A Gaza, des cerfs-volants lancés près de la frontière font craindre une riposte de l’armée israélienne
L’Etat hébreu a menacé d’intensifier ses frappes sur l’enclave palestinienne après la découverte de plusieurs cerfs-volants dans un kibboutz. S’ils peuvent paraître inoffensifs, ils ont par le passé parfois été équipés d’explosifs.
Un regain de tensions pour des cerfs-volants ? Les autorités israéliennes ont monté le ton ce week-end contre le Hamas, avertissant le mouvement islamiste d’une intensification de leurs frappes si «les tirs en direction d’Israël ne cessent pas immédiatement».
Les tirs en question : «
Des cerfs-volants, des drones et des ballons», ont précisé le Premier ministre, Benyamin Nétanyahou, et le ministre de la Défense, Israël Katz. «
L’armée prendra des mesures pour intensifier les opérations ciblées contre les responsables de ces tirs et évacuera la population des zones d’où [ils] sont lancés», ont-ils encore menacé.
De quoi faire réagir jusqu’aux Nations unies, ce mardi 25 août, qui ont jugé «scandaleux» les propos des deux responsables israéliens. «
Concernant les menaces d’expulsions en raison du fait que des enfants font voler des cerfs-volants, j’espère que nous pouvons tous convenir du fait que cela est scandaleux», a rétorqué Ravina Shamdasani, porte-parole du Haut-Commissariat aux droits de l’homme des Nations unies, face à la presse à Genève.
Et d’ajouter : «
Nous continuons d’observer une rhétorique inacceptable émanant des plus hautes instances israéliennes, témoignant d’un mépris total pour le droit international des droits de l’homme et le droit international humanitaire, tout en prônant et en incitant à une violence s’apparentant à des crimes atroces.»
«Jouets d’enfants»
Quatre cerfs-volants ont été découverts vendredi et samedi au kibboutz Nahal Oz, situé à environ 800 mètres de la frontière de Gaza, d’après les médias locaux. Un cinquième a été abattu par l’armée israélienne dimanche, portant à une dizaine environ le nombre total recensé ces derniers jours.
Aucun matériau suspect n’était attaché aux cerfs-volants et ils ne représentaient aucune menace, a confirmé l’armée israélienne.
Mais le ministre de la Défense a assuré qu’il y aurait une «tolérance zéro» concernant les cerfs-volants, qui seront «traités comme un drone, avec ou sans explosifs.» Si ces objets volants n’étaient pas dangereux, cela a pu être le cas par le passé :
avant le 7 Octobre, des vagues de cerfs-volants et de ballons incendiaires étaient parfois lancées sur Israël depuis le territoire palestinien, provoquant des incendies dans les terres agricoles et forêts du sud israélien.
Le Hamas a nié toute responsabilité concernant ces nouveaux cerfs-volants. Bassem Naim, membre du bureau politique du Hamas, a assuré qu’ils avaient été «
lancés depuis Gaza par des enfants à la recherche de leur enfance innocente au milieu des décombres».
Le groupe accuse Israël d’utiliser les cerfs-volants comme «prétexte» pour poursuivre les frappes aériennes dans l’enclave palestinienne malgré le cessez-le-feu conclu en octobre. Le Hamas a aussi mis en garde contre «le danger des allégations et des menaces» venant d’Israël et a déclaré que les cerfs-volants étaient «
essentiellement des jouets d’enfants provenant de camps de déplacés».
Provocation
En face, des rapports israéliens cités par la BBC affirment que le Hamas est probablement à l’origine des cerfs-volants et que ceux-ci peuvent avoir pour but de tester la réaction d’Israël. «
C’est la responsabilité de l’armée d’agir à temps», a appuyé Uri Epstein, un représentant israélien des communautés qui vivent à proximité de la frontière avec Gaza, dont beaucoup ont été attaquées lors de l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023.
Les habitants de Nahal Oz ont déclaré dans un communiqué craindre le retour des cerfs-volants et des ballons incendiaires, affirmant : «
Nous n’accepterons aucune politique de confinement en matière de sécurité.»
Une trêve fragile est en vigueur depuis octobre 2025 entre l’Etat hébreu et le Hamas, tandis que les pays médiateurs s’emploient à faire avancer la mise en œuvre du plan de paix américain. Avec ou sans cerf-volant, les frappes israéliennes sur la bande de Gaza se poursuivent quotidiennement. «
Nous appelons une nouvelle fois les Etats tiers à prendre des mesures urgentes pour exiger le plein respect du cessez-le-feu, mettre fin à toutes les violations et garantir que les responsables rendent des comptes et que justice soit faite», a insisté la représentante onusienne, Ravina Shamdasani.
Plus de 74 420 personnes ont été tuées dans l’enclave palestinienne, dont 1 288 depuis le cessez-le-feu, selon le ministère de la Santé du territoire, dirigé par le Hamas.
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Un cerf-volant au-dessus des tentes et des abris de fortune dans un camp de Palestiniens déplacés, à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 14 février 2026. (Bashar Taleb/AFP