archange a écrit : Mico a écrit :
Le CICE à bénéficié principalement à de grand groupes industriels qui investissent peu et versent de gros dividendes à leurs actionnaires. Pendant ce temps, les petites entreprises qui ne peuvent pas embaucher, faute de visibilité économique, se voient taxées lourdement et ne peuvent pas augmenter les salaires de leurs employés.
Vous avez raison il y a eu appropriation massive des grands groupes et c'est pour cela que cela a été modifié.
Par contre vous ne répondez pas à ma question du nombre d'entreprises sauvées
ça ne change rien ... que ce soit sous forme de crédit d'impôt, ou sous forme d'allègement direct, les grands groupes captent la plus grande part de ces allègements alors qu'ils n'en ont aucun besoin
par exemple, un groupe comme Carrefour a perçu près de 2 milliards de CICE et autres allègements de charges sociales en 5 ans ; on ne peut non seulement pas parler de retombées sur la compétitivité dans ce cas de figure, mais encore moins sur l'emploi puisque le groupe engage sans vergogne des plans de licenciement massif depuis quelques années ...
https://www.20minutes.fr/economie/22789 ... titre-cice
et ce n'est qu'un exemple de cette fumisterie que représentent le CICE et les nouveaux allègements de charges ...
la seule différence entre les deux dispositifs est un impact plus direct sur les TPE/PME ce qui n'est pas un mal, mais cela ne change rien au constat global de l'inefficacité de cette politique d'allègement, de surcroît totalement absurde dans une Union Européenne où les salaires peuvent être jusqu'à 5 fois moins élevés qu'en France ...
Quant aux éventuelles entreprises sauvées, je suis très sceptique ... il y en a peut être, mais ça doit être très marginal et plutôt parmi les TPE/PME ... et encore, ce n'est pas 7% de réduction de charges sur une petite masse salariale qui sauve une entreprise
un article très interessant du Monde à ce sujet :
https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/ar ... 55770.html
Le CICE a bénéficié à près de six millions d’entreprises. Parmi elles, on retrouve logiquement une immense majorité de structures qui emploient moins de vingt-cinq salariés, puisque celles-ci sont les plus nombreuses dans l’économie française.
Toutefois, si l’on s’intéresse à la masse financière, on s’aperçoit que les plus grosses entreprises (plus de deux cent cinquante salariés) ont capté près de la moitié du CICE. Mais ce constat n’est pas très étonnant, car ce sont ces entreprises qui emploient le plus de salariés. Or, le principe du CICE est clair : plus une entreprise emploie de personnes à bas salaires (moins de 2,5 smics), plus elle peut réclamer d’aides.
Les grosses entreprises avaient-elles besoin du CICE ?
Pas vraiment
Les grandes entreprises auraient eu tort de se priver de bénéficier du CICE, qui leur a permis d’économiser des millions, voire des dizaines de millions d’euros de cotisations sociales par an depuis 2013.
Mais il a été reproché à l’Etat à l’époque d’avoir intégré ces grandes entreprises au dispositif, alors même qu’elles sont moins fragiles que les petites entreprises et affichent pour la plupart des bénéfices sans commune mesure avec les sommes perçues au titre du CICE. Et c’est ce sujet que reprennent aujourd’hui à leur compte de nombreux « gilets jaunes ».
En 2016, deux cent cinquante-six grandes entreprises de plus de cinq mille salariés se sont partagé un peu plus de 5 milliards d’euros de CICE. Soit une moyenne de 20 millions par entreprise, alors même que les bénéfices de certaines se comptaient cette année-là en centaines de millions, voire en milliards d’euros, et que leurs dirigeants disposaient de rémunérations très confortables.
Faute de transparence, on ignore précisément le montant reçu par chaque grande entreprise. Les derniers chiffres remontent à 2014, quand une vingtaine de grandes entreprises avaient accepté de dévoiler le détail du CICE au Journal du Net. On s’aperçoit que la plupart d’entre elles auraient quand même réalisé d’importants bénéfices, même sans le CICE. A l’image de Total, qui a enregistré un profit de 4,2 milliards d’euros après avoir reçu 29 millions de CICE, et dont le PDG touche entre 3 millions et 4 millions d’euros par an.
Les cas qui ont suscité le plus de polémique sont ceux des grandes entreprises qui ont supprimé des emplois alors même qu’ils recevaient cette aide publique, à l’image d’Auchan, de Sanofi et de Carrefour…
Au cours des dernières années, de nombreuses voix se sont élevées pour réformer le CICE, en imposant aux grandes entreprises des contreparties contraignantes en matière d’emploi ou de salaires, ou en les forçant à rembourser les aides en cas de plan social. Mais rien de tel n’a été mis en place.
Le CICE a-t-il servi à quelque chose ?
Difficile à dire
Au-delà de ces cas particuliers, c’est bien la question de l’efficacité du CICE qui se pose. Etait-il utile d’injecter des dizaines de milliards d’euros d’argent public pour soutenir les entreprises ?
Imaginé par Louis Gallois et mis en place par le « couple » Ayrault-Hollande en 2013, le CICE visait à réduire le coût du travail pour doper la compétitivité des entreprises et combattre le chômage. Or, les évaluations conduites par le comité d’experts qui suit le CICE n’ont pas mis en évidence d’impact majeur sur l’emploi. Ils estiment que ce dispositif n’aurait permis de créer ou de sauvegarder qu’environ cent mille emplois. Même si ce constat est limité à la période 2013-2015, et l’évaluation est par définition très imprécise, l’effet est très décevant.
D’ailleurs, les perspectives ne sont pas vraiment meilleures pour l’avenir : l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) a estimé que la pérennisation du CICE engagée par Emmanuel Macron, qui a décidé de le transformer en baisse de cotisations permanentes, ne fera gagner que quarante mille à cinquante mille emplois à l’économie française, à l’horizon 2023.
Où donc cet argent est-il passé ? Même si aucune conclusion ne fait aujourd’hui consensus, il semblerait que le CICE ait surtout permis aux entreprises de reconstituer leurs marges :roll: et d’améliorer leur compétitivité à l’export. Ainsi, il a pu donner de l’oxygène aux entreprises les plus en difficulté, voire leur éviter la faillite – ce qui n’est pas vraiment le cas de la plupart des grandes entreprises. Mais le CICE est en tout cas loin d’avoir dopé les embauches, comme l’imaginaient ses architectes.