papibilou a écrit : 16 octobre 2023 17:43
Ce n'est pas des conneries vous le savez bien, mais chacun d'eux successivement a pris cher. Ils ne s'y hasardent donc plus. D'autant que Israël est un tout petit pays et qu'il n'y a donc pas grand-chose à gagner.
L'Iran, lui, toujours plus près de la puissance nucléaire, instrumentalise des groupes terroristes, y compris effectivement le Hamas, sunnite, mais plus pour des questions de gros sous que de rapprochement religieux ( les sunnites et les chiites se détestent). Le fait que le Hezbollah, chiite, n'ait pratiquement pas bougé signifie -t-il que l'Iran parvient à dresser ses ennemis ( sunnites et juifs) l'un contre l'autre sans perdre des plumes ?
Les conneries, comme l'écrit le péremptoire Kellener, sont issues de l'opinion de nombreux Occidentaux. Elle consiste à récuser la formule ''conflit israëlo-arabe'' au profit de la vision (de confort) ''conflit israëlo-palestinien'', plaçant ces deux protagonistes dos-à dos, comme s'il y avait autour d'eux des pays (tous musulmans) devenus soudain moins hostiles, et avec lesquels Israël entretiendrait des relations ''pacifiées'' (musique).
Si l'on veut bien se retourner sur le passé, on remarquera qu'à chaque fois qu 'un accord semblait aboutir, la partie musulmane a fini par renoncer et ce, depuis les accords dits ''livre blanc'' de 1939 (à l'initiative des Anglais et avantageux comme jamais pour la partie arabe), auxquels le Mufti de Jérusalem s'est opposé à la dernière minute, contre toute attente. Cette situation s'est répétée à plusieurs reprises par la suite, sous les mandats OLP de Yasser Arafat.
Ces renoncements successifs sont en partie (excepté l'assassinat de Rabin par un fanatique juif) responsables de cette impasse, dans la mesure où aucun des dirigeants ne voudra porter cette terrible trahison sur ses épaules : la présence d'un état constitué non-musulman sur les terres du proche Orient, qu'ils estiment sans exception comme la propriété exclusive de l'Oumma.
Si l'on veut bien comprendre avant de juger, on réalise que deux versants anthropologiques s'opposent :
l'un est celui d'un état dont les fondements sont en partie l'oeuvre d'immigrés venus de Russie, (1905-1914), de nombreux Juifs plus ou moins socialistes, chassés par des pogroms suite à l'attentat contre le Tsar Alex II et éduqués à la culture des Lumières, bref, une société moderne, sécularisée et horizontale.
L'autre est celui d'une d'une société clanique, traditionnelle, religieuse, rurale, peu instruite et verticale.
J'ai la crainte toute personnelle qu'on ne pourra jamais les réconcilier et qu'au bout du chemin, face à une supériorité numérique arabe inéluctable, l'Etat d'Israël finisse par disparaître.