J'ai le souvenir que, lorsque le maire de Fréjus avait été questionné, par un journaliste, sur l'affaire de ses montres, il avait balbutié.
Par ailleurs, et bien avant l'enquête de la journaliste sur le système Rachline, la chambre régionale des Comptes pointait déjà, en 2017, un "monopôle de fait" à Fréjus :
"Deux mandats durant lesquels la quasi-totalité des marchés publics supérieurs à 280.000 euros, à l’exception de deux d’entre eux, a été raflée par RBTP. “Depuis 2014, ce ne sont que sept marchés sur 705 marchés de la ville et 160 marchés de travaux, sans aucun recours d’un concurrent”, s’est défendu la Ville auprès de nos confrères. Mais la comparaison n’est pas juste, car la société d’Alexandre Barbero ne fait pas de maintenance d’ascenseurs pour le CCAS ou d’aires de jeux dans des écoles maternelles. RBTP s’occupe de gros œuvres, comme des aménagements urbains ou des routes.
“Comment savait-il pour les prix ?”
Toujours est-il que déjà en 2017, la chambre régionale des comptes pointait dans un rapport le “monopole de fait” des “sociétés locales” du BTP “alors que la situation économique de ce segment de marché n’est pas monopolistique”. À ce sujet, une ancienne conseillère municipale d’opposition (LR) affirme qu’“on ne pouvait pas dire non à Barbero”, qui remplissait tous les critères d’attribution. D’autant qu’il proposait toujours les prix les moins chers. “La question que je me suis toujours posée, c’est : “Comment savait-il pour les prix ?” se questionne alors l’ancienne élue.
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Selon la loi, les prix ne sont en effet jamais communiqués pour respecter le principe d’égalité de la concurrence. “On ne peut connaître ni les concurrents ni leurs prix”, explique l’ancienne conseillère municipale. À moins que quelqu’un divulgue ces précieuses informations. Mais sur ce point, pas l’ombre d’une preuve. Le procureur du tribunal de Draguignan Patrice Camberou reste prudent, même après avoir reçu une lettre anonyme de la part d’anciens élus développant leurs soupçons sur ces fameux marchés publics. “Il y a souvent, dans les dénonciations anonymes, la possibilité de règlements de comptes. Et les risques d’instrumentalisation sont grands.”
https://www.capital.fr/economie-politiq ... ue-1468996
Quand aux montres...
"Des montres “offertes”
Quant aux montres du maire, le sujet semble sensible. Libération en a identifié six, d’une valeur totale de 35.000 euros. David Rachline affirme pourtant auprès du journal n’en posséder que trois : une Hublot Aerofusion à 17.200 euros achetée par le biais d’un chauffeur en petites coupures, une Rolex à 7.500 euros “offerte” par un “ex-beau-père”, selon les dires du maire, et une Ronde de Cartier, à 4.000 euros, elle aussi “offerte”, mais cette fois “par un ami”. Et d’après une proche collaboratrice de David Rachline, il s’agirait d’Alexandre Barbero, le patron de RBTP, lui aussi très client des montres de luxe. Un “graissage de patte”, accuse la collaboratrice, qui en aurait même référé à Bruno Bilde, alors conseiller spécial de Marine Le Pen, dans un SMS. Déclarations que l’émettrice du message dément aujourd’hui."
Monsieur Rachline a déposé plainte contre la journaliste mais il est fort probable que cela finisse par se retourner contre lui. Enfin, même si lui et ses complices se débarrassent de toutes les preuves compromettantes, il en restera toujours assez pour les condamner, si la fraude est révélée.