La France, empire maritime
Posté : 11 octobre 2013 09:34
Le conseil économique, social et environnemental vient d’adopter un rapport enjoignant la France de faire valoir ses prétentions sur 2 millions de km2.
Métaux rares et hydrocarbures : les sols et sous-sols marins recèlent des richesses vitales pour les industries de pointe, que la France ne doit pas laisser lui échapper, met en garde le Conseil économique, social et environnemental (CESE) dans un rapport publié hier.
La France peut faire valoir ses prétentions sur près de deux millions de kilomètres carrés supplémentaires de plateau continental, au regard de la convention de l’ONU sur le droit de la mer (lire l’encadré). Ces espaces se situent essentiellement dans les prolongements des territoires français d’outre-mer. Grâce à ceux-ci, la France dispose du deuxième espace maritime au monde (11 millions de km²) derrière les Etats-Unis.
«Dans un contexte de crise économique mondiale, quel pays côtier ne saisirait pas l’opportunité d’accéder à des droits sur des ressources naturelles ?», demande Gérard Grignon, rapporteur de l’avis, adopté à l’unanimité en séance plénière.
La France «serait bien négligente et imprévoyante de ne pas profiter de cette aubaine d’étendre sa souveraineté sur des sous-sols qui peuvent receler des hydrocarbures comme en Guyane, à Saint-Pierre et Miquelon ou en Nouvelle-Calédonie», a expliqué Gérard Grignon.
Concernant les terres rares, notamment des métaux indispensables aux nouvelles technologies, «le rôle monopolistique de la Chine, qui assure 80 % de la production, inquiète», souligne M. Grignon. «Or la chimie, l’automobile, l’aéronautique et la pharmacie ne peuvent pas se passer de terres rares et métaux mineurs», a-t-il souligné, rappelant que ces «quatre grands secteurs de l’industrie française représentaient 25 % de la valeur ajoutée de l’industrie française en 2010 et pèseront pour 33 % d’ici 2030».
La Polynésie française, dont l’extension du plateau continental représenterait à lui seul près de 1 million de km2, dispose de terres rares, tandis que les fonds marins de Wallis-et-Futuna sont très riches en encroûtements cobaltifères.
Le projet d’extension du plateau continental date de 2003, quand la France s’était dotée d’un programme national dit «Extension raisonnée du plateau continental» (Extraplac), destiné à construire les dossiers qu’elle dépose, territoire par territoire, devant les instances internationales.