la remise d'un prix à un élu Front national fait polémique
Posté : 29 janvier 2015 14:45
Le président de l'Assemblée nationale a boycotté la cérémonie lors de laquelle le maire FN Steeve Briois a reçu la distinction d'"élu local de l'année".
Le président UMP du Sénat Gérard Larcher a implicitement critiqué jeudi l'attitude de son homologue de l'Assemblée, Claude Bartolone (PS), qui a boycotté une remise de prix politiques, car l'un d'entre eux était attribué au maire FN Steeve Briois. "Ce qui m'a gêné, c'est l'attitude vis-à-vis du Front national. Je combats le Front national, je n'ai pas un soupçon d'idée en proximité avec le Front national, j'ai une autre conception de la République. Mais soit le Front national est un parti qui est contre les valeurs de la République, et alors il faut avoir le courage de l'interdire, soit on considère qu'il est dans les valeurs de la République, et à ce moment-là, qu'on le veuille ou non, il a droit de cité politique", a déclaré Gérard Larcher sur France Info.
"Moi, je le combats, mais je ne l'ignore pas. Ce n'est pas en l'ignorant qu'on le combattra. (...) Ce n'est pas en boycottant qu'on affirme quelque chose", a insisté le sénateur des Yvelines, au demeurant désigné sénateur de l'année lors de cette remise de prix par le Trombinoscope, quelques mois après avoir reconquis la présidence de la Haute Assemblée. Cette remise de prix, bien que boycottée par Claude Bartolone, a eu lieu à l'hôtel de Lassay, résidence du président de l'Assemblée nationale, mardi soir. L'attribution du prix de "l'élu local de l'année" à Steeve Briois, élu au premier tour maire d'Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) en mars 2014, a également provoqué des remous au sein du journal Libération, dont la société des journalistes (SDJ) a regretté que le directeur du journal Laurent Joffrin se soit "associé à un prix distinguant le maire FN".
Bartolone obligé de se justifier
"Le matin même, j'accompagnais le président de la République au mémorial de la Shoah et j'étais devant les survivants d'Auschwitz. Et je me voyais mal partager une coupe de champagne et des petits fours avec le membre d'un parti dont le président d'honneur avait évoqué, lorsqu'on avait évoqué les chambres à gaz, un point de détail de l'histoire", a expliqué Claude Bartolone sur RMC et BFM TV. "Je ne dis pas qu'il n'est pas un parti républicain. Hélas, des électeurs votent pour eux. C'est la démocratie. Mais on voit bien que ce n'est pas un parti comme un autre. Eux-mêmes le démontrent. S'ils étaient un parti comme les autres, vous croyez qu'ils auraient eu besoin d'attendre un carton d'invitation pour aller manifester" après les attentats de Paris, a insisté le député de Seine-Saint-Denis.
Le palmarès annuel du Trombinoscope est établi par un jury de sept journalistes présidé par Arlette Chabot (Europe 1). Son prix a été remis à Steeve Briois par Gilles Leclerc, président de Public Sénat. Un autre dossier oppose actuellement MM. Larcher et Bartolone : la fusion des deux chaînes parlementaires Public Sénat et LCP. Proposée par Claude Bartolone, cette fusion a été refusée mercredi à l'unanimité par le bureau du Sénat.