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RSA, APL, CMU... : ces aides dont bénéficient les migrants

Posté : 16 septembre 2015 20:46
par tisiphoné
LE SCAN ÉCO - Face à la crise migratoire que traverse l'Europe, Manuel Valls vient d'annoncer le déblocage de 613 millions d'euros pour 2016 et 2017, pour financer l'accueil des réfugiés et des demandeurs d'asile en France en 2016. Passage en revue des droits dont bénéficient les migrants en France.

Quand il s'agit de se partager un problème, l'Union européenne ne sait toujours pas faire. Les susceptibilités nationales des États membres bloquent toute perspective rapide d'une stratégie d'envergure pour faire face à la crise des migrants. En attendant, les migrants affluent par la Grèce, la Hongrie, la Serbie, la Croatie, la Roumanie... Débordés, l'Autriche et l'Allemagne ont dû réinstaurer des contrôles à certaines frontières, et la France «n'hésitera pas» à le faire temporairement, a assuré Manuel Valls ce mercredi après-midi.

À ce stade, la France a prévu d'accueillir 24.031 réfugiés (en plus des 9100 initialement annoncés), principalement des Syriens, des Irakiens et des Érythréens. En 2014, un peu moins de 15.000 demandes d'asile avaient obtenu le statut de réfugié, soit 22% des dossiers contre 45% en moyenne en Europe. Pour 2015, François Hollande estime à environ 60.000 les demandes d'asile cette année, soit un niveau sembable à 2014, et comparable aux crises de 2001-2004 (ex-Yougoslavie, Bosnie, Algérie, Tchéchénie) mais bien moindre qu'en 1989 (Turcs et Zaïrois).

«La solidarité, c'est garantir un accueil des réfugiés et demandeurs d'asile», a estimé ce mercredi Manuel Valls, qui a annoncé le déblocage de 613 millions d'euros supplémentaires d'ici à 2017. En France, «toute personne qui souhaite solliciter la protection de notre pays doit être certaine (...) de bénéficier d'un accueil, d'un hébergement et d'une prise en charge optimaux», peut-on lire sur le site du ministère de l'Immigration. Le Figaro fait le tour des aides sociales dont bénéficient les migrants, selon qu'ils sont demandeurs d'asile - hébergés ou non - ou réfugiés.

• Le demandeur d'asile ne peut pas prétendre aux mêmes droits sociaux que les Français

Pour rappel, un «migrant» devient un «demandeur d'asile» dès lors qu'il a formulé une demande d'asile. Le demandeur d'asile devient «réfugié» s'il obtient une réponse favorable à sa demande. En France, la demande d'asile se fait auprès de l'Ofpra, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Entre le jour de la demande d'asile et la réponse (positive ou négative) de l'Ofpra, le migrant ne peut pas prétendre aux aides et droits sociaux dont les Français et les étrangers «en situation régulière» peuvent bénéficier. En revanche, il peut toucher des aides spécifiques

• L'allocation temporaire d'attente


Tant que le demandeur d'asile ne bénéficie pas d'un hébergement d'urgence, il peut toucher une «allocation temporaire d'attente» (ATA), qui s'élève à 11,45 euros par jour, soit 343,50 euros par mois (pour un mois de 30 jours). Un montant est révisé une fois par an, en fonction de l'évolution des prix (hors tabac) prévue dans le rapport économique, social et financier annexé au projet de loi de finances de l'année. Elle est versée par Pôle emploi. L'ATA est donc versé le temps de la procédure de la demande d'asile, et peut être maintenue en cas de réexamen de la demande. L'allocation ne peut être demandée qu'une fois.

L'ATA est également ouverte aux bénéficiaires de la «protection temporaire» - un dispositif décidé au niveau européen en cas d'afflux massif de personnes déplacées -, ainsi qu'aux bénéficiaires de la «protection subsidiaire». Ce dernier s'adresse à un étranger qui ne remplit pas les conditions d'obtention du statut de réfugié, mais qui prouve qu'il est exposé à un risque d'atteinte grave (peine de mort ou torture notamment) dans son pays d'origine.

Dans tous les cas, pour obtenir l'ATA, il faut justifier de ressources inférieures au RSA (524,16 euros pour une personne seule). Outre l'ATA, pour ceux qui ne sont pas hébergés, les plate-formes d'accueil pour les demandeurs d'asile (les Pada, il y en a 34 en France) leur proposent un accompagnent administratif et social.

• L'allocation mensuelle de subsistance


Dès lors que le migrant demandeur d'asile se voit proposer un hébergement en Centre d'accueil de demandeurs d'asile ou Cada, il peut toucher, à la place de l'ATA, l'«allocation mensuelle de subsistance» (AMS), qui atteint 91 euros par mois. Soit trois euros par jour. Le montant plafond de cette AMS atteint 718 euros par mois, pour une famille avec 6 enfants (voir ici pour consulter les montants des allocations prévues en fonction des situations). Cette allocation est versée par le Cada. Si le demandeur d'asile refuse la place d'hébergement proposée, il ne peut prétendre à aucune aide financière de la part de l'État français.

En France, on comptait 25.000 places Cada en juin 2015. Le taux d'occupation frôlait alors les 95%. C'est ainsi que le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a annoncé qu'une prime de 1000 euros par place serait versée aux communes créant des hébergements supplémentaires d'ici à 2017. Le coût de l'hébergement des demandeurs d'asile est estimé à près de 350 millions d'euros par an.

• L'accès aux soins, un droit fondamental


Tout demandeur d'asile en cours de procédure a accès au régime général d'assurance maladie, ou «couverture de base», qui est considéré comme un droit fondamental. Ils sont dispensés de la condition de résidence en France depuis plus de 3 mois pour en bénéficier. Les demandeurs d'asile qui souhaitent bénéficier de la couverture complémentaire (CMU-C) peuvent en faire la demande en même temps qu'ils constituent leur dossier de demande d'affiliation à la CMU de base, ce qui leur assure une prise en charge complète des frais de santé. Toutefois, les droits à la CMU-C ne sont ouverts qu'un mois après l'enregistrement du dossier.

• Les APL ne concernent pas les demandeurs d'asile...

Les demandeurs d'asile ne touchent pas d'allocations logement. Pour les étrangers, percevoir des APL nécessite de justifier d'un titre de séjour en cours de validité, ce qui n'est pas le cas des demandeurs d'asile. Idem pour l'allocation de logement sociale (ALS), qui cible principalement les jeunes, les étudiants, les ménages sans enfants et les personnes âgées et handicapées. Ainsi que l'allocation de logement familiale (ALF).

En revanche, c'est le cas des réfugiés: quand l'Ofpra accepte la demande d'asile, le candidat reçoit un récépissé de trois mois renouvelables portant la mention «reconnu réfugié». Ce qui lui ouvre le droit à la délivrance d'une carte de résident renouvelable tous les 10 ans, facilite son accès à la nationalité française et lui permet d'accéder aux mêmes droits sociaux (RSA, prestations familiales, CMU, APL, etc.) que les nationaux. Les réfugiés peuvent donc faire une demande de logement social, par exemple. Dans certaines situations de vulnérabilité particulières, accéder aux centres provisoires d'hébergement (CPH). En échange de ces droits, le réfugié doit suivre une formation civique et linguistique avant de passer un bilan de compétences professionnelles.

• ...tout comme le RSA


Pour toucher le RSA (Revenu de solidarité active), il faut avoir au moins 25 ans et être «en situation régulière en France», quelle que soit la nationalité. Cela signifie, pour un non-Européen, qu'il faut justifier d'une carte de résident, ou de justifier depuis au moins cinq ans d'un titre de séjour permettant de travailler en France. Avant la «loi Sarkozy» sur l'immigration de 2003, c'était trois ans. Les demandeurs d'asile n'ont donc pas accès au RSA. En revanche, les réfugiés, les apatrides et les bénéficiaires de la protection subsidiaire peuvent prétendre au RSA, sans condition de résidence de 5 ans en France.

• Accès au marché du travail


Les demandeurs d'asile peuvent déposer une demande d'autorisation de travail lorsque l'Ofpra n'a pas rendu sa décision dans le délai de neuf mois (un délai écourté de trois mois dans le cadre de la loi du 29 juillet 2015 relative à la réforme du droit d'asile) suivant l'enregistrement de la demande d'asile. Dans ce cas, le demandeur d'asile est soumis aux règles de droit commun applicables aux travailleurs étrangers pour la délivrance d'une autorisation de travail. Les réfugiés, eux, dès lors qu'ils ont leur récépissé, peuvent accéder au marché du travail de la même manière que les Français.

• L'éducation des enfants


Les demandeurs d'asile sont soumis à l'obligation scolaire dès lors que leurs enfants ont entre 6 et 16 ans. «Le droit à la scolarité est garanti dans notre pays et je veillerai (...) à ce que partout sur les territoires, on puisse assurer à ces enfants, à ces jeunes, un accès à l'école ou à l'université, bref la poursuite de leurs études qui leur permettront de s'insérer normalement dans notre pays», a assuré Najat Vallaud-Belkacem, la ministre de l'Éducation. Les services du ministères ont estimé l'accueil d'enfants de réfugiés entre 8000 et 10.000 sur deux ans.

• Des aides locales disparates


Gratuité des transports en commun, de la cantine pour les enfants, inscription à une épicerie sociale: les collectivités locales proposent aussi des aides beaucoup plus faciles à toucher pour les ressortissants étrangers. Ces aides sont en effet allouées, outre sur conditions sociales (petits revenus, chômage, etc.), à ceux qui habitent dans la commune ou dans la ville.

Re: RSA, APL, CMU... : ces aides dont bénéficient les migrants

Posté : 16 septembre 2015 20:49
par Allora
J'ai vu le reportage sur Fr2 ..

j'en ai lâché une assiette quand j'ai entendu certains chiffres. aide plus de doublé en un an .. 800 millions d'€
alors je ne dis rien ..

Ça va encore polémiquer dur .. :hehe:

Re: RSA, APL, CMU... : ces aides dont bénéficient les migrants

Posté : 16 septembre 2015 21:13
par Kelenner
A partir du moment où on les accepte et où ils ne peuvent pas travailler de suite, je ne vois pas comment on peut faire autrement que de leur fournir une aide minimale pour survivre.

A titre de comparaison pour les 800 millions évoqués par l'article :

*baisse de la TVA dans la restauration sous Sarkozy (zéro emploi créé, zéro effet positif) : 2,4 MILLIARDS par an
*bouclier fiscal du même gouvernement de haut niveau : 450 millions par an pour faire des chèques à des multi-milliardaires
* plan du gouvernement actuel pour "aider" les entreprises à filer des dividendes à leurs actionnaires (zéro emploi créé de l'aveu même du MEDEF ) : 40 MILLIARDS

Donc j'ai envie de dire que dans cet océan de conneries plus grosses les unes que les autres, 800 millions pour permettre à des gens de ne pas crever comme des chiens, c'est pas si cher payé au fond.

Re: RSA, APL, CMU... : ces aides dont bénéficient les migrants

Posté : 16 septembre 2015 21:30
par GEORGES
Si ont compare et on peut comparer à l'évasion fiscale 80 milliards/an et à la fraude fiscale 40 milliards/an c'est une goutte d'eau dans le Lac Léman la plus grande étendue d'eau douce en Europe.
Les 800 millions représentent 0,6% de la somme impayée à l'état rien sur les sujets que je viens de citer.

Re: RSA, APL, CMU... : ces aides dont bénéficient les migrants

Posté : 16 septembre 2015 22:43
par Fonck1
Hollande avait besoin de faire mieux que sarkozy sur la dette,il est en passe de le dépasser.... :mdr3:
l’insurrection n'est plus très loin....

Re: RSA, APL, CMU... : ces aides dont bénéficient les migrants

Posté : 16 septembre 2015 22:55
par sanka
Propos choquant


WESH ma gueul

La france c'est une pute, son mac, c 'est l' banquier !!!

/WESH ma gueul

Re: RSA, APL, CMU... : ces aides dont bénéficient les migrants

Posté : 16 septembre 2015 23:29
par hulneb
Bon,
mais oubliez-vous les illégaux qui bénéficient de l'AME :?:

L'AME vous donne droit à la prise en charge à 100% de vos soins médicaux et hospitaliers, dans la limite des tarifs de la sécurité sociale . Vous n'avez pas à avancer les frais.
Les personnes à votre charge (personne avec laquelle vous vivez en couple, enfants de moins de 16 ans, ou jusqu'à 20 ans s'ils poursuivent leurs études) peuvent aussi bénéficier de l'AME.
Les frais médicaux suivants ne sont pas pris en charge :
Acte technique, examen, médicament et produit nécessaires à la réalisation d'une aide médicale à la procréation, Médicament à service médical rendu faible remboursé à 15 %, Cure thermale
Toutefois, pour les mineurs, les frais médicaux restent pris en charge à 100 % dans tous les cas.

L'aide médicale de l'État (AME) est un dispositif permettant aux étrangers en situation irrégulière de bénéficier d'un accès aux soins

Re: RSA, APL, CMU... : ces aides dont bénéficient les migrants

Posté : 17 septembre 2015 05:25
par Crapulax
On devrait aussi leur allouer une prime d' "intégration",allant de 5000 à 10 000 Euros,ce serait bien......Histoire qu'ils apprennent aussi ce qu'est la capitalisme et surtout parce qu'en tant que France nous nous devons d'être généreux.... :content12

Re: RSA, APL, CMU... : ces aides dont bénéficient les migrants

Posté : 17 septembre 2015 10:47
par crepenutella
http://www.liberation.fr/desintox/2015/ ... zy_1383796. Article intéressant remettant les choses a leur places.

Re: RSA, APL, CMU... : ces aides dont bénéficient les migrants

Posté : 17 septembre 2015 10:59
par Lion blanc
Fonck1 a écrit : Hollande avait besoin de faire mieux que sarkozy sur la dette,il est en passe de le dépasser.... :mdr3:
l’insurrection n'est plus très loin....
C'est qu'ils n'ont pas eu de chance tout les deux.
Sarko s'est pris la crise financière de 2008 en pleine poire, et Hollande se tape les migrants..
Les aléas, mon vieux, les aléas... :content79

Re: RSA, APL, CMU... : ces aides dont bénéficient les migrants

Posté : 17 septembre 2015 11:09
par Jarod1
D'un côté, Kelenner a raison, si tu les accueilles, c'est pas pour les regarder crever devant toi, vu qu'à mon avis, et quoi qu'en dise sur la chance de la France, l'immense majorité de ces malheureux est inemployable chez nous, où le travail est comme vous le savez au surplus, assez rare.

La question est davantage politique, et largement avancée à droite et à gauche, cet argent, sans doute sous-estimé mais je fais un procès d'intention, ne devrait-il pas aller aux citoyens français ?

Evidemment, ça semble tout bonus pour Marine, mais n'y voyons aucune manœuvre, nous ferions, là aussi, un procès d'intention...

Re: RSA, APL, CMU... : ces aides dont bénéficient les migrants

Posté : 17 septembre 2015 11:13
par Lion blanc
Jarod1 a écrit : D'un côté, Kelenner a raison, si tu les accueilles, c'est pas pour les regarder crever devant toi, vu qu'à mon avis, et quoi qu'en dise sur la chance de la France, l'immense majorité de ces malheureux est inemployable chez nous, où le travail est comme vous le savez au surplus, assez rare.

La question est davantage politique, et largement avancée à droite et à gauche, cet argent, sans doute sous-estimé mais je fais un procès d'intention, ne devrait-il pas aller aux citoyens français ?

Evidemment, ça semble tout bonus pour Marine, mais n'y voyons aucune manœuvre, nous ferions, là aussi, un procès d'intention...
Moi, je serais très curieux de savoir ce qu'aurait fait marine si elle était aux affaires aujourd'hui même.. :content79

Re: RSA, APL, CMU... : ces aides dont bénéficient les migrants

Posté : 17 septembre 2015 13:51
par scorpion3917
Système très généreux à l'endroit des réfugiés. Mais le fait de les laisser développer certaines pathologies ne serait il pas plus couteux puisque de toute façon, ils seront soignés ? C'est ce qu'on appelle les effets pervers de l'hospitalité. Si on ouvre les portes, il faut en assumer les conséquences.

Re: RSA, APL, CMU... : ces aides dont bénéficient les migrants

Posté : 17 septembre 2015 14:28
par gemmill
c'est un nouvel impot "déguisé".
allez , payez bande de c... :twisted: :twisted:

Re: RSA, APL, CMU... : ces aides dont bénéficient les migrants

Posté : 17 septembre 2015 17:49
par Kelenner
Jarod1 a écrit : D'un côté, Kelenner a raison, si tu les accueilles, c'est pas pour les regarder crever devant toi, vu qu'à mon avis, et quoi qu'en dise sur la chance de la France, l'immense majorité de ces malheureux est inemployable chez nous, où le travail est comme vous le savez au surplus, assez rare.

La question est davantage politique, et largement avancée à droite et à gauche, cet argent, sans doute sous-estimé mais je fais un procès d'intention, ne devrait-il pas aller aux citoyens français ?

Evidemment, ça semble tout bonus pour Marine, mais n'y voyons aucune manœuvre, nous ferions, là aussi, un procès d'intention...
La question de l'argent est un peu du foutage de gueule car honnêtement, 800 millions (allez, mettons un peu plus en admettant que le chiffre soit sous-évalué) pour aider des gens à survivre c'est vraiment rien du tout pour un pays comme la France. Ca n'a vraiment rien de "généreux", d'autant qu'une bonne partie sera récupérée directement par ce que les réfugiés consommeront. Faux problème, vraiment. Comme je l'ai dit plus haut c'est à peine le tiers de ce qu'on déversait dans les poches des restaurateurs juste pour s'assurer quelques votes aux élections, donc bon.

Il faut mettre cela en relation avec ce que coûterait, au sens propre comme au sens figuré, le fait de ne rien faire. Ca ne tarirait pas le flux des migrants, bien entendu. On aurait donc des gens qui traîneraient des les rues, seraient contraints de voler et pourraient même répandre des épidémies. Politiquement et financièrement, on en aurait pour bien plus cher à gérer un tel bordel. Donc il faut mieux faire râler quelques aigris et choisir la solution la plus acceptable, économiquement comme humainement.