danielfr40 a écrit : lotus95 a écrit : par exemple, le chômage des séniors est en progression continue depuis 2008, pas un seul trimestre de baisse en 10 ans !
les séniors en catégorie A-B-C sont passés de 498 000 au 4è trim 2008 à 1 431 000 au 4ème trim 2018, quasiment 1 million de + en 10 ans, et une proportion du total de 25.5% en 2018 contre 15.5% en 2008 ... médites sur ces chiffres
vrai jusqu'à peu de temps
en fait il était en baissel'année dernière
https://www.liberation.fr/france/2018/0 ... 08_1629877
l'article de Libé est basé sur des taux de chômage au sens du BIT ...
j'accorde bien plus de crédit aux stats Pôle Emploi qui sont fondées sur du "palpable", qu'à une méthode de calcul approximative basée sur le sondage d'un échantillon qui, de surcroît, considère qu'une personne est active dès 1 heure de travail par semaine :roll:
ce que disent les stats Pôle Emploi sur cette période (2016/2018) pour les plus de 50 ans :
Cat A-B-C
2016T4 : 1 327 000
2017T4 : 1 398 000
2018T4 : 1 431 000
Cat A (seule)
2016T4 : 900 000
2017T4 : 923 000
2018T4 : 921 000
on peut reconnaître une évolution moins marquée sur les séniors sans aucune activité, et une petite baisse (-2000) sur le 4e trim 2018 vs 4e trim 2017 ; mais sur l'ensemble (en activité réduite et précaires inclus), il n'y a pas de baisse
lotus95 a écrit :
plus de la moitié des chômeurs ont une ancienneté d'inscription de moins d'1 an, dont les 2/3 moins de 6 mois
et 1/4 des chômeurs sont inscrits depuis plus de 2 ans
ça te donne une idée de la marge de manoeuvre, sachant que moins de la moitié des chômeurs est indemnisée, ou qu'une bonne part est déjà en activité réduite ...
en fait le cas existe.
le type licencié, généralement cadre, qui ne trouve pas tout de suite un poste avec un salaire similaire
Pourquoi prendrait-il un travail moins bien payé que ses indemnités chômage ?
Et en fait il a raison, il faut se donner le temps de trouver mieux et sinon en rabattre
Mais du temps de l'age d'or du licenciement économique indemnisé à 90% pendant pas mal de temps, il pouvait rester si longtemps comme ça qu'il ne retrouvait plus rien. Les recruteurs se méfient des gens trop longtemps au chômage, ils pensent qu'ils ont un problème.
Est-ce que ça existe encore ? Sûrement. Mais c'est sûrement une quantité mineure par rapport à la masse des gens au SMIC au chômage à qui on ne peut de toutes façons proposer un travail moins bien payé que le SMIC
simplement parce qu'il perd au minimum 30% par rapport à son ancien salaire en étant au chômage
les salaires les plus élevés perdent encore davantage dans la mesure où il y a un plafond
et d'un autre côté, c'est plutôt légitime d'essayer, au moins dans un premier temps, de retrouver quelque chose d'équivalent à ce que l'on avait sur son ancien job ; dûr moralement d'encaisser à la fois sa perte d'emploi, et le fait de tirer un trait sur sa progression ...
quant aux employeurs qui se méfient d'une personne longtemps au chômage, c'est un peu le chat qui se mord la queue ... et une idée préconçue qui veut que personne ne doit avoir des difficultés pour retrouver un emploi, et qu'il ne faut surtout pas le dire parce que c'est forcément suspect :roll:
Ces réductions de durée sont clairement un moyen d'équilibrer les comptes.
mais les comptes de l'Unedic sont très proches de l'équilibre, et des excédents sont même prévus à partir de 2020
si les comptes sont déséquilibrés, c'est uniquement à cause des CDD ... les bénéfices sur les CDI sont de l'ordre de 10 milliards par an ... alors, que devrait décider un gouvernement digne de ce nom selon vous ?
Mais à quoi sert au juste le chômage ?
Il servait à survivre le temps de trouver un nouveau travail, mais il y a à présent le RSA pour ça
il sert à maintenir son train de vie le temps de trouver un nouveau travail
il y a les traites des emprunts, mais il y a des assurances pour ça, il faudrait peut-être les rendre obligatoires.
Il y a le loyer, histoire de ne pas avoir à déménager sur une baisse de revenus transitoire, les études des enfants si elles sont privées, bref les dépenses régulières engagées.
Donc quelle est la durée nécessaire pour amortir une période transitoire et à partir de quel moment peux on considérer que ça a de bonnes chances de s'éterniser et qu'il faut passer en mode survie ?
ça dépend sûrement des métiers, du niveau des postes, de l'âge
quel est le temps pour que la personne puisse se désengager des dépenses qui ne correspondent plus à des revenus de survie ?
ça dépend de la situation personnelle
votre réflexion est intéressante ...
mais vous voulez comparer une allocation chômage d'environ 70% de son ancien salaire, pour laquelle le salarié et l'employeur ont cotisé proportionnellement au salaire,
avec le RSA qui est une aide sociale minimum d'environ 500€ par mois versée à tous publics sous conditions de ressources, mais sans nécessité de cotisation quelconque ?
sur le principe, le chômage est une assurance dont les cotisations étaient partagées entre salariés et employeurs, je dis "étaient" parce que la cotisation salariés a été supprimée en 2018, ce qui à mon sens était un cadeau empoisonné destiné à éliminer la revendication de droits des salariés
est ce qu'il vous viendrait à l'esprit de vous demander à quoi sert l'indemnisation de votre assurance auto ou habitation ? est ce que vous trouveriez normal que votre assurance auto vous indemnise au prix d'un véhicule standard les dommages sur un véhicule haut de gamme ?
le fait est que selon les cas, et surtout selon le contexte de l'emploi, on ne peut pas prévoir quand un individu va retrouver un emploi ... peut être faudrait t-il, pour être juste et en cohérence avec la réalité, adapter les durées d'indemnisation en fonction des probabilités de retour à l'emploi, mais ça reste difficile de déterminer ces durées en généralisant sans que cela soit arbitraire
comment tenir compte des cas où il manque une langue, un outil informatique ? il faudrait dans ces cas rallonger la durée du temps de formation ...
comment tenir compte des métiers qui ont vocation à disparaître et où la demande dépasse de loin l'offre ? il faudrait pour cela anticiper et être en veille permanente, ce qui est loin d'être le cas
comment tenir compte des facteurs de discrimination ?
....
quoi qu'il en soit, on peut tourner les choses dans tous les sens, s'il n'y a pas suffisamment d'emplois créés, durcir les sanctions ou revoir les principes d'indemnisation revient à voir les choses du petit bout de la lorgnette et prendre le problème à l'envers