papibilou a écrit : 06 février 2025 20:21
Once a écrit : 06 février 2025 18:45
Vous oubliez une seule chose : même dans les conditions dans lesquelles ils vivent, les Gazaouis sont prêts à rester et à reconstruire un habitat précaire, "de leurs propres mains et même avec de la boue et du sable s'il le faut " ( lu dans mon quotidien régional du jour). Ils ne veulent pas partir. C'est leur terre, c'est là qu'ils continuent de naître ( et les chiffres des naissances ne baissent pas), c'est là qu'ils veulent mourir et c'est là que leurs morts sont enterrés.
C'est un point de vue qu'aucun occidental lambda ne peut comprendre.
Quant à ceux qui prétendent qu'ils seront plus heureux ailleurs, en vérité, ils se contrefichent comme de leur dernière chemise du sort des Gazaouis : ce qu'ils veulent c'est qu'ils s'en aillent pour prendre leur place et faire de la zone une " Riviera'" avec hôtels de luxe et terrains de golfe. En se rendant alors les complices d'une épuration ethnique pourtant condamnée par le Droit International.
Que la déportation de près de deux millions de Gazaouis puisse aussi déstabiliser de manière gravissime des pays comme l'Égypte et la Jordanie, ils s'en tapent totalement, ce ne serait pas leur problème : alors que ça risquerait de finir par menacer l'existence d'Israël par ricochets.
Je n'oublie rien.
Ni que on peut être né quelque part et aimer son pays de naissance et être heureux ailleurs. Ni que ça arrive que des musulmans émigrent ( on n'est pas si mal placés pour le savoir ), et laissent leurs morts au pays.
Ni que reconstruire cette zone, minuscule mais tellement détruite, va coûter aussi cher que reconstruire ailleurs et que tôt ou tard la guerre reprendra avec son cortège de malheurs et de souffrances.
Ni que les pays d'accueil devront si cela se produit être suffisamment nombreux et devront être aidés.
Ce que vous ne semblez pas comprendre ( et que Trump n'est pas en mesure de comprendre non plus) c'est que les " pays d'accueil" ( Egypte et Jordanie) ne PEUVENT pas accueillir les Gazaouis ( et plus tard les Cisjordaniens?) sans mettre en péril leurs propres équilibres internes déjà sérieusement fragiles.
Les Gazaouis ont une histoire particulière qui n'a pas grand chose à voir avec les populations égyptienne et jordanienne.
Parler la même langue, avoir la même religion ne suffit pas : tous les connaisseurs du Moyen Orient savent cela : un saoudien est différent d'un syrien qui est lui même différent d'un égyptien et d'un turc. Et tous regardent n'importe quel réfugié avec pitié mais aussi mépris et... utilitarisme.
Les mépris de classes et d'ethnies se reproduisent vite dans ces régions. Les solidarités ne durent qu'un moment.
En Turquie , les réfugiés syriens commencent à être victimes de ségrégation et Erdogan est pressé de les forcer à rentrer chez eux depuis l'accession au pouvoir d'un nouveau régime.
Autre chose : les Palestiniens en exil en Egypte et en Jordanie pourraient reconstituer des milices pour prendre le pouvoir et renverser les gouvernements qui leur auraient ouvert les portes à contre coeur et en étant forcés.
Et cela s'est passé au Liban où les Palestiniens ont contribué à nourrir une guerre civile qui a abouti à leur expulsion ( mettez dans Google : " Insurrection des Palestiniens au sud Liban et vous verrez..)
Cela s'est aussi passé en Jordanie avec l'épisode de Septembre noir qui a laissé des traces indélébiles dans les mémoires locales. ( Mettez " Septembre noir" dans Google et vous verrez aussi.)
En Egypte, l'arrivée de Gazaouis très imprégnés de l'idéologie des Frères musulmans risquerait de provoquer une guerre civile.
Tout cela , le "peace maker" de Washington n'est pas en mesure de le comprendre, son cerveau n'est pas programmé pour intégrer ces données.
Et le problème, le très gros problème c'est que - dans sa nouvelle équipe - il n'est plus entouré de conseillers instruits des complexités de la région. Il a viré tous ceux de l'administration de Biden, ceux qu'on appelait " les adultes dans la pièce" qui étaient connaisseurs du Moyen Orient et dont un certain nombre l'avait déjà entouré et modéré durant son premier mandat.
Conclusion : si le " Peace Maker" met ses projets en application, il va créer le plus grand bordel que le Moyen Orient aura jamais connu.
Un bordel qui mettra en péril la sécurité même d'Israël ! De la même manière que les Accords d'Abraham ont, quelque part, entraîné le 7 octobre.