"Kelenner a écrit:
Faut pas se vexer comme ça l'ami, tout le monde ne peut pas avoir fait d'études scientifiques, j'ai aussi conscience qu'il faut donner des diplômes sans valeur pour que les incultes dans ton genre puissent se la ramener sur les forum... Le monde moderne, faut faire avec.
J'espère au moins que t'as pas fait une école de commerce sinon je crois que ça va me faire la soirée...

"
C'est pas terrible comme commentaire. D'autant plus que la socio ou la psycho sont des sciences. Encore faut-il savoir ce qu'est une science et ne pas s'en tenir à la ô sainte mathématisation des sciences dites dures. Et oui malheureusement, la science ce n'est pas que l'addition (au sens figuré) de chiffres. La science n'est pas non plus détentrice d'une vérité unique comme en témoigne les découvertes régulières qui révolutionnent une discipline et remettent en cause bien des théories considérées jusque là comme étant vraies.
Certes, il y a une hiérarchisation dans les sciences, hiérarchie dont la physique est reine mais ça c'est simplement de l'ordre des représentations pas du réel. Que fais tu des sciences politiques?
Ca clash mais on s'improvise pas épistémologue pour juger ce qui est scientifique et ce qui ne l'est pas mon kiki.
Bref, j'ai lu le sujet en entier et je me suis rendu compte que tu étais devenu moins cassant et tranché donc je vais faire de même.
Je vais parler sociologie puisque c'est une matière que je connais bien étant étudiant en master. Il faut savoir à ce sujet qu'il y a toujours eu débat sur le caractère scientifique de la sociologie. Aujourd'hui elle est reconnue comme science mais il y a toujours une certaine fracture entre ceux qui pensent que la sociologie est une science objective et ceux qui pensent l'inverse, c'est à dire que c'est une science mais qui ne peut s'extirper à 100% des subjectivités du sociologue. C'est une question qui a toujours était à l'esprit des sociologues et des épistémologues. Pour ma part je pense que lorsqu'un individu étudie la réalité sociale dont il fait lui même partie (ce qui est toujours le cas) il ne peut être objectif à 100%. Il faut assumer sa subjectivité tout en essayant de tendre vers l'objectivité la plus brute, même si le résultat d'une recherche ne nous convient pas. Pourtant mon département de sociologie s'appelle Emile Durkheim (défenseur de l'objectivité brute de la sociologie), autant dire que beaucoup de prof ne sont pas d'accord avec mon opinion.
J'ai vu qu'on parlait beaucoup du côté intellectuel hautain, et c'est parfaitement vrai. Je dois aussi parfois être de ceux là, et c'est pas à mon honneur soyons franc. Mais c'est aussi en ça que les études en sciences sociales sont intéressantes, car ce caractère hautain et jargon scientifique c'est quelque chose d'assez spécifique aux sciences sociales (pas parce que c'est un diplôme moins bon, ce qui est d'ailleurs très subjectif de ta part mais bon passons). Je pense à Bourdieu par exemple, que j'ai beaucoup aimé durant mes premières années mais qu'aujourd'hui je dénigre volontiers sur certains points, c'était un sociologue très hautain. Il y a souvent des phrases de 7 à 8 lignes dans ces bouquins avec des points virgules, du jargon, ect... De la vraie masturbation intellectuelle. C'est aussi sa pensée qui veut ça. En général, les sociologues hautains sont des adeptes inconditionnels de la théorie de la domination. Ca me fait penser à la métaphore de la caverne de Platon si je me souviens bien (avec le monde des idées et tout le bordel), comme si l'individu lambda était dans la caverne à vivre dans l'illusion et le sociologue avait accès au monde des idées, à l'objectivité. Evidemment, c'est de la branlette, c'est séduisant au départ mais plus on apprend (pas que dans les études d'ailleurs), plus on mûrie et finalement on se rend compte de certaines choses.
Bourdieu me dirait que je suis aveuglé par une préoccupation éthique, et moi je lui répondrais que ça doit sans doute être dur psychologiquement de se croire seul détenteur de la vérité.
