Victor a écrit :
Pourquoi ?
Parce que les résultats ne sont pas là, je suis désolé.
Tu as vu le niveau scolaire, en France ?
Le nombre de jeunes qui quittent le système sans aucune formation ?
Tu as vu le niveau en orthographe ?
Le niveau en histoire de France, (il suffit de lire les commentaires sur ce forum, sic !)
Sans parler du niveau en langue étrangère ... Le nombre de boites privées de formation en langue qui existent en France, parce que les jeunes après suivi 9,10, 12 années d'enseignement en anglais n'arrivent même pas à suivre une conversation ...
Dans le privé, quand une boite merde et n'a pas de résultats et fait des pertes au lieu de faire des bénéfices, on n'augmente pas les salariés.
Mais là, pas de problème, avec ces racailles de fonctionnaires, tous plus nuls les uns que les autres, on les augmente, alors que les résultats sont catastrophiques !
Des coups de bâtons, je te dis !
Je me suis déjà exprimé là dessus...Et Victor s'est bien gardé de me contredire.
Le niveau scolaire dépend certes de la qualité de l'enseignement et de ce que l'on enseigne.
Mais aussi de la qualité initiale des élèves.
Il y aurait beaucoup à dire de la constante dégradation des conditions de travail des enseignants de l'Ecole Publique.
Passons, provisoirement.
Si le métier d'enseignant était la planque que Victor dénonce, et compte tenu de ce qu'il dit (paradoxalement) sur la jeunesse, il y aurait pléthore de candidatures.
Ce travail est mal payé, de plus en plus pénible, stressant et lourd.
Et qui plus est mal reconnu.
Les causes:
On nous demande d'enseigner plus avec moins de temps pour le faire.
Bien des éléments des programmes ne relèvent pas de la scolarité mais de la défaillance des familles.
En fait, l'Etat et la société ont une injonction paradoxale.
Ils demandent à ce que l'Ecole transmettent des idéaux devenus complètement abstraits tout en formant des "citoyens" adaptés à la société. Or, les valeurs réelles de la société (devenues celles de l'entreprise) sont à l'exact opposé de celles qu'elles demandent d'enseigner.
Elles sont l'amour de l'Argent, l'arrivisme, l'individualisme, l'égoïsme, la réussite rapide, le consumérisme et la vulgarité de sentiment, le narcissisme la marchandisation de tout ce qui reste beau et gratuit.
Voilà pourquoi Victor n'aime pas les enseignants: il voudrait de futurs parfaits esclaves exploitables, flexibles et surtout consentants. Il voudrait (tout en se gargarisant de mots comme démocratie, république et "liberté") que
l'Ecole soit en parfaite cohérence avec ses ambitions personnelles.
Savoir lire (mais pas trop, c'est subversif), écrire (sauf ce qu'on pense, sauf si c'est "dans les clous") compter et calculer (pas trop non plus, attention aux fiches de paye et aux heures supplémentaires) une version revue et corrigée par Finkelkraut et Brückner de l'Histoire de la Gloire de la France avec images à colorier, pas de philo (bobo tête pour rien) etc, etc...
Ben oui, l'Ecole a de plus en plus de mal à élever le niveau.
Pourquoi?
Parce qu'on ne peut pas forcer un enfant à apprendre ce qui pour lui n'a aucune valeur, comme le lui montrent (dans l'ordre) tous les jours, ses parents et les medias.
L'Entreprise a deux voix.
On pense souvent au Medef d'abord.
On a tort.
Il y a aussi et surtout la publicité (les enfants passent plus de temps devant la Télévision et d'autres écrans qu'à l'Ecole).
Il suffit d'analyser les ressorts d'un clip publicitaire pour comprendre.
Un exemple me vient à l'esprit.
Le dernier clip pour un bouquet de Canal + que l'on peut recevoir sur un smartphone.
Un père est en train (croit-on) de filmer avec son smartphone le premier concert au violoncelle de sa fille.
En fait, il regarde un match de foot...tout en passant pour un bon père.
Je pourrais multiplier les exemples...
Comment lutter contre ça?
Le livre est dévalorisé, tout comme l'effort quand il ne débouche pas sur une gratification immédiate.
Je pense aussi qu'il n'y a pas d'enseignement possible sans autorité de l'enseignant.
L'Ecole est "débinée" par les parents comme Victor (heureusement de façon moins pathologique): ça ne joue pas ensuite en faveur d'une attitude favorable de l'élève aux apprentissages...
Quand un enseignant OSE ENCORE signaler,à ses parents, par un message écrit dans "le cahier de liaison" qu'un élève n'a pas respecté les REGLES et a donc été sanctionné et devrait donc l'être AUSSI par ses eux...
Le lendemain on a au minimum une demi-page de DENI, voire de propos discourtois, quand ce n'est pas la visite d'un ou des deux parents en furie...
Ce sont les mêmes qui hurlent contre le laxisme supposé de l'Ecole.
De plus en plus on voit des enfants ainsi soutenus (des enfants ROIS) par leurs parents dans leur médiocrité scolaire (alors qu'ils prétendent vouloir le contraire, mais c'est l'enseignant qu'ils incriminent).
Je passe sur les leçons non sues, les livrets non signés...
Il y aussi la pauvreté croissante et persistante du bagage langagier: curieusement, on y retrouve beaucoup de celui de Nabila, de la publicité et de la Télé-réalité.
Ce ne sont que des exemples de ce que je peux développer.
Personnellement, il me tarde d'être à la retraite...