Re: Pôle emploi lance la traque aux chômeurs peu scrupuleux
Posté : 19 mai 2015 17:20
Les salaires ne peuvent que se tirer par le haut, et non par le bas.. Ainsi, un salarié d'un pays lambda ne gagnant que 500 € par mois, serait bien évidement fou de joie de passer à 800 €, alors qu'a l'inverse, un occidental passant de 1 000 € à 800 € ne verra sûrement pas la chose sous le même angle..Kelenner a écrit :Dans la théorie libérale les choses devraient se passer comme ça, mais bien évidemment dans la réalité il n'en est rien. C'est exactement le même problème que dans le communisme : croire en une espèce de théorie économique globale qui prévoit tout est une absurdité, car l'économie n'est pas une science.Victor a écrit :
Tout à fait. Un niveau de SMIC trop élevé peut être néfaste => perte de compétitivité, démotivation des salariés compris entre 1,1 et 1,5 SMIC, pas d'évolution de carrière possible, trop de salariés au SMIC, ...
Un niveau de SMIC trop bas peut lui aussi être néfaste => trop faible pouvoir d'achat des salariés, démotivation, ...
Ce n'est pas du tout évident de trouver l'équation qui donnera la bonne valeur en fonction d'un contexte économique donné.
Donc s'en remettre au marché, pourquoi pas ?
Prenons le cas français. Beaucoup de demandeurs d'emplois, peu d'offres d'emploi => forte pression à la baisse sur les salaires => l'industrie française redevient compétitive => réindustrialisation => relocalisation des emplois => beaucoup d'offres d'emploi => forte pression à la hausse sur les salaires, etc ...,
Le système s'auto-équilibre de lui-même.
Donc non, le système ne s'"auto-équilibre" pas de lui-même comme par magie, selon une analogie plus que fumeuse avec la loi d'action-réaction en physique qui est elle basée sur des faits concrets. Le système est un rapport de forces entre producteurs et capitalistes, et le niveau des salaires est fixé en fonction de ce rapport et de rien d'autre. Avec un chômage à 10%, il est évident que les employeurs sont en position de force pour embaucher des salariés à des prix dérisoires. Cela n'implique absolument pas que les salaires réaugmenteront par la suite ni que les emplois se relocaliseront. Là on est dans le domaine de la foi, que rien ne vient étayer.
Et puis plus prosaïquement, un salarié ne bosse pas pour maintenir une lointaine "compétitivité" dont il se fout à juste titre car il n'en perçoit pas le bénéfice, mais simplement pour se nourrir. Il n'a aucune raison de se brader sous prétexte que ce serait, soi-disant, dans l'intérêt de l'économie du pays. Le salarié pense à son intérêt avant tout. J'invite donc ceux qui prônent ce genre d'"idées" à vivre avec 800 euros par mois, pour voir. Je pense qu'il ne leur faudra pas plus d'une semaine pour changer d'avis sur la question.