On est mal Marianne on est mal...
Publié le 25/12/2024 à 06:31
Gouvernement Bayrou : le compte à rebours
Dans la continuité du bref passage de Michel Barnier à Matignon, la "start-up nation" vient encore de prendre un sérieux coup de vieux…
Il y a beaucoup à dire sur le gouvernement de François Bayrou dévoilé ce lundi soir, au bout d’une opportune journée de deuil national en hommage aux victimes de Mayotte, qui a permis au nouveau Premier ministre de composer et d’ajuster son équipe jusqu’à la dernière minute.
Et tout d’abord qu’il consacre le retour de "l’ancien monde", sa revanche sur le macronisme juvénile après que celui-ci a cassé son jouet. Fini de faire dangereusement mumuse avec la France.
Au chevet du pays malade apparaissent des crânes dégarnis et des cheveux gris comme notre horizon collectif.
Avec la nomination de Manuel Valls revenu du diable Vauvert, d’Elisabeth Borne que l’on pensait carbonisée, de François Rebsamen ou de Gérald Darmanin, il confirme ensuite l’adage selon lequel "on n’est jamais mort en politique", ou cet autre proverbe qui nous enseigne que "l’on peut faire du neuf avec du vieux".
À propos du casting proposé par François Bayrou, le professeur de sciences politiques Vincent Martigny évoque "un panaché des quinquennats de Jacques Chirac à Emmanuel Macron", et il n’a factuellement pas tort. On peut effectivement reprocher aux anciennes gloires recrutées par le successeur de Michel Barnier de traîner leurs guêtres en politique depuis 20 ou 30 ans, mais l’essentiel, dans la gravité de l’instant, n’est-il pas de savoir ce qu’elles sont venues accomplir et comment elles s’y prendront ?
Dans sa forme iconoclaste, le nouveau gouvernement expose au grand jour l’échec de François Bayrou dans sa tentative d’élargir le socle commun.
Faute de prise de guerre dans les rangs du NFP, le Béarnais sert au PS Manuel Valls, François Rebsamen, Juliette Méadel et Eric Lombard comme on déboucherait du "Canada Dry". Ça ressemble à la gauche, ça a le goût de la gauche, mais ce n’est pas la gauche de la ligne Faure…
En définitive, malgré l’expérience qui le distingue du précédent, ce gouvernement arrive aux affaires lesté des mêmes vulnérabilités.
Les mêmes causes produisant les mêmes effets, François Bayrou est déjà un Premier ministre en sursis puisqu’à l’évidence, il n’est pas parvenu à lever le risque de censure. Incapable, comme Michel Barnier avant lui, de rassembler sur une vision et un projet, il a tout misé sur les personnalités de son équipe. Ce n’est pas ainsi que l’on gouverne en temps de crise, que l’on recueille l’adhésion des Français, et surtout, que l’on parvient à convaincre les oppositions qu’il y a plus urgent que d’obtenir la démission d’Emmanuel Macron.
Tic-tac… Le compte à rebours, déjà, a commencé…
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