gare au gorille a écrit : 18 juillet 2022 13:49
berger141 a écrit : 18 juillet 2022 13:18
C'était sur LCI.
Il n'était ni Luc Ferry ni Zemmour (tu devrais savoir que pour LCI Zemmour c'est le diable, il n'y est pas invité)
Je constate que ça te dérange qu'on dise que l'Ukraine a une part de responsabilité dans la guerre actuelle.
Non seulement l'Ukraine mais aussi l'U.E. et surtout nos amis américains. Tout ce beau monde n'a fait qu'agiter le chiffon rouge devant le toro Poutine qui a fini par y aller. L'agression de Poutine est fortement condamnable, mais nous ne sommes pas exempts de reproches pour avoir négligé depuis bien longtemps au profit de la provocation un truc qui s'appelle la diplomatie.
Et ce ne sont pas les quelques coups de téléphones tardifs de Macron tellement médiatisés et même mis en scène qui ont pu arranger quoi que ce soit au profit de l'Ukraine.
Même si l'Ukraine et l'UE ont une part de responsabilité dans ce qui advient en Ukraine, il ne faut pas oublier une chose : dès ses origines, la Russie ne s'est pas formée comme une nation mais comme un empire.
Et elle raisonne toujours en terme d'empire. Pour être plus précis : aujourd'hui, en termes d'ancien empire humilié qui cherche à se bricoler une reconstitution de petit empire en mode "revival".
Donc le "projet ukrainien" de Poutine, ça faisait longtemps que ça lui traînait dans la tête et, à mon avis, tôt ou tard, il aurait été tenté de la rattacher à la Russie.
Qui peut dire le contraire ? Sans l'Europe, ni l'Ukraine, ni les Etats-Unis, Poutine n'a-t-il pas déjà "fait ses preuves" en Crimée, en Géorgie, en Tchétchénie ? (et aussi en Syrie, même si c'est pour d'autres raisons géopolitiques) ?
Là, disons qu'il a su profiter des circonstances que lui ont créées l'Europe et les Etats-Unis pour lui donner une raison valable. Surtout pour un motif précis dont on ne parle jamais assez : la peur insupportable d'avoir à ses frontières une sorte de nouvelle Russie démocratique.
Car voilà ce qui est intolérable pour Poutine : à mon avis, ce n'est pas tant l'OTAN (icar il a de quoi répondre à l'OTAN en termes de risque nucléaire) mais beaucoup plus la perspective d'un ex-pays "frère" tourné vers l'Europe, cherchant à s'y intégrer économiquement et développant une démocratie (imparfaite, certes) mais qui - par porosité - pourrait contaminer dangereusement son propre pouvoir autocratique.
Voilà, à mon avis, ce que Poutine cherche avant tout à détruire dans l'oeuf en Ukraine : l'idée politique même d'une perspective démocratique en Russie.
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Sinon, dans ce merdier de type vietnamien qu'est en train de devenir l'Ukraine je ne vois pas d'autre solution qu'un arrêt immédiat des hostilités pour demander au peuple ce qu'il souhaiterait par référendum. Et ce, dans le cadre d'une vraie consultation démocratique sous contrôle international.
Avec le risque d'une partition du pays certes, mais pourquoi pas si c'était la meilleure solution ?