Jeudi Vincent Jeanbrun a demandé à Jordan Bardella ce qu'il pensait des propos tenus par ses amis du groupe qu'il préside "Patriotes pour l'Europe" et a obtenu zéro réponse.
Fait rare : l’Assemblée enfin unanime contre l’extrême droite
A l’initiative de la députée Liot Constance de Pélichy, les élus ont, dans un rare élan consensuel, dénoncé les propos des leaders européens d’extrême droite invités en meeting par le RN, le 11 juin.
Séance des questions au gouvernement, mercredi 11 juin à l’Assemblée. Quarante-huit heures après un grand raout des extrêmes droites européennes, organisé par Marine Le Pen dans le Loiret, la députée (Liot) du cru, Constance de Pélichy, souhaite faire réagir le gouvernement. Qu’a-t-il à dire après les propos du Premier ministre hongrois,
Viktor Orbán, qui parle de l’immigration en dénonçant «un échange organisé de populations pour remplacer le socle culturel de l’Europe», une reprise transparente de la théorie raciste du «grand remplacement» ? Et ceux de l’Estonien
Martin Helme, pour qui «être un nationaliste français veut dire que la France est dans vos os et que les os de vos ancêtres sont en France» ? Ou ceux de l’Italien
Matteo Salvini, qui s’en est pris en 2020 aux femmes étrangères recourant aux urgences médicales pour des avortements, en raison d’un «style de vie non civilisé» ? Quid des saillies de l’Espagnol
Santiago Abascal contre le réchauffement climatique, «plus grande escroquerie de l’histoire» ? Quant au Polonais
Krzysztof Bosak, «plutôt sceptique» sur la démocratie…
Autant d’élus qui «bafouent nos valeurs démocratiques, républicaines et européennes», attaque l’ancienne maire de La Ferté-Saint-Aubin (Loiret). Celle qui a battu en juillet une députée RN dézingue la prétendue dédiabolisation du parti d’extrême droite : «Cet événement a le mérite de la clarté.
Le RN nous rappelle qu’il cautionne les thèses racistes, discriminatoires, qu’il nie le réchauffement climatique, qu’il est contre les femmes, qu’il promeut un pouvoir autoritaire, qu’il est anti-UE et qu’il sert la propagande pro-Poutine. On est loin des discours lissés de ces derniers mois.»
«Personne n’en parle»
Sur leurs bancs, les députés RN Thomas Ménagé, élu voisin du Loiret, et Jean-Philippe Tanguy, bras droit de la patronne, s’égosillent dans le vide. La députée, proche de Michel Barnier, conclut en s’adressant au Premier ministre, François Bayrou : «
Que dire du silence assourdissant de ce gouvernement ? […] Se taire, c’est cautionner, c’est fragiliser durablement notre pacte républicain, c’est renier notre devise : liberté, égalité, fraternité.» Fait assez rare au Palais-Bourbon pour être souligné,
tous les députés, des Républicains à la gauche en passant par Horizons, le Modem et les macronistes, se lèvent alors et applaudissent longuement leur collègue.
«
Inviter ces personnes, c’est assumer ces politiques discriminatoires, anti-avortement, anti-démocratiques, anti-européennes, débriefe Pélichy après la séance, auprès de Libé. Personne n’en parle. Or ce n’est pas anodin ce qui s’est dit. C’est immonde.»
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