Re: Juste en passant.
Posté : 06 août 2017 12:35
Disons que le propos initial exprime un sentiment de désordre dans les priorités que la société se fixe. Et c'est compréhensible.
Le fait de payer un joueur comme Neymar plusieurs dizaines de millions d'euros par an (dans les 30 millions hors prime de transfert) et verser 222 millions d'euros à un autre club de foot pour l'avoir, c'est assez démentiel pour un seul homme dont l'aptitude première est de savoir frapper dans un ballon rond pour le mettre au fond d'une cage ou le passer à son coéquipier. Certes, son "prix" vient aussi de la popularité du gars dans un domaine sportif lui-même très populaire, mais s'échanger à ce prix une personne dont la fonction est de divertir des foules pendant un match d'une heure et demi, ça peut être assez consternant comparativement à l'utilité intrinsèque de sa fonction. Non pas qu'il faille le payer une misère évidemment, mais les sommes en jeu sont énormes et assez déconnectées du réel, simplement.
Cela témoigne que la société priorise par moment des choses qui n'ont pas forcément du sens d'être si chères. Quand Neymar se fait 30 millions par an pour cette fonction, d'autres personnes, elles-même utiles au divertissement des foules, sont payées une misère. Un grand nombre d'artistes vivent mal de leur métier, qui nécessite pourtant un bagage culturel et un savoir-faire assez rigoureux, alors qu'ils apportent un divertissement musical, théâtral ou dansant (et autre encore) qui permet autant de se divertir qu'un match de foot...
On peut aussi s'interroger sur les priorités des individus quant aux dépenses à engager. Payer 140 euros un t-shirt d'un footballeur connu, c'est assez incohérent quand pour ce prix l'on peut aller à de bons spectacles, concerts, etc. auprès de petits et moyens artistes de qualité dans sa ville le tout une fois par semaine pendant un bon mois (j'le fais assez souvent pour en savoir quelque chose).
Tout ça c'est assez symptomatique de notre modèle qui créé encore des Veaux d'Or alors qui ne devraient plus exister. L'idolâtrie que nous créons autour d'un homme, de son nom et qu'on est prêt à dépenser une fortune pour lui n'est pas rassurant quand nous sommes supposés être des individus rationnels et raisonnables. J'dis pas que le phénomène n'existe pas ailleurs (certains artistes par exemple), mais le foot (et d'autres sports) sont particulièrement exposés à cette démesure qui n'est au demeurant pas dénuée de problèmes parallèles (corruption, etc.).
En revanche, le couplet sur la décadence et la médiocrité propre à notre époque me paraît hors de propos : toutes les époques furent marquées par de l'absurde et de l'incohérence. La nôtre n'y échappe pas mais n'est pas plus absurde que les précédentes non plus.
Le fait de payer un joueur comme Neymar plusieurs dizaines de millions d'euros par an (dans les 30 millions hors prime de transfert) et verser 222 millions d'euros à un autre club de foot pour l'avoir, c'est assez démentiel pour un seul homme dont l'aptitude première est de savoir frapper dans un ballon rond pour le mettre au fond d'une cage ou le passer à son coéquipier. Certes, son "prix" vient aussi de la popularité du gars dans un domaine sportif lui-même très populaire, mais s'échanger à ce prix une personne dont la fonction est de divertir des foules pendant un match d'une heure et demi, ça peut être assez consternant comparativement à l'utilité intrinsèque de sa fonction. Non pas qu'il faille le payer une misère évidemment, mais les sommes en jeu sont énormes et assez déconnectées du réel, simplement.
Cela témoigne que la société priorise par moment des choses qui n'ont pas forcément du sens d'être si chères. Quand Neymar se fait 30 millions par an pour cette fonction, d'autres personnes, elles-même utiles au divertissement des foules, sont payées une misère. Un grand nombre d'artistes vivent mal de leur métier, qui nécessite pourtant un bagage culturel et un savoir-faire assez rigoureux, alors qu'ils apportent un divertissement musical, théâtral ou dansant (et autre encore) qui permet autant de se divertir qu'un match de foot...
On peut aussi s'interroger sur les priorités des individus quant aux dépenses à engager. Payer 140 euros un t-shirt d'un footballeur connu, c'est assez incohérent quand pour ce prix l'on peut aller à de bons spectacles, concerts, etc. auprès de petits et moyens artistes de qualité dans sa ville le tout une fois par semaine pendant un bon mois (j'le fais assez souvent pour en savoir quelque chose).
Tout ça c'est assez symptomatique de notre modèle qui créé encore des Veaux d'Or alors qui ne devraient plus exister. L'idolâtrie que nous créons autour d'un homme, de son nom et qu'on est prêt à dépenser une fortune pour lui n'est pas rassurant quand nous sommes supposés être des individus rationnels et raisonnables. J'dis pas que le phénomène n'existe pas ailleurs (certains artistes par exemple), mais le foot (et d'autres sports) sont particulièrement exposés à cette démesure qui n'est au demeurant pas dénuée de problèmes parallèles (corruption, etc.).
En revanche, le couplet sur la décadence et la médiocrité propre à notre époque me paraît hors de propos : toutes les époques furent marquées par de l'absurde et de l'incohérence. La nôtre n'y échappe pas mais n'est pas plus absurde que les précédentes non plus.
