Macht in der Mitte (Puissance centrale).
Posté : 30 mars 2015 09:08
« À long terme, le rôle de ‘trésorier en chef’ ne peut être joué que par celui qui est également prêt à jouer le rôle difficile de 'maître de discipline' », écrit Herfried Münkler dans son nouveau livre Macht in der Mitte (Puissance centrale). Le politologue berlinois prend ouvertement parti pour une hégémonie allemande en Europe. L'Allemagne est « devenue la puissance centrale de l’Europe », écrit Münkler et elle doit « jouer un rôle correspondant. ».
Münkler justifie la prétention allemande à l'hégémonie au motif que « le processus d'intégration européen en est arrivé à un statu quo » et on ne peut s’« attendre à ce qu’il reprenne dans la période actuelle. »
« L'idée qu'une nation européenne pourrait un jour naître du projet européen » a échoué, dit Münkler. En raison de la crise économique de longue durée en France, « L'axe Paris-Berlin » est « devenu au cours des dernières années un centre allemand. » Dans ces conditions, l'Allemagne se voit contrainte en tant que « pouvoir central » d'assumer la tâche de « maintenir la cohésion de l’Europe » et « d’amener les européens sur une même ligne. »
« L'Allemagne doit diriger en Europe », exige Münkler. Il ajoute que le pays devra procéder avec précaution, quelque chose qui « ne devrait pas être confondu avec de l’hésitation et de l'indécision. » Le rôle de « pouvoir central » ne peut « plus se limiter à celui d'organisme de réglementation financière », mais inclut « un leadership politique et économique résolu ».
Münkler est tout à fait conscient de ce que la prétention allemande à l'hégémonie qu’il revendique rencontre une opposition au sein de la population allemande, ainsi que dans d'autres pays européens. Il doit reconnaître qu’« un coup d’œil sur l'histoire du dernier siècle et demi constitue un avertissement unique et énorme quant à la constellation géopolitique représentée par un centre fort. »
« La plus grave vulnérabilité probablement » de la politique qu'il préconise, dit Münkler, est « celle de l'histoire allemande: la possibilité que, à n'importe quel moment, on puisse faire référence à la montée du national-socialisme et à son idéologie raciste; à la politique d'extorsion et d'annexion adoptée par Hitler à partir de 1938; à la guerre d’agression commencée en septembre 1939; aux crimes de la Wehrmacht, en particulier dans la guerre contre l'Union soviétique; et enfin au meurtre des Juifs européens. »
Le fait que les élites dirigeantes allemandes aient commis des crimes innommables dans leur dernière tentative de dominer l'Europe ne dissuade cependant pas Münkler de faire, une fois de plus, de la propagande pour le même objectif. Une grande partie de Macht in der Mitte est consacrée à réfuter les objections à cet égard et à armer la politique étrangère allemande contre celles-ci.
Tout d'abord, Münkler propose de supprimer en grande partie le processus démocratique. « L'intégration européenne reste un processus bien trop complexe pour rester soumis au contrôle et aux objections de la population », écrit-il, qualifiant les « habitudes de vote des citoyens » de « talon d'Achille de la politique européenne ».
On pourrait être tenté de prendre le livre de Münkler pour le travail arrogant d'un professeur pompeux s’il n’exprimait que ses opinions personnelles. Mais le président du Département de théorie politique à l'Université Humboldt de Berlin est étroitement lié à l'élite politique allemande et a un rôle de conseiller pour les partis, le gouvernement et l'armée.
Münkler justifie la prétention allemande à l'hégémonie au motif que « le processus d'intégration européen en est arrivé à un statu quo » et on ne peut s’« attendre à ce qu’il reprenne dans la période actuelle. »
« L'idée qu'une nation européenne pourrait un jour naître du projet européen » a échoué, dit Münkler. En raison de la crise économique de longue durée en France, « L'axe Paris-Berlin » est « devenu au cours des dernières années un centre allemand. » Dans ces conditions, l'Allemagne se voit contrainte en tant que « pouvoir central » d'assumer la tâche de « maintenir la cohésion de l’Europe » et « d’amener les européens sur une même ligne. »
« L'Allemagne doit diriger en Europe », exige Münkler. Il ajoute que le pays devra procéder avec précaution, quelque chose qui « ne devrait pas être confondu avec de l’hésitation et de l'indécision. » Le rôle de « pouvoir central » ne peut « plus se limiter à celui d'organisme de réglementation financière », mais inclut « un leadership politique et économique résolu ».
Münkler est tout à fait conscient de ce que la prétention allemande à l'hégémonie qu’il revendique rencontre une opposition au sein de la population allemande, ainsi que dans d'autres pays européens. Il doit reconnaître qu’« un coup d’œil sur l'histoire du dernier siècle et demi constitue un avertissement unique et énorme quant à la constellation géopolitique représentée par un centre fort. »
« La plus grave vulnérabilité probablement » de la politique qu'il préconise, dit Münkler, est « celle de l'histoire allemande: la possibilité que, à n'importe quel moment, on puisse faire référence à la montée du national-socialisme et à son idéologie raciste; à la politique d'extorsion et d'annexion adoptée par Hitler à partir de 1938; à la guerre d’agression commencée en septembre 1939; aux crimes de la Wehrmacht, en particulier dans la guerre contre l'Union soviétique; et enfin au meurtre des Juifs européens. »
Le fait que les élites dirigeantes allemandes aient commis des crimes innommables dans leur dernière tentative de dominer l'Europe ne dissuade cependant pas Münkler de faire, une fois de plus, de la propagande pour le même objectif. Une grande partie de Macht in der Mitte est consacrée à réfuter les objections à cet égard et à armer la politique étrangère allemande contre celles-ci.
Tout d'abord, Münkler propose de supprimer en grande partie le processus démocratique. « L'intégration européenne reste un processus bien trop complexe pour rester soumis au contrôle et aux objections de la population », écrit-il, qualifiant les « habitudes de vote des citoyens » de « talon d'Achille de la politique européenne ».
On pourrait être tenté de prendre le livre de Münkler pour le travail arrogant d'un professeur pompeux s’il n’exprimait que ses opinions personnelles. Mais le président du Département de théorie politique à l'Université Humboldt de Berlin est étroitement lié à l'élite politique allemande et a un rôle de conseiller pour les partis, le gouvernement et l'armée.