Mesoke a écrit : 12 août 2020 08:43
Ok j'avoue, j'ai regardé cette étude vite fait hier, et je n'avais pas vu qu'il y avait une petite barre en bas à faire coulisser pour avoir la dernière colonne du tableau. Mea culpa. Mais bon, à des arrondis près on y trouve les chiffres que j'avais calculés. Et donc les même conclusions :
- les groupes ne sont pas constitués de manière rigoureuse. Je le répète : oui Raoult soigne, mais avec un soin dont on n'a aucune preuve d'efficacité. Donc il ne guérit pas forcément. Donc ne pas administrer son traitement ne changerait peut-être pas grand chose, donc il pourrait faire un vrai groupe contrôle randomisé. Ce qui ne signifie par ailleurs pas qu'on va donner un médicament dangereux à des personnes à risque. Les scientifiques ne sont pas des bourreaux aveugles ...
- Quand on compare la colonne HCQ+AZ > 3 jours et la dernière colonne, sans HCQ ni AZ on voit ... peu de grosse différence sur les résultats (mais quand même mieux pour le protocole Raoult). Mais surtout comment tu expliques les chiffres démesurément élevés des colonnes HCQ+AZ < 3 jours, HCQ seul et AZ seul ? Et ce même par rapport au groupe contrôle ? Genre prendre HCQ+AZ pendant 1 ou 2 jours, prendre juste du HCQ ou juste du AZ ça multiplie par 3 ou 5 les chances d’aggraver la maladie ? Ah non, si on va voir la composition des groupes on remarque que ces 3 groupes sont surreprésentés en vieux et en personnes vulnérables, alors que le groupe testé a plus de jeunes et moins de personnes à risque ... D'où, encore une fois, l'intérêt de créer des groupes randomisés. Parce que là c'est impossible de comparer et de tirer des vraies conclusions fiables. Forcément le groupe qui contient les personnes ayant le moins de risques a les meilleurs résultats ...
- il faut juste comprendre que ce ne sont pas ceux qui ont les moyens de se faire entendre le plus qui représentent la totalité de la communauté scientifique ; là aussi, il y a une majorité silencieuse ... il suffit de quelques pions bien placés pour orienter toute l'information , aidés en cela par tous ceux qui ont des intérêts en jeu, qu'ils soient existentiels ou financiers
donc , VOUS ne voulez pas voir les preuves d'efficacité, mais il y a de nombreux scientifiques qui les voient ... va falloir se poser des questions à un moment donné sur votre conception de la science et de la médecine.
- cette étude a plus été faite pour rendre compte de résultats obtenus que pour vérifier l'efficacité d'un traitement, déjà testé au préalable avant généralisation
il y a un paramètre que tu ne prends pas en compte : c'est le délai entre les premiers symptômes et la prise en charge ; le cas des personnes qui ont eu la bithérapie < 3 jours correspond soit à des patients qui étaient déjà en phase avancée de la maladie, et pour lesquels le protocole n'avait plus autant d'intérêt, soit à des patients qui ne l'ont pas supporté ou ont décidé de l'arrêter.
le taux élevé d'admission en soins intensifs et de décès tend à démontrer la 1ère hypothèse
dans la dernière étude, il y a un diagramme très bien expliqué des différentes phases de maladie et des traitements potentiels associés.
Et encore une fois, la construction des groupes est basée sur l'intérêt et le choix du patient, pas sur la démonstration ; on a donc traité les patients en fonction de leurs comorbidités et contre-indications ; ça ne me parait pas choquant, il faut juste se placer sous un angle humain.
- Les preuves d'efficacité sont parfois dans les données elles mêmes, et c'est le cas en l'occurrence ; le portage viral passe de 20 jours en moyenne constatée à peu près partout à 10 jours pour la grande majorité des patients de l'IHU ;
il n'y a pas à couper les cheveux en 4, quand on voit le merdier que ce virus a engendré, c'est quand même rassurant de savoir qu'on peut en guérir simplement en 10 jours et limiter ainsi sa contagiosité dans la population.