Gossip...Une appli qui fait du bruit....
Posté : 04 juin 2015 06:02
C'est la nouvelle application qui fait fureur dans les établissements scolaires et qui, en même temps, inquiète élèves et psychologues. "Gossip" ("potin" en anglais) a été lancée il y a un mois.
Le principe de cette appli, largement inspirée de la série à succès pour adolescents, "Gossip Girl" : l'utilisateur enregistré peut poster ou lire des ragots à propos des personnes appartenant à ses contacts. Avec un fonctionnement qui rappelle Twitter (le texte ne peut pas dépasser 140 signes et des personnes peuvent être "mentionnées") et Snapchat (le "potin" est éphémère et disparaît de la page au bout de 10 secondes).
Des photos et des vidéos peuvent également être envoyées en guise de "preuves". Le tout, évidemment, de manière complètement anonyme. Impossible de savoir qui a posté ces ragots.
L'application est devenue un phénomène dans les rangs des lycéens, avec plus de 10 000 téléchargements par jour. Et les potins se sont multipliés, notamment dans un établissement de Strasbourg, dont un élève en terminale témoigne dans 20 Minutes :
"Il y a eu un effet boule de neige qui a gagné toutes les classes d'âge. Derrière son téléphone, on peut créer un harcèlement. C'est super-lâche ! On ne sait pas d'où ça vient, il n'y a pas de limites. Une personne très sensible peut être perdue, bouleversée, et ça peut être tragique"
Ce phénomène s'inscrit dans l'air du temps, estime Hélène Romano, Docteur en psychopathologie clinique et auteur de L'Enfant face au traumatisme. "Un enfant harcelé au collège peut encore l'être au lycée parce que son nom est accolé à des rumeurs sur la Toile. L'anonymat facilite et protège. L'écran supprime l'empathie, l'altérité. L'enfant est seul face au monde extérieur et personne n'est là pour l'aider à gérer ses émotions", analyse-t-elle sur le site du Point.
Interviewée par Itélé, la créatrice de l'appli, Cindy Moulin, se dit "choquée par l'utilisation" qui est faite de Gossip, "ce n'était pas du tout le but", ajoute-t-elle. Dans les colonnes du Figaro Madame, elle assure que sa cible était les "20-35 actif".
Plusieurs syndicats de lycéens sont montés au créneau, notamment la Fédération indépendante et démocratique des lycéens, qui "appelle à sa fermeture immédiate". D'après sa présidente, Zoïa Guschlbauer, cette application "encourage le harcèlement", qui est déjà un phénomène "très grave et répandu" dans les établissements scolaires. 700 000 élèves en sont victimes chaque année selon le ministère de l'Éducation nationale.
Le phénomène est pris au sérieux par Najat Vallaud-Belkacem, qui a appelé mercredi à "une extrême vigilance sur la teneur des messages qui seraient mis en ligne" sur Gossip. Elle demande également aux recteurs d'académie, avec l'aide des chefs d'établissement, de signaler aux procureurs de la République "tous propos injurieux ou diffamatoires proférés à l'encontre d'élèves ou de personnels". Selon elle, "la réouverture de cette application pourrait venir affecter un climat serein au sein des établissements".
N:B:L'appli devrait bientôt fonctionner de nouveau, en étant interdite aux moins de 18 ans et avec un système de modération automatique par rapport au vocabulaire à caractère diffamatoire.
Source:Sud-Ouest.
Le principe de cette appli, largement inspirée de la série à succès pour adolescents, "Gossip Girl" : l'utilisateur enregistré peut poster ou lire des ragots à propos des personnes appartenant à ses contacts. Avec un fonctionnement qui rappelle Twitter (le texte ne peut pas dépasser 140 signes et des personnes peuvent être "mentionnées") et Snapchat (le "potin" est éphémère et disparaît de la page au bout de 10 secondes).
Des photos et des vidéos peuvent également être envoyées en guise de "preuves". Le tout, évidemment, de manière complètement anonyme. Impossible de savoir qui a posté ces ragots.
L'application est devenue un phénomène dans les rangs des lycéens, avec plus de 10 000 téléchargements par jour. Et les potins se sont multipliés, notamment dans un établissement de Strasbourg, dont un élève en terminale témoigne dans 20 Minutes :
"Il y a eu un effet boule de neige qui a gagné toutes les classes d'âge. Derrière son téléphone, on peut créer un harcèlement. C'est super-lâche ! On ne sait pas d'où ça vient, il n'y a pas de limites. Une personne très sensible peut être perdue, bouleversée, et ça peut être tragique"
Ce phénomène s'inscrit dans l'air du temps, estime Hélène Romano, Docteur en psychopathologie clinique et auteur de L'Enfant face au traumatisme. "Un enfant harcelé au collège peut encore l'être au lycée parce que son nom est accolé à des rumeurs sur la Toile. L'anonymat facilite et protège. L'écran supprime l'empathie, l'altérité. L'enfant est seul face au monde extérieur et personne n'est là pour l'aider à gérer ses émotions", analyse-t-elle sur le site du Point.
Interviewée par Itélé, la créatrice de l'appli, Cindy Moulin, se dit "choquée par l'utilisation" qui est faite de Gossip, "ce n'était pas du tout le but", ajoute-t-elle. Dans les colonnes du Figaro Madame, elle assure que sa cible était les "20-35 actif".
Plusieurs syndicats de lycéens sont montés au créneau, notamment la Fédération indépendante et démocratique des lycéens, qui "appelle à sa fermeture immédiate". D'après sa présidente, Zoïa Guschlbauer, cette application "encourage le harcèlement", qui est déjà un phénomène "très grave et répandu" dans les établissements scolaires. 700 000 élèves en sont victimes chaque année selon le ministère de l'Éducation nationale.
Le phénomène est pris au sérieux par Najat Vallaud-Belkacem, qui a appelé mercredi à "une extrême vigilance sur la teneur des messages qui seraient mis en ligne" sur Gossip. Elle demande également aux recteurs d'académie, avec l'aide des chefs d'établissement, de signaler aux procureurs de la République "tous propos injurieux ou diffamatoires proférés à l'encontre d'élèves ou de personnels". Selon elle, "la réouverture de cette application pourrait venir affecter un climat serein au sein des établissements".
N:B:L'appli devrait bientôt fonctionner de nouveau, en étant interdite aux moins de 18 ans et avec un système de modération automatique par rapport au vocabulaire à caractère diffamatoire.
Source:Sud-Ouest.