Armée :de retour du Sahel.....materiel irrécupérable
Posté : 03 juin 2015 19:10
......
« Quelque 20 % des matériels terrestres de retour de l’opération Barkhane sont irrécupérables », a ainsi précisé le général de Villiers.
Aussi, a-t-il poursuivi, « sans moyens financiers supplémentaires pour régénérer ces matériels, et compte tenu de leur âge, le maintien du niveau d’engagement actuel se traduirait à court terme par une diminution rapide de plusieurs parcs, dont ceux des avions de transport tactique et de patrouille maritime, des hélicoptères de manœuvre et des véhicules blindés. » Et d’insister encore : « Sans moyens financiers supplémentaires pour l’entretien des matériels, nous mettons en danger notre personnel ».
D’où la priorité affichée de régénérer les anciens matériels usés, « qu’ils tiennent jusqu’à l’arrivée des matériels nouveaux ». Mais pour le général de Villiers, « avec 500 millions d’euros, ce sera juste ».
Pour appuyer son propos, le CEMA a mis l’accent sur « l’état réel de nos équipements » en prenant l’exemple d’un véhicule de l’avant blindé (VAB) livré en 1983 et dans lequel il a embarqué lors d’un déplacement à Tessalit.
« Si nous ne réagissons pas, notre efficacité et notre capacité à durer seraient rapidement compromises. Nos amis britanniques ont connu ce phénomène de retour d’Irak et, plus récemment, d’Afghanistan. Pour éviter ce risque, des mesures urgentes s’imposent et avec d’autant plus de force que le contexte sécuritaire international se dégrade aussi bien sur le flanc est que sur le flanc sud de l’Europe », a plaidé le général de Villiers.
Toujours au sujet de « l’état réel » des équipements, le député Francis Hillmeyer a pu s’en rendre compte lors d’une visite à la Brigade Franco-Allemande (BFA), au cours de laquelle il a dit avoir vu des matériels datant de l’époque de son service militaire (qui doit remonter aux années 1960…). « Dans certains camions antédiluviens, les sièges du conducteur étaient complètement défoncés », a-t-il raconté, avant de s’interroger sur « l’employabilité » de cette unité.
« Les matériels que vous avez vus sont ceux des unités de l’armée de Terre. Loin d’être choqué que vous les ayez vus, j’en suis au contraire ravi et j’ai félicité la BFA d’avoir montré à des députés la réalité de nos armées. Jusqu’à présent, en bons soldats que nous sommes, nous mettions notre fierté à toujours mettre en avant ce qui va bien et à cacher ce qui va moins bien. Les temps changent », lui a répondu le général de Villiers.