Page 1 sur 1

le vrai bilan de Sepp Blatter à la tête de la Fifa

Posté : 29 mai 2015 08:09
par tisiphoné
Le Suisse, à la tête de la Fifa depuis 1998, est critiqué de toutes parts après le nouveau scandale de corruption qui éclabousse l’organisation. Mais qu'en est-il de son bilan ?

Seul, face aux vents contraires et aux scandales à répétition, Sepp Blatter tient bon. Le président de la Fifa, vivement critiqué au lendemain de la révélation de nouveaux scandales de corruption dans l’instance du foot mondial, n’a pas l’intention de quitter son poste. Devant la presse, le Suisse a même confirmé son intention de se présenter à sa propre succession, vendredi. Depuis 1998, le maître incontesté et insubmersible de la Fifa a réussi à sortir (quasiment) indemne de toutes les épreuves. Mais quel est le bilan de Sepp Blatter à la tête de l’instance suprême du foot mondial ?

>> Le bilan sportif : un football mondialisé

Afrique, Asie, Amérique du Sud : le football s’est implanté sur tous les continents sous l’ère Blatter. Sous le mandat du Suisse, la Coupe du Monde a posé pour la première fois ses valises en Asie (Mondial 2002 au Japon et en Corée du Sud) et en Afrique (2010, Afrique du Sud). Les meilleures équipes de la planète fouleront également les pelouses d’un pays arabe, au Qatar en 2022. "Au niveau institutionnel, la Fifa s’est démocratisée. La Coupe du Monde a atteint tous les continents, c’est un symbole très fort", analyse Pim Verschuuren, chercheur à l’Iris (Institution de relations internationales et stratégiques) et spécialiste de l’impact du sport dans les relations internationales, interrogé par Europe 1.

Sepp Blatter a également lancé de nombreux programmes de développement du football à destination de l’Afrique ou de l’Asie. "Cela a permis à tous ces pays de s’acheter de nouveaux ballons, de construire des stades, de rénover leurs infrastructures sportives", souligne le chercheur. "Les mauvaises langues diront cependant que ce développement a été fait pour de mauvaises raisons. Les critiques estiment que ces programmes ont davantage été des manœuvres pour convaincre les membres des fédérations nationales de voter pour lui."

Quoiqu’il en soit, le Suisse s’est assuré de solides appuis dans le monde du football. La Confédération africaine de football (CAF) s’est ainsi opposée à tout report de l’élection à la présidence de la Fifa, vendredi à Zurich, malgré les nouveaux scandales. Mercredi soir, le comité exécutif de la CAF avait même réitéré son soutien au Suisse, selon les confidences d’un responsable d’une fédération africaine sous couvert d’anonymat à l’AFP.

>> Le bilan financier : de l’argent et des problèmes

La Fifa se porte bien, merci pour elle. En 10 ans, les revenus liés aux Coupes du monde ont progressé de 66%, selon Les Echos. Le Mondial au Brésil, en 2014, a ainsi généré 5,7 milliards de dollars de recettes, contre 1,94 milliards en 2002, au Corée du Sud et au Japon. "Blatter laissera une poule aux œufs d’or derrière lui. On peut applaudir le développement commercial, les recettes ont explosé. C’est donc une réussite pour l’ensemble du football, puisque les recettes sont reversées aux fédérations nationales", juge Pim Verschuuren.

Mais cette manne financière est aussi à l’origine des scandales de corruption qui touchent la Fifa. Le dernier en date : la justice américaine soupçonne sept hauts responsables de la Fifa d’avoir reçu ou distribué plus de 150 millions de dollars pour les droits de diffusion de tournois internationaux depuis 1991. "Le développement de la Fifa a eu beaucoup d’effets négatifs. Tout cela aurait pu être fait avec plus de transparence et surtout avec moins de corruption", critique le chercheur de l’Iris.

>> L’image de la Fifa : une catastrophe

Sportivement et financièrement, le bilan de Sepp Blatter à la Fifa se défend. Difficile d’en dire autant sur l’empreinte laissée par le passage du Suisse à la tête de l’instance du foot mondial. Entre les soupçons de corruption des Coupes du Monde 2018 et 2022, les scandales à répétition, l’image de la Fifa a été régulièrement écornée. "La Fifa ne peut pas tomber plus bas", déplore Pim Verschuuren.

"Mais il ne faut pas taper uniquement sur Sepp Blatter et les membres de la Fifa", nuance le chercheur. "Les membres des délégations de candidatures à la Coupe du Monde, ceux qui proposent de l’argent, sont autant à condamner que ceux qui acceptent ces sommes. Le constat est le même pour certains sponsors, qui ont été tentés de verser des pots-de-vin pour emporter de juteux contrats". L’ensemble de la gouvernance du foot mondial serait donc à revoir, selon Pim Verschuuren. Difficile cependant d’imaginer Sepp Blatter endosser le costume du chevalier blanc, après 17 ans de mandats marqués par d’incessants scandales à la tête de la Fifa.

Re: le vrai bilan de Sepp Blatter à la tête de la Fifa

Posté : 29 mai 2015 09:03
par véra
il faut supprimer le système point barre !!! :( :(

Re: le vrai bilan de Sepp Blatter à la tête de la Fifa

Posté : 29 mai 2015 09:07
par Patrick_NL
Voilà dix-sept ans que Sepp Blatter gère d'une main de fer les affaires de la Fifa. Dix-sept ans de polémiques, de suspicions, d'affaires de corruption, de banderoles Fifa = Mafia, Blatter = dictateur, de conseils fumeux - "Je pense que les supporters homosexuels devraient juste s'abstenir de toute activité sexuelle au mondial qatari" -, de dérapages (le racisme doit, d'une certaine manière, être accepté "comme faisant partie du jeu"), de petits meurtres entre amis... Dans l'inconscient collectif, et l'enquête américaine en cours ne vas rien arranger, la Fifa ressemble à la world company du football, une machine à cash opaque. Pourquoi ? Parce que, selon Guido Tognoni, chef de presse et directeur marketing de la Fifa pendant treize ans, "même s'il n'a jamais été condamné, Blatter est, dans l'esprit de beaucoup, synonyme de corruption, de népotisme et responsable d'une certaine faillite morale." Des critiques qui "coulent sur moi comme l'eau chaude sur la cuisse de Jupiter", ironise le grand patron du foot mondial avec l'assurance de celui qui sait que son bilan comptable plaide largement en sa faveur : sous ses ordres, la Fifa a dégagé un bénéfice à neuf chiffres - environ 315 millions d'euros en 2014. Mieux : si tous les sponsors venaient, un jour, à s'évaporer, il se dit que la maison mère du football pourrait organiser économiquement les deux prochaines Coupes du monde toute seule grâce à un bas de laine estimé à plus d'1,5 milliard d'euros...

Une fortune sur laquelle le tout puissant président duu foot mondial, 79 ans, aurait indexé son salaire. "Selon moi, 15 millions de dollars par an, estime Guido Tognoni. Soit plus que tous les dirigeants des sociétés anonymes en Suisse." Justifié par le fait que Blatter a largement contribué à transformer une petite association gérant le football international de façon amateur en une organisation mondiale surpuissante, forte de 209 pays membres - soit 16 de plus que l'ONU - et de 265 millions de fidèles, joueurs et joueuses confondus.

Tout au long de sa carrière, Blatter prouve qu'il est un animal politique hors pair, sachant manoeuvrer avec ses opposants comme cultiver la fidélité de ses amis. "Il ne ferme jamais la porte à ses ennemis. Il préfère les avoir à l'oeil, près de lui, que loin", explique Jérôme Champagne, ancien collaborateur du Suisse, qui a un temps brigué la présidence de la Fifa avant de se retirer récemment, faute de parrainages. Ses sbires, même s'ils fautent, Blatter ne les oublie pas non plus. Ainsi, en 2006, Jérôme Valcke, directeur marketing de l'institution, négocie avec Visa alors qu'une clause contractuelle stipule que MasterCard, vieux partenaire commercial de la maison, est prioritaire pour une reconduction de son contrat. Pas grave : la Fifa verse 90 millions de dollars de dédommagement à MasterCard, Valcke est licencié mais réapparaît dès le calme revenu, au poste de... secrétaire général ! "Sepp, c'est Kevin Spacey dans House of Cards. Il a des dossiers sur tout le monde, qu'il manie avec parcimonie", suppose Tognoni.