Re: Marche contre l’antisémitisme : comment Mélenchon justifie de ne pas y participer
Posté : 09 novembre 2023 06:33
Marche contre l’antisémitisme
Devant le Grand Orient, Macron met en garde contre ceux qui «confondent le rejet des musulmans et le soutien des juifs»
En pleine polémique sur la participation annoncée de l’extrême droite dans la marche contre l’antisémitisme dimanche 12 novembre, l’Elysée assure qu’il «n’est pas prévu pour le moment» que le chef de l’Etat défile lui aussi.
Assis sur un fauteuil en velours rouge, les mains jointes, Emmanuel Macron hoche poliment la tête ce mercredi 8 novembre après-midi pendant le discours du grand maître du Grand Orient de France. «Il est de notre devoir de francs-maçons de participer au rassemblement auquel appellent les présidents des deux assemblées parlementaires dimanche, énonce Guillaume Trichard dans le temple Arthur Groussier de la rue Cadet, où le Président est venu célébrer le 250e anniversaire de la principale obédience maçonnique française. Soyons-y nombreux pour refuser que notre pays, que notre continent, ne rééditent les fautes du siècle dernier.» La Première ministre défilera contre l’antisémitisme dimanche à l’appel de Yaël Braun-Pivet et Gérard Larcher, a annoncé le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran. Et le Président ? Certains, dans la majorité, caressent l’espoir de le voir lui aussi dans les rues de Paris, rééditant le coup d’éclat de François Mitterrand en 1990 après la profanation du cimetière juif de Carpentras. Ils risquent d’être déçus. «Ça n’est pas prévu pour le moment», répond l’Elysée à Libération. «La question n’a pas été abordée en Conseil des ministres», selon Véran.
Le Président dans la rue ? «Ça dépend avec qui»
Lors de son discours devant le Grand Orient, Emmanuel Macron s’en est tenu à renvoyer dos à dos la France insoumise (LFI) et le Rassemblement national (RN), sans les nommer. «Veillons à toutes les confusions, dans une époque où les uns préfèrent rester dans l’ambiguïté par souci de flatter de nouveaux communautarismes, et les autres prétendent défendre nos compatriotes de confession juive en confondant le rejet des musulmans et le soutien des juifs, en refusant, ceux-là mêmes, de condamner leurs positions passées et leurs mots définitifs d’hier», a lancé Emmanuel Macron pour qui «s’en prendre à un Juif […] c’est toujours chercher à atteindre la République».
Lui, dans la rue, comme Mitterrand en 1990 et François Hollande après les attentats de 2015 ? «Avec les questions de sécurité autour du président de la République, ça peut être compliqué», pointe une ministre qui plaide plutôt pour une «expression indépendante» du chef de l’Etat face aux 1040 actes antisémites dénombrés dimanche par le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, depuis l’attaque terroriste du Hamas en Israël le 7 octobre. «Ça dépend avec qui», grince un ministre. Comme sa majorité, le chef de l’Etat est autant piégé par le boycott par LFI du défilé que par la présence enthousiaste du RN, dont le président Jordan Bardella refuse pourtant de reconnaître l’antisémitisme, établi par la justice, de Jean-Marie Le Pen. Impensable de les voir s’incruster sur la photo au côté du Président. «Evidemment, ils tenteront ça», s’inquiète un membre du gouvernement.
«Impitoyables»
Le sujet s’est invité à l’Elysée mardi 7 novembre au soir à la fin d’un dîner avec quelques ministres et les chefs de la majorité. De retour d’un déplacement en Dordogne, Emmanuel Macron s’est montré particulièrement prudent. Il a noté que personne ne l’avait interpellé sur le sujet de l’antisémitisme à Boulazac, en marge d’une visite d’imprimerie. Il a invité ses troupes à ne pas paraître «déconnecté des préoccupations des Français», dont le quotidien est parfois éloigné des polémiques qui agitent la classe politique. «C’était une façon de nous dire que ce qui paraît extrêmement important ici est perçu différemment ailleurs», analyse l’un des convives.
Façon de moduler la voix de la majorité contre l’antisémitisme ? «Ces propos n’ont rien à voir avec une relativisation de l’antisémitisme mais correspondaient bien, à côté du discours nécessaire contre l’antisémitisme, à une demande que chacun continue d’agir dans ses domaines d’action», répond l’un de ses conseillers. «Je veux ici être définitif, a martelé le Président face au Grand Orient. La République ne transige pas et ne transigera pas. Et nous serons impitoyables face aux porteurs de haine.»
https://www.liberation.fr/politique/dev ... XF4KC7K7I/
Devant le Grand Orient, Macron met en garde contre ceux qui «confondent le rejet des musulmans et le soutien des juifs»
En pleine polémique sur la participation annoncée de l’extrême droite dans la marche contre l’antisémitisme dimanche 12 novembre, l’Elysée assure qu’il «n’est pas prévu pour le moment» que le chef de l’Etat défile lui aussi.
Assis sur un fauteuil en velours rouge, les mains jointes, Emmanuel Macron hoche poliment la tête ce mercredi 8 novembre après-midi pendant le discours du grand maître du Grand Orient de France. «Il est de notre devoir de francs-maçons de participer au rassemblement auquel appellent les présidents des deux assemblées parlementaires dimanche, énonce Guillaume Trichard dans le temple Arthur Groussier de la rue Cadet, où le Président est venu célébrer le 250e anniversaire de la principale obédience maçonnique française. Soyons-y nombreux pour refuser que notre pays, que notre continent, ne rééditent les fautes du siècle dernier.» La Première ministre défilera contre l’antisémitisme dimanche à l’appel de Yaël Braun-Pivet et Gérard Larcher, a annoncé le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran. Et le Président ? Certains, dans la majorité, caressent l’espoir de le voir lui aussi dans les rues de Paris, rééditant le coup d’éclat de François Mitterrand en 1990 après la profanation du cimetière juif de Carpentras. Ils risquent d’être déçus. «Ça n’est pas prévu pour le moment», répond l’Elysée à Libération. «La question n’a pas été abordée en Conseil des ministres», selon Véran.
Le Président dans la rue ? «Ça dépend avec qui»
Lors de son discours devant le Grand Orient, Emmanuel Macron s’en est tenu à renvoyer dos à dos la France insoumise (LFI) et le Rassemblement national (RN), sans les nommer. «Veillons à toutes les confusions, dans une époque où les uns préfèrent rester dans l’ambiguïté par souci de flatter de nouveaux communautarismes, et les autres prétendent défendre nos compatriotes de confession juive en confondant le rejet des musulmans et le soutien des juifs, en refusant, ceux-là mêmes, de condamner leurs positions passées et leurs mots définitifs d’hier», a lancé Emmanuel Macron pour qui «s’en prendre à un Juif […] c’est toujours chercher à atteindre la République».
Lui, dans la rue, comme Mitterrand en 1990 et François Hollande après les attentats de 2015 ? «Avec les questions de sécurité autour du président de la République, ça peut être compliqué», pointe une ministre qui plaide plutôt pour une «expression indépendante» du chef de l’Etat face aux 1040 actes antisémites dénombrés dimanche par le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, depuis l’attaque terroriste du Hamas en Israël le 7 octobre. «Ça dépend avec qui», grince un ministre. Comme sa majorité, le chef de l’Etat est autant piégé par le boycott par LFI du défilé que par la présence enthousiaste du RN, dont le président Jordan Bardella refuse pourtant de reconnaître l’antisémitisme, établi par la justice, de Jean-Marie Le Pen. Impensable de les voir s’incruster sur la photo au côté du Président. «Evidemment, ils tenteront ça», s’inquiète un membre du gouvernement.
«Impitoyables»
Le sujet s’est invité à l’Elysée mardi 7 novembre au soir à la fin d’un dîner avec quelques ministres et les chefs de la majorité. De retour d’un déplacement en Dordogne, Emmanuel Macron s’est montré particulièrement prudent. Il a noté que personne ne l’avait interpellé sur le sujet de l’antisémitisme à Boulazac, en marge d’une visite d’imprimerie. Il a invité ses troupes à ne pas paraître «déconnecté des préoccupations des Français», dont le quotidien est parfois éloigné des polémiques qui agitent la classe politique. «C’était une façon de nous dire que ce qui paraît extrêmement important ici est perçu différemment ailleurs», analyse l’un des convives.
Façon de moduler la voix de la majorité contre l’antisémitisme ? «Ces propos n’ont rien à voir avec une relativisation de l’antisémitisme mais correspondaient bien, à côté du discours nécessaire contre l’antisémitisme, à une demande que chacun continue d’agir dans ses domaines d’action», répond l’un de ses conseillers. «Je veux ici être définitif, a martelé le Président face au Grand Orient. La République ne transige pas et ne transigera pas. Et nous serons impitoyables face aux porteurs de haine.»
https://www.liberation.fr/politique/dev ... XF4KC7K7I/