brouille entre les États-Unis et Israël, à cause de l'Iran
Posté : 02 mars 2015 23:50
par tisiphoné
Benjamin Netanyahou, en visite aux États-Unis, ne rencontrera pas Barack Obama, sur fond de désaccord au sujet du dossier iranien.
La crise entre les États-Unis et Israël au sujet du nucléaire iranien a franchi un nouveau cap. Les deux pays sont en désaccord persistant sur un accord que Washington veut sceller rapidement avec Téhéran, mais que son allié entend torpiller. Benjamin Netanyahou, le Premier ministre israélien, en pleine campagne électorale, doit prononcer mardi un discours solennel devant le Congrès américain, à l’invitation du président de la Chambre des représentants, le républicain John Boehner. Une rencontre organisée dans le dos de la Maison Blanche, ce qui a provoqué la colère de Barack Obama. Conséquence : le président américain ne recevra pas Benjamin Netanyahou à la Maison-Blanche.
Un an et demi de négociations avec l’Iran. Les deux alliés s’opposent frontalement sur le dossier du nucléaire iranien. Les États-Unis font tout pour signer un accord politique avec Téhéran d’ici le 31 mars, après un an et demi de négociations internationales. En échange de garanties sur la nature civile et pacifique de son programme nucléaire, l'Iran obtiendrait une levée progressive des sanctions américaines, européennes et de l'ONU. La communauté internationale pourrait alors espérer refermer plus d'une décennie de tensions et de crises au Moyen-Orient. Israël est cependant convaincu qu'un accord en préparation entre les grandes puissances du groupe 5+1 (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne) et l'Iran n’empêcherait pas Téhéran de se doter un jour de la bombe, et par ricochet, de menacer l’existence même de l’État hébreux.
Une tribune pour "Bibi". Du coup le leader israélien n’a pas hésité à se rendre aux États-Unis pour tenter de torpiller cet accord. "En tant que Premier ministre d'Israël, j'ai l'obligation morale de hausser la voix face à ces dangers alors qu'il est encore temps de les éviter", a averti Benjamin Netanyahou, lundi, lors d’un discours prononcé devant l’Aipac, le puissant lobby américain pro-israélien. Mais ce voyage intervient aussi à quelques jours des élections législatives israéliennes du 17 mars prochain."Bibi" compte ainsi se servir de son discours devant le Congrès, acquis aux Républicains, comme "d'une tribune pour affirmer sa fermeté", analyse Alexandre Adler, notre spécialiste des questions géopolitiques et internationales.
Un voyage "destructeur" pour les relations entre les deux pays. Ce qui pose problème, c'est que cette visite de "Bibi" aux États-Unis a été faite sans avertir la Maison-Blanche. Barack Obama, le président démocrate, n’a ainsi "été informé que quelques minutes avant qu’elle soit publique, au mépris des usages", rappelle le Monde dans son édition de lundi. La conseillère à la sécurité nationale, Susan Rice, a même qualifié ce voyage de "destructeur pour les bases mêmes des relations américano-israéliennes". Conséquence : Barack Obama ne recevra pas Benjamin Netanyahou, alors que les deux hommes entretiennent des rapports extrêmement difficiles depuis des années.
"Une paix de compromis", un enjeu fondamental pour Obama. Il faut dire que le président américain a fait d'un rapprochement avec Téhéran une priorité de sa politique étrangère, trente-cinq ans après la rupture des relations diplomatiques américano-iraniennes consécutive à la Révolution islamique. Barack Obama espère également nouer une alliance avec l’Iran contre l’État islamique. "Les États-Unis sont engagés dans une affaire fondamentale pour eux : une paix de compromis avec l’Iran, sur le dossier nucléaire. Car cet accord ouvrira sur une coalition contre Daesh. C’est un objectif qui dépasse de loin la politique d’Obama", analyse Alexandre Adler.
Netanyahou tente d’apaiser les esprits. Le Premier ministre israélien a pourtant tenté de faire baisser la tension au cours de son discours devant l’Aipac. "Malgré les désaccords occasionnels, l'amitié entre l'Amérique et Israël s'est renforcée décennie après décennie et elle résistera aux désaccords du moment pour se renforcer encore à l'avenir", a déclaré Benjamin Netanyahou. Mais sur le fond du dossier iranien, le leader israélien n’entend faire aucune concession à son allié américain. A tel point qu’aujourd’hui, les visions des deux pays apparaissent irréconciliables.
Netanyahou au Congrés Américain.....
Posté : 04 mars 2015 05:17
par Crapulax
Du discours du Premier ministre israélien devant le Congrès, on retiendra tout d’abord deux images contrastées. La première : la longue standing-ovation bipartisane réservée à Benyamin Nétanyahou à son arrivée - et à son départ. La seconde : l’absence rarissime du vice-président américain, Jo Biden. Constitutionnellement, ce dernier assure la présidence du Sénat et, à ce titre, assiste presque toujours aux discours solennels de dignitaires étrangers au Congrès. Qui plus est lorsqu’il s’agit du grand allié israélien.
Cette fois, pourtant, la visite de Benyamin Nétanyahou, venu critiquer ouvertement les négociations autour du nucléaire iranien, a provoqué un sérieux coup de froid entre Washington et Tel-Aviv. Organisé par les républicains dans le dos de la Maison Blanche, ce voyage a suscité la colère de l’administration Obama, qui l’a vécu comme un affront diplomatique. Et a opté pour le boycott.
A la va-vite, Jo Biden a ainsi été dépêché en visite officielle au Guatemala pour s’éloigner de Washington. «Je regrette profondément que mon discours ait été perçu comme une démarche politique. Cela n’a jamais été mon intention», a déclaré pour commencer Benyamin Nétanyahou. Dans une volonté évidente d’apaisement, il a salué le «soutien sans faille» du président Obama, que ce soit «pour protéger l’ambassade israélienne au Caire» ou fournir à Israël des systèmes anti-missiles, l’été dernier, «pour faire face aux roquettes du Hamas».
Offensive:
Rapidement, le Premier ministre israélien est toutefois passé à l’offensive, fustigeant le «très mauvais accord» que les Etats-Unis, de concert avec leurs alliés européens, la Chine et la Russie, tentent actuellement de sceller avec Téhéran. Il a notamment affirmé qu’il octroyait deux concessions majeures à la République islamique, en lui permettant de conserver une importante infrastructure nucléaire et, surtout, en prévoyant une levée des restrictions au bout de dix ans. «Non seulement cet accord ne bloquera pas le chemin de l’Iran vers la bombe, mais il lui ouvrira la voie», a mis en garde Nétanyahou, en campagne électorale pour les législatives du 17 mars en Israël.
Au cœur des dissensions entre l’administration Obama et le leader israélien : la façon de juguler le programme nucléaire iranien. Le groupe des 5 + 1 négocie ardemment un accord censé limiter le nombre de centrifugeuses et mettre en place un strict programme international d’inspection. Le but recherché est d’étendre à un an le «breakout time», autrement dit le temps qu’il faudrait à l’Iran pour produire assez d’uranium enrichi pour fabriquer une arme nucléaire, dans l’hypothèse où Téhéran déciderait de violer l’accord conclu. Cela laisserait en théorie suffisamment de temps à la communauté internationale pour réagir. «L’Iran a déjà montré à plusieurs reprises par le passé qu’on ne pouvait pas lui faire confiance», a martelé Nétanyahou, appelant au passage Téhéran à «cesser de menacer d’annihiler Israël, le seul et unique Etat juif».
Depuis des années, le Premier ministre israélien exige que l’Iran renonce à toute activité d’enrichissement d’uranium. Une approche jugée irréaliste par l’administration américaine. «Nous ne pouvons pas laisser un idéal totalement hors d’atteinte se mettre en travers d’un bon accord», déclarait lundi Susan Rice, la conseillère à la sécurité nationale d’Obama, devant le groupe de pression pro-israélien Aipac. «Mes amis, pendant plus d’un an, on nous a dit qu’aucun accord était préférable à un mauvais accord. C’est un très mauvais accord, le monde se portera mieux sans lui», a tonné le Premier ministre israélien, défiant frontalement Barack Obama, à quelques centaines de mètres de la Maison Blanche.
Manœuvre.Au Congrès, une cinquantaine d’élus démocrates - du jamais vu - manquaient à l’appel. «Les Etats-Unis sont et resteront l’allié principal d’Israël. Je refuse cependant de prendre part à une manœuvre politique visant à fragiliser le président Obama», a expliqué G.K. Butterfield, élu de Caroline du Nord, pour justifier son absence. «Les alternatives à un accord négocié sont soit un Iran sans aucune limite, soit la guerre. Aucune de ses deux options n’est préférable à un accord diplomatique», souligne Stephen Walt, professeur en relations internationales à l’Université de Harvard. Un argument souvent avancé par la Maison Blanche, mais balayé par Benyamin Nétanyahou. «On nous répète que l’alternative à cet accord est la guerre. Cela n’est pas vrai. L’alternative à ce mauvais accord est un meilleur accord», a ironisé le Premier ministre israélien. «Même si Israël doit se lever seul, il le fera. Mais je sais que l’Amérique se lèvera avec Israël. Je sais que vous vous lèverez avec Israël», a-t-il lancé, déclenchant les acclamations des élus. La Maison Blanche, elle, a sobrement réagi au discours du leader israélien. «Il n’a présenté aucun plan concret, pas plus qu’une solution alternative aux négociations en cours», a déclaré un responsable sous couvert d’anonymat. «Demander simplement que l’Iran capitule totalement n’est pas un plan», a-t-il conclu.
Source:Libération.
Re: Netanyahou au Congrés Américain.....
Posté : 04 mars 2015 05:21
par Crapulax

Un homme qui est censé oeuvrer pour la paix et qui en fait vient en déclarant,sans aucune preuve:L'Iran menace le Monde....
Même une partie des Américains commencent à comprendre la situation et les motivations des gouvernants en Israel,le vernis craque......
Les accusations de BN font penser aux fausses preuves de Bush concernant l'Irak.Nous savons aussi que Obama ne s'entend pas avec lui parce que ce dernier en a ras le bol de couvrir les colonies qu'Israel continue à implanter en s'essuyant sur les résolutions déjà votées...
Le cinéma ne marche plus et je demanderais:Qui est le plus dangereux dans ces histoires?Qui ne veut pas de la paix et la fin du conflit Israelo-Palestinien?
Re: Netanyahou au Congrés Américain.....
Posté : 04 mars 2015 08:42
par Jarod1
Tout ça sent quand même le parfum de la mascarade.

Re: Netanyahou au Congrés Américain.....
Posté : 04 mars 2015 10:52
par Sov Strochnis
Jarod1 a écrit : Tout ça sent quand même le parfum de la mascarade.

Ouais, surtout qu'on a un peu la combinaison gagnante des mots clés qui vont faire le buzz: "brouille" "israel" "americain" "iran"...et attention "Congrés"
