
malheur j'ai honte !
j'ai découvert la corrida en Espagne, dans de très belles arènes, colorées des châles des madrilènes, chaque famille avait apporté un pique nique, chacun offrait à ses voisins,
il était 19H30 ou 20H00, une lumière sublime, et la corrida a commencé.
les toréros fiers, le torse bombé, la musique, les cris, les rites, on agite des mouchoirs, un, deux,
puis le taureau, le sang, je ferme les yeux, aux bords des larmes.
Puis j'ouvre les yeux, et une heure après je m'entends demander grâce pour ce taureau superbe qui a si bien combattu mais
une heure après je suis encore dedans.
D'autres corridas plus tard, j'ai eu honte d'y être parce que souvent ce fût un carnage,
sentiments ambivalents de sidération, d'éblouissement, de plaisir rustre des combats d'arène, et dégoût du sang, colère contre l'homme, mais j'y étais encore.
Puis il y eut la corrida de trop, celle où j'ai décidé de ne jamais plus y mettre les pieds, parce que je dois être digne d'être humaine, et je pense que la corrida nous renvoie à la partie animale ancestrale de notre humanité.
Mais j'ai toujours en tête ce premier spectacle où la mort m'apparut sublimée.