Macron et les fonctionnaires
Posté : 18 septembre 2015 18:59
Invité ce vendredi matin du think tank de gauche En temps réel, le ministre de l’Economie a jugé que ce statut des fonctionnaires n’est « plus adapté au monde tel qu’il va » et « surtout n’est plus justifiable ».
Emmanuel Macron prend visiblement un malin plaisir à s’attaquer aux totems de la gauche. Après sa bombe sur les 35 heures lâchée fin août lors de l’université d’été du Medef, le ministre de l’Economie s’en est pris ce vendredi au statut de la fonction publique. Invité du think tank de gauche En temps réel, il a jugé que le statut des fonctionnaires n’est « plus adapté au monde tel qu’il va » et « surtout n’est plus justifiable compte tenu des missions ».
Et le ministre de l’Economie d’enfoncer le clou : « on va progressivement entrer dans une zone - on y est déjà d’ailleurs-, où la justification d’avoir un emploi à vie garanti sur des missions qui ne le justifient plus sera de moins en moins défendable ». Avant de faire un pas de plus : « Je ne sais pas justifier que quelqu’un qui travaille dans la cybersécurité dans une PME soit un contractuel en CDD et que quelqu’un qui travaille, par exemple, dans mon ministère dans le développement économique doit être un fonctionnaire. Il n’y a plus de justification fonctionnelle à cela ».
« Un levier de changement »
Interrogé sur la réforme de l’Etat, le ministre de l’Economie a estimé que la gauche devait ouvrir ce débat sur le statut de la fonction publique pour continuer à réduire la dépense publique au-delà du plan de 50 milliards programmés d’ici à 2017 : « Nous devons mener cette réflexion car elle est un levier de changement ». « Cela certainement serait très compliqué de traiter du stock [des fonctionnaires, NDLR] mais en flux il faut conduire cette réflexion ». Une façon de faire serait, par exemple, de ne pas remplacer tous les fonctionnaires partant à la retraite (ce qui est de facto déjà le cas dans les ministères non prioritaires).
Un sujet pour le moins explosif ! Le ministre suggère de mener le débat, «non pas en stigmatisant celles et ceux qui travaillent dans le service public mais en menant les choses de manière moderne et en construisant notre propre pensée. Sinon la première chose qu’on nous dira, c’est ce que sont des idées de la droite. Je ne crois pas, non… ».
Aller plus loin
Intervenant plus tard lors d’une rencontre au siège de l’OCDE, Emmanuel Macron a estimé plus globalement qu’il serait très difficile de réduire davantage les dépenses publiques sans s’interroger sur les missions de l’Etat français. Si le plan de 50 milliards d’euros d’économies prévus sur 2015-2017 met la France sur la « bonne trajectoire », ramener le taux de dépenses de « 53%, 53,5% » en 2017 à 50%, « c’est plus difficile parce que les réformes paramétriques que nous sommes en train de conduire (...), on est quasiment au bout ».
Le prochain quinquennat nécessitera donc d’aller plus loin, non seulement sur « les réformes structurelles dans la sphère sociale » mais aussi sur la place de l’Etat lui-même. « Sur la sphère étatique, il faut s’interroger sur les missions de manière plus transparente. »
Emmanuel Macron prend visiblement un malin plaisir à s’attaquer aux totems de la gauche. Après sa bombe sur les 35 heures lâchée fin août lors de l’université d’été du Medef, le ministre de l’Economie s’en est pris ce vendredi au statut de la fonction publique. Invité du think tank de gauche En temps réel, il a jugé que le statut des fonctionnaires n’est « plus adapté au monde tel qu’il va » et « surtout n’est plus justifiable compte tenu des missions ».
Et le ministre de l’Economie d’enfoncer le clou : « on va progressivement entrer dans une zone - on y est déjà d’ailleurs-, où la justification d’avoir un emploi à vie garanti sur des missions qui ne le justifient plus sera de moins en moins défendable ». Avant de faire un pas de plus : « Je ne sais pas justifier que quelqu’un qui travaille dans la cybersécurité dans une PME soit un contractuel en CDD et que quelqu’un qui travaille, par exemple, dans mon ministère dans le développement économique doit être un fonctionnaire. Il n’y a plus de justification fonctionnelle à cela ».
« Un levier de changement »
Interrogé sur la réforme de l’Etat, le ministre de l’Economie a estimé que la gauche devait ouvrir ce débat sur le statut de la fonction publique pour continuer à réduire la dépense publique au-delà du plan de 50 milliards programmés d’ici à 2017 : « Nous devons mener cette réflexion car elle est un levier de changement ». « Cela certainement serait très compliqué de traiter du stock [des fonctionnaires, NDLR] mais en flux il faut conduire cette réflexion ». Une façon de faire serait, par exemple, de ne pas remplacer tous les fonctionnaires partant à la retraite (ce qui est de facto déjà le cas dans les ministères non prioritaires).
Un sujet pour le moins explosif ! Le ministre suggère de mener le débat, «non pas en stigmatisant celles et ceux qui travaillent dans le service public mais en menant les choses de manière moderne et en construisant notre propre pensée. Sinon la première chose qu’on nous dira, c’est ce que sont des idées de la droite. Je ne crois pas, non… ».
Aller plus loin
Intervenant plus tard lors d’une rencontre au siège de l’OCDE, Emmanuel Macron a estimé plus globalement qu’il serait très difficile de réduire davantage les dépenses publiques sans s’interroger sur les missions de l’Etat français. Si le plan de 50 milliards d’euros d’économies prévus sur 2015-2017 met la France sur la « bonne trajectoire », ramener le taux de dépenses de « 53%, 53,5% » en 2017 à 50%, « c’est plus difficile parce que les réformes paramétriques que nous sommes en train de conduire (...), on est quasiment au bout ».
Le prochain quinquennat nécessitera donc d’aller plus loin, non seulement sur « les réformes structurelles dans la sphère sociale » mais aussi sur la place de l’Etat lui-même. « Sur la sphère étatique, il faut s’interroger sur les missions de manière plus transparente. »