Boris Romanchenko, rescapé des camps nazis, meurt dans un bombardement en Ukraine
Boris Romantschenko, rescapé des camps de concentration nazis, a été tué dans le bombardement de l’immeuble où il vivait, à Kharkiv, dans le nord-est de l’Ukraine, vendredi 18 mars. La Fondation allemande des Mémoriaux de Buchenwald et Mittelbau-Dora l’a annoncé, ce lundi 21 mars.
Ouest-France avec AFP Publié le 21/03/2022 à 17h16
Il était âgé de 96 ans. Boris Romantschenko, ancien prisonnier de Buchenwald et vice-président du Comité international Buchenwald-Dora pour l’Ukraine est mort vendredi 18 mars. La Fondation allemande des Mémoriaux de Buchenwald et Mittelbau-Dora en a eu la confirmation par sa petite-fille, ce lundi 21 mars.
"Une frappe a touché l’immeuble de plusieurs étages dans lequel il vivait. Son appartement a brûlé", décrit dans un communiqué la Fondation qui fait part de son "horreur" et "pleure la perte d’un ami proche".
Boris Romantschenko avait été déporté en Allemagne en 1942, à l’âge de 16 ans, comme travailleur forcé. C’est après une tentative d’évasion qu’il avait été envoyé au camp de Buchenwald, dans le centre de l’Allemagne, en 1943. Il avait ensuite été interné à Peenemünde, Mittelbau-Dora et Bergen-Belsen, précise la Fondation.
Avant de rentrer en Ukraine, il avait dû servir plusieurs années dans l’armée soviétique stationnée en Allemagne de l’Est, selon l’association caritative Maximilian Kolbe, engagée dans le soutien matériel et psychologique aux anciens prisonniers des camps nazis.
« Une menace pour les survivants des camps »
L’association était en lien depuis plusieurs années avec Boris Romantschenko qui était malade et ne pouvait quasiment plus quitter l’appartement où il vivait seul, au huitième étage d’un immeuble de Kharkiv.
"La mort horrible de Boris Romantschenko montre à quel point la guerre en Ukraine est une menace pour les survivants des camps de concentration", souligne la Fondation des Mémoriaux de Buchenwald et Mittelbau-Dora qui tente de leur faire parvenir médicaments et nourriture.
Elle estime à environ
42 000 le nombre de rescapés des persécutions nazies vivant actuellement en Ukraine.
Présent lors d’une cérémonie de commémoration marquant l’anniversaire de la libération du camp de Buchenwald, en 2012, Boris Romantschenko y avait lu, rappelle la Fondation, le serment de Buchenwald :
"La construction d’un nouveau monde de paix et de liberté est notre idéal".
Une « dénazification » de propagande
Assiégée par les forces russes depuis le début de leur offensive, la ville de Kharkiv a été la cible de plusieurs frappes meurtrières ayant touché des bâtiments civils.
Vladimir Poutine ne cesse de justifier l’invasion de l’Ukraine par la nécessité de "dénazifier" ce pays, un argument de propagande et une référence à la Seconde Guerre mondiale dénoncés notamment par les historiens.
Le chef de cabinet du président ukrainien, Andriy Yermak, a évoqué dans un message sur Telegram la mort de Boris Romantschenko,
"un prisonnier de 96 ans des camps de concentration nazis qui a survécu à Buchenwald. Mais il est mort en 2022 d’un missile russe dans son propre appartement à Kharkiv. C’est ce qu’ils appellent l’opération de dénazification".