Jean de Meung a écrit : The Rat Pack a écrit :
Voyez-vous, je suis agnostique (tendance déiste)...
Hummm... L'agnostique est un type qui doute, qui ne sait pas mais qui se dit que peut-être que... tout ça n'est peut-être pas dû qu'au hasard... c'est trop bien foutu... "y'a p't'être quek'chose mais j'vois pas trop c'est quoi"... "Mince alors !"
Le déiste, lui, il doute déjà nettement moins.
Vous avez mis le doigt pile dessus... Je vais vous raconter une jolie histoire:
La passiflore a un ennemi, un papillon, l'Heliconius, qui y pond ses œufs, et dont les larves la tuent en la dévorant... Mais, ce papillon a une manie : il ne pond jamais là où un de ses congénères a déjà pondu... Donc, la passiflore a créé des stigmates imitant les œufs de l'Heliconius afin qu'un de ces papillons de passage, s'il lui prenait l'envie de pondre, aille voir ailleurs si j'y suis... Et y a rien qui vous interpelle, là ? Non ? Vraiment ? Alors reprenons :
La passiflore a « conscience » de mourir dévorée
Elle a « conscience » que c'est une larve la responsable
Elle a « conscience » que cette larve est issue d'un œuf
Elle a « conscience » que l'œuf est pondu par un papillon, et un seul
Elle a « conscience » que ce papillon ne pond que dans une fleur exempte de tout autre œuf...
Alors, elle prend sa p'tite voiture, va chez Casto acheter des outils, et dans son p'tit atelier, elle nous fabrique des leurres... Et comme elle a « conscience » que ça fonctionne, elle avertit ses p'tites copines, pour qu'elles fassent pareil... !
Maline, la passiflore, pour une 'tite fleur de rien du tout... !!!
Alors, vous demanderai-je, qu'en pensez-vous ?
Le hasard ? Dites, ne vous moquez pas, voulez-vous ? Et vous savez ce que disait Einstein : « Le hasard, c'est Dieu qui se promène incognito. »..
L'évolution ? Ben, avant de tomber sur la bonne solution, le nombre d'essais étant infini, la race des passiflore se serait éteinte à jamais, boulottée par les larves... Et quand bien même, d'où viendrait cette nécessitée d'évoluer pour éviter de disparaître ? Ah ben zut, on en revient à la « conscience » du début...
Alors, je ne dis pas que Dieu existe, je suis moins catégorique, mais il y a des choses troublantes...
Mais si vous avez une explication logique et rationnelle, je suis preneur, et me ferais un plaisir de la démonter...
Jean de Meung a écrit :Ce qui fait qu’être désiste et agnostique, ça ne va pas bien ensemble, qu'importe ce qu'en disent les définitions. C'est même confus. Très confus. Et contradictoire : "Selon les agnostiques, il est impossible de trancher le débat sur l'existence d'un dieu ou d'une divinité."
Le désiste lui, il tranche : "Position philosophique de ceux qui admettent l'existence d'une divinité..."
"qu'importe ce qu'en disent les définitions." Je ne sais pas si je dois rire ou m'énerver de votre prétention
Mais les agnostiques et les déistes ont un point commun qui les rassemble, et qui était le point de discussion avec notre prosélyte: l'un et l'autre rejettent les religions qui ne sont que des inventions humaines et qui n'ont rien à voir avec le divin, même si elles s'en réclament.
Les agnostiques tendent à n'accorder aucune transcendance ni aucune valeur sacrée aux religions (prophète, messie, textes sacrés...) et à leurs institutions (clergé, rituels, prescriptions diverses...). Ils voient en effet les religions comme de pures constructions sociales et culturelles qui auraient surtout pour fonction historique d'assurer la cohésion et l'ordre dans les sociétés humaines traditionnelles, par exemple au travers de la menace de l'enfer, de la promesse du paradis, de la notion de péché ou du principe du bouc émissaire.
Aux yeux d'un agnostique, les religions sont bien trop « humaines » du fait de leurs modes de fonctionnement et des dynamiques anthropologiques sur lesquelles elles reposent (soutien psychologique face à la mort, analogie très anthropocentrique d'un dieu bâtisseur de l'univers...) pour qu'elles puissent avoir un quelconque lien direct avec une forme d'intelligence supérieure.
Dans la conception déiste, la religion est plutôt ramenée à une institution purement artificielle, créée par les Hommes, plutôt que comme le moyen d'expression utilisé par le Créateur. De fait, le rôle des religions serait plutôt politique, cherchant à instaurer la cohésion sociale et l'ordre dans la société, à travers un message prétendument d'origine divine, plutôt que de libérer par l'apport de la vérité.