Banlieues et musulmans , cible du vote FN en Ile-de-France
Posté : 09 octobre 2015 18:57
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PARIS (Reuters) - Wallerand de Saint-Just, chef de file du Front national en Ile-de-France, mise notamment sur une progression du vote FN dans les banlieues, en particulier chez les Français de confession musulmane, pour compenser sa faible implantation à Paris.
Quelque peu éclipsé par le duel entre la candidate des Républicains Valérie Pécresse et le socialiste Claude Bartolone, le candidat frontiste, jusque-là peu connu des Franciliens, ne cesse de gagner du terrain au fil des sondages.
Dans une enquête Odoxa publiée au début du mois, sa liste est créditée de 20% des intentions de vote au premier tour, derrière celles de Claude Bartolone (24%) et de Valérie Pécresse (34%), mais deux fois plus qu'aux régionales de 2010 (9,29%).
Le parti de Marine Le Pen a obtenu 17,5% en Ile-de-France aux européennes de 2014 et 6,5% aux municipales de 2014 à Paris.
"Plus on s'éloigne de Paris, meilleur c'est pour nous", dit à Reuters Wallerand de Saint-Just, qui reproche à l'ancien maire PS Bertrand Delanoë d'avoir "transformé la sociologie parisienne", la capitale ayant perdu ses classes populaires.
Pour élargir sa base électorale, le FN compte s'adresser aux habitants des 203 zones urbaines sensibles de la région parisienne, en particulier à ceux de confession musulmane, en profitant d'une distribution spéciale par la poste.
"Le vote de nos compatriotes de confession musulmane nous intéresse. Il y aura un mot pour eux. On va leur dire qu'ils sont autant français que les autres et qu'ils doivent respecter les règles de la laïcité", explique Wallerand de Saint-Just.
Le FN dit avoir constaté ces dernières années une progression du vote des Français musulmans en sa faveur, sans doute parce qu'ils partagent les mêmes craintes que d'autres électeurs en matière d'insécurité, d'emploi, et partagent ses positions sur les questions de société.
"UNE POSTURE MARKETING"
"Nous avons atteint 49% au second tour aux départementales à Montfermeil", ville sensible de Seine-Saint-Denis, souligne Wallerand de Saint-Just, qui veut déconstruire le mythe que le FN et les banlieues sont incompatibles.
Pour cet ancien avocat, le FN a toujours tenu "un équilibre complet" à l'égard du monde musulman en dépit de ses positions jugées extrêmes par ses adversaires sur l'immigration.
"C'est vieux comme problématique. Mais nous voudrions apporter des éléments de solution", dit-il. "On parle d'assimilation. Ceux qui acquièrent la nationalité française, dans le temps, ne seront heureux que lorsqu'ils auront adopté le plus possible les us et coutumes françaises."
Gaël Slimane, président de l'institut Odoxa, voit cependant dans la démarche du FN une "posture marketing".
"Qu'ils puisent dire qu'ils iront chercher le vote des musulmans, c'est une manière de dire qu'ils n'ont rien de xénophobe ou de raciste", dit-il à Reuters.
"Si l'on se réfère aux données électorales et aux enquêtes Cevipof (Centre de recherches politiques de Sciences Po-NDLR), notamment aux deux dernières présidentielles, ce n'est pas vraiment une zone de force sociologique pour le FN, ni les populations d'origine musulmane, ni les banlieues", ajoute-t-il.
Gaël Slimane souligne que le FN réalise de très bons scores dans les territoires ruraux et péri-urbains, à 30 ou 40 kilomètres des grands centres urbains, "auprès de catégories de populations qui se sentent déclassées".
PARIS (Reuters) - Wallerand de Saint-Just, chef de file du Front national en Ile-de-France, mise notamment sur une progression du vote FN dans les banlieues, en particulier chez les Français de confession musulmane, pour compenser sa faible implantation à Paris.
Quelque peu éclipsé par le duel entre la candidate des Républicains Valérie Pécresse et le socialiste Claude Bartolone, le candidat frontiste, jusque-là peu connu des Franciliens, ne cesse de gagner du terrain au fil des sondages.
Dans une enquête Odoxa publiée au début du mois, sa liste est créditée de 20% des intentions de vote au premier tour, derrière celles de Claude Bartolone (24%) et de Valérie Pécresse (34%), mais deux fois plus qu'aux régionales de 2010 (9,29%).
Le parti de Marine Le Pen a obtenu 17,5% en Ile-de-France aux européennes de 2014 et 6,5% aux municipales de 2014 à Paris.
"Plus on s'éloigne de Paris, meilleur c'est pour nous", dit à Reuters Wallerand de Saint-Just, qui reproche à l'ancien maire PS Bertrand Delanoë d'avoir "transformé la sociologie parisienne", la capitale ayant perdu ses classes populaires.
Pour élargir sa base électorale, le FN compte s'adresser aux habitants des 203 zones urbaines sensibles de la région parisienne, en particulier à ceux de confession musulmane, en profitant d'une distribution spéciale par la poste.
"Le vote de nos compatriotes de confession musulmane nous intéresse. Il y aura un mot pour eux. On va leur dire qu'ils sont autant français que les autres et qu'ils doivent respecter les règles de la laïcité", explique Wallerand de Saint-Just.
Le FN dit avoir constaté ces dernières années une progression du vote des Français musulmans en sa faveur, sans doute parce qu'ils partagent les mêmes craintes que d'autres électeurs en matière d'insécurité, d'emploi, et partagent ses positions sur les questions de société.
"UNE POSTURE MARKETING"
"Nous avons atteint 49% au second tour aux départementales à Montfermeil", ville sensible de Seine-Saint-Denis, souligne Wallerand de Saint-Just, qui veut déconstruire le mythe que le FN et les banlieues sont incompatibles.
Pour cet ancien avocat, le FN a toujours tenu "un équilibre complet" à l'égard du monde musulman en dépit de ses positions jugées extrêmes par ses adversaires sur l'immigration.
"C'est vieux comme problématique. Mais nous voudrions apporter des éléments de solution", dit-il. "On parle d'assimilation. Ceux qui acquièrent la nationalité française, dans le temps, ne seront heureux que lorsqu'ils auront adopté le plus possible les us et coutumes françaises."
Gaël Slimane, président de l'institut Odoxa, voit cependant dans la démarche du FN une "posture marketing".
"Qu'ils puisent dire qu'ils iront chercher le vote des musulmans, c'est une manière de dire qu'ils n'ont rien de xénophobe ou de raciste", dit-il à Reuters.
"Si l'on se réfère aux données électorales et aux enquêtes Cevipof (Centre de recherches politiques de Sciences Po-NDLR), notamment aux deux dernières présidentielles, ce n'est pas vraiment une zone de force sociologique pour le FN, ni les populations d'origine musulmane, ni les banlieues", ajoute-t-il.
Gaël Slimane souligne que le FN réalise de très bons scores dans les territoires ruraux et péri-urbains, à 30 ou 40 kilomètres des grands centres urbains, "auprès de catégories de populations qui se sentent déclassées".