Les français ont-ils un complexe vis-à-vis des américains ?
Déjà un complexe c'est quoi ?
Un complexe est un ensemble de contenus inconscients susceptibles de venir perturber l'activité consciente du sujet.
Un phénomène d'origine inconsciente venu de l'extérieur, cause des effets sur la conscience à l'intérieur.
Tu évoques une dépendance. Une dépendance par rapport aux Etats-Unis, mais concernant quoi ? Notre économie, nos secteurs d'activité, notre politique nationale, internationale ? Notre positionnement militaire ? Notre culture ?
C'est très large comme mot "dépendance", lorsque l'on parle d'un pays qui en influencerait un autre.
Dans la culture artistique, on s'en sort très bien. Comme souligné plus haut notre cinéma garde encore une place - sur notre propre territoire, certes, mais c'est déjà pas si mal. La littérature française est encore active, nos rentrées littéraires sont riches, nous sommes les héritiers d'une époque où notre littérature dirigeait celle du monde. Notre conscience est encore saine, nous vivons dans notre monde sans trop nous soucier dans ce qui plaît ou pas au reste.
Dans la culture jeune, là effectivement, les Etats-Unis semble être un idylle merveilleux. Là où le drapeau français est synonyme de nationalisme, la marseillaise de patriotisme dégénéré, le drapeau américain en veux-tu en voilà, c'est tendance. Les jeunes américains semblent toujours plus en avance dans l'éclate, les moyens toujours plus originaux de se mettre mal, ... par rapport aux français qui complexent un peu et suivent la mode importée d'outre-atlantique ou du moins de l'ensemble des pays anglo-saxons qui ont la côte. Les spingbreak, les Projet X, ... ça fait met des étoiles dans les yeux.
Dans l'art culinaire, il y a peut-être un semblant de complexe, mais en surface.
Je veux dire, les firmes de fast-food nous ont envahit comme les autres, mais nous n'avons pas vraiment développé de gêne par rapport à ça puisque tous les français sont au fond d'eux-mêmes persuadés qu'ils sont les meilleurs cuisiniers de tous les temps.
Dans les attitudes, les ressentis. Là ça touche un grand nombre de personnes, il faudrait faire des sondages ... mais je n'aime pas les sondages, du coup d'après mes propres expériences :
* Cliché des français sur les américains : Gros, voient tout en gros, excités de la gâchette, autoritaires (vision unique).
* Cliché des américains sur les français : Hautains, mangeurs de fromages/baguettes/vins quotidiens, romantiques.
Là encore nous avons une identité qui nous colle à la peau, et que nous gardons de toute manière bien; de même de leur côté.
Dans le domaine militaire, nous sommes évidemment dépendants des Etats-Unis (nous sommes une puissance de second rang).
Il y a effectivement un complexe je pense dans ce milieu : nous sommes un peu cette personne timide dans la bande, banale, faible, qui ne sait pas trop comment se rendre intéressant puisqu'il n'a que peu d'atouts et qui du coup, tente de vaines fois de se surpasser et de montrer qu'il peut être le mâle alpha qui suit les propositions les plus loufoques ou s'oppose aux décisions du chef par un "non" ferme (ex : Syrie pour la première; Irak pour la seconde. Le taux de reconnaissance de l'opinion publique est variable).
Dans les yeux du français, il y a toujours cette lueur d'espoir de croire que son armée est utile, puissante, et influente. De croire que comme les Etats-Unis, son armée peut instaurer la paix là où le Mal sévit (Mali, Centrafrique, ...). De croire que comme les Etats-Unis, son armée est l'appareil au sommet qui ne peut être commandée par aucune organisation, même pas internationale, parce qu'elle est trop "badasse" !
Cela découle du militaire, mais il y aussi une dépendance informatique.
Apple et Microsoft sont les géants du secteur, au niveau des logiciels les américains ont aussi une place prédominante.
Et cela se voit avec Snowden, à qui nous avons refusé l'asile alors que, je crois (opinion personnelle), nous avons toutes les raisons de l'accepter.
Il y a dépendance mais il n'y a pas complexe. C'est adopté dans les consciences de ce que je vois, que nous ne pourrons jamais rattrapés notre retard dans le secteur, malgré les récents discours d'Angela Merkel par exemple qui voulait du matériel virtuel indépendant ...
Dans le domaine de la langue. Là il y a aussi un gros complexe. Moi le premier, j'en suis le triste instrument.
Je crois que certains des français regrettent encore que leur langue ne soit pas celle qui s'apprend partout partout.
Je parle très mal anglais car je n'aime vraiment pas parler cette langue, et je crois qu'il y a de ce regret inconscient aussi transmis par mes cours d'histoire sur les Empires français et britanniques, de ne pas voir les américains, pour leur majorité (de ce que j'ai pu rencontrer), parler une autre langue que la leur.
Je pourrai continuer, mais je crois avoir fait les principaux.