en avez eu à une époque et/ou qui s'est sédimenté sur quelques années ou décennies.
Bon, Onfray se dit de gauche, mais en réfutant toutes ces gauches qui ont évolué. Ces gauches qui ont nettement glissé vers les concessions par l'emploi et le pouvoir d'achat à la croissance, à la réduction des déficits, à la perte de souveraineté (ou dit autrement d'autonomie économique et sociale)...
Le FN qui ne s'est qu'en partie défait de son nationalisme premier, à la 'papa' (pour bien montrer que justement c'est aussi une évolution générationnelle, bien visible au FN par la succession familiale qui a 'tué' le père, en partie)... Le FN donc, a fait un mouvement vers ce refus de certains dogmes de droites, de certaines visions libérales, utilitaristes...
En fait la convergence qu'on peut ressentir et caricaturer si on a du mal à penser de façon complexe le présent, c'est celle d'une nouvelle forme de populisme.
Mais ce qui est intéressant dans ce mot même c'est bien la connotation immédiatement 'fascistes', voir 'nazi', que des esprits précaires vont immédiatement lui coller, sans même y réfléchir, par prêt-à-penser.
Est-il mal de vouloir qu'un peuple, une population, une société, une collectivité d'hommes et de femmes (la définition de peuple peut avoir son importance mais il faut déjà s'entendre sur la notion de ce qui est possible pour un groupe).
Est-il donc mal qu'un groupe humain soit espéré à pouvoir décider par lui-même et pour lui-même de son cadre de vie, de son territoire, de ses relations à autrui, de ce qui est admissible ou non (droit), de ce qui peut se faire dans l'espace de tous, collectif, public, etc. ?
Est-ce mal ?
Ou pour le dire autrement, la démocratie libérale comme idéologie d'organisation sociétale actuelle serait-elle devenu que chacun fasse ce qui lui plait quand il lui plait ? Que des groupes mouvants d'un jour à l'autre dans leur nombre, les individus qui les composent, ce qu'il veulent faire du monde (ressources matérielles ou culturelles), ne soient valables, valorisés que par la déclaration de bonnes intentions virtuelles (incantation de liberté, d'humanité, de confort, etc.), saturées de paradoxes (on pleurera sur la photo d'un enfant chinois travaillant à la peine tout en portant les chaussures qu'il a participé à fabriquer).
Michel Onfray n'est pas entièrement libre de certaines de ces contradictions. Mais au moins il essai de demander qu'on les pense, qu'on y fasse attention. Et il est loin d'être le seul, heureusement, mais, par son travail et sa mise en avant dans ses actions et livres, dans sa prise de parole, il est devenu le porte parole, d'une partie de ces gens qui aimeraient que la parole retrouve un sens, que la pensée soit utilisée.
Certes et il le dit, il se soumet ainsi AUSSI à de la récupération, et DIT donc avec qui et quoi il n'est pas d'accord. Il suffit d'écouter et de ne pas seulement supposer (comme le fait Lea Salamé, mais pour tout le monde pas que pour Onfray) des intentions cachées et toujours les mêmes : malsaines, racistes, antisémites, etc.
Ce type de procès d'intention est devenue d'ailleurs la règle de ce qui est parfois dénoncé comme la bien pensance de 'gauche' (qui est d'ailleurs partagée par la droite). Disons en fait la bien pensance de l'idéologie dominante qui veut faire du commerce tranquillement et ne prendre partie pour rien de fort, d'important, qui risque de créer du réel désaccord.
Cette bien pensance n'est pas réellement contre le racisme, la sexisme, etc. mais reflète plutôt la peur de valeurs fortes, d'affirmations profondes, préférant de petits désaccords facilement consensualisable sur un roman, un disque, etc.
Il lui faut donc édicter un code rigide de ce qui peut ou pas être pensée, du cadre dans lequel les échanges, les pensées peuvent se faire.
Le risque de l'affrontement qui peut se terminer par un écrasement logique, analytique, du mode vie que défend cette idéologie dominante est une angoisse telle que la critique de toute volonté de penser librement (et même pourquoi pas de penser mal mais autrement) devient hystérique, ne peut recourir qu'à l'insulte, la volonté de faire taire l'autre, de déverser un flot de parole pour ne pas le laisser dire, de supposer à chaque mot, à chaque phrase le retour de la bête immonde, pour discréditer 'a-priori', et/ou par intention, toute autre pensée...
Néanmoins, si Michel a très bien démonté le discours médiatique dominant, tout comme Bourdieu en son temps, et en recevant la même charge haineuse, je trouve dommage de se laisser aller à des petites phrases comme celle qui donne son titre à ce fil.
Et malgré tout, pour y avoir eu recours aussi, dépassé par moi-même, par la colère du moment, par la difficulté à faire face à l'invective, l’agression, l'insulte, je comprends que cela puisse se faire, se dire, et même sur le coup, se penser. Tant Sur le coup, la chose est vrai, véritable. Tant il faut parfois rappeler à l'autre que lui aussi peut être blessé, voir détruit si besoin est. Ne serait-ce que pour le faire se calmer, reprendre un minimum d'humanité.