Turquie : arrestation d'une Française solidaire des migrants
Posté : 22 octobre 2015 13:56
Turquie : arrestation d'une Française solidaire des migrants
INQUIETUDE - Une jeune Française a été arrêtée à Istanbul lundi alors qu'elle marchait par solidarité avec des réfugiés syriens. La presse locale l'accuse d'avoir incité les migrants à l'émeute. Certains vont jusqu'à la décrire comme une espionne française. Contactée par metronews, sa famille nous confie son inquiétude.
L'histoire aurait pu faire sourire Margaux si sa grande sœur n'était pas toujours emprisonnée en Turquie après son arrestation. C'était il y a cinq jours, à Istanbul, au cours d'un rassemblement de soutien aux réfugiés syriens. Charlotte Lecaille est embarquée par la police et emprisonnée. Depuis, cette jeune Valenciennoise de 28 ans fait les gros titres de la presse turque qui la décrit, pêle-mêle, comme "une espionne française", "une anarchiste", "membre d'un groupuscule politique" visant à "provoquer des émeutes" et à "déstabiliser le pouvoir" ou incitant "les migrants à passer les frontières".
"C'est tellement risible et fou de lire ça. Mais c'est aussi très inquiétant. On ne sait pas pourquoi ils dressent un tel portrait d'elle", nous explique Margaux Lecaille jointe par téléphone. Sa sœur, de huit ans son aînée, s'est installée il y a trois ans à Istanbul, ville dont elle est "tombée amoureuse". Jeune professeur en langue étrangère, elle "voulait y ouvrir une école linguistique pour donner des cours de français. Toute sa vie était là-bas", raconte Margaux. Charlotte s'intéresse à la ville, à son histoire, à ses migrants de passage qui tentent de rallier l'eldorado européen. Mais lundi, la romance turque a viré au mauvais polar.
Protection consulaire
Avec Nora, une amie allemande, et trois Syriens, Charlotte se rend à la gare routière d’Esenler, comme l'avait relaté France 3 Nord-Pas-de-Calais qui a révélé l'affaire. "Elle était là par solidarité avec les réfugiés. On leur interdisait d'acheter des billets de bus, alors ils ont décidé de partir à pied", poursuit la petite sœur. Direction Edirne, la frontière bulgare. Mais pour les médias locaux, citant des sources anonymes, les cinq étrangers interpellés auraient "provoqué" et "incité les réfugiés à contourner les restrictions" à la barbe des policiers turcs. Un récit ubuesque pour la famille Lecaille qui assure que "la police a tout simplement ordonné à Charlotte de se mettre de côté avec les reporters". Ce qu'elle aurait fait tout en continuant à marcher. "Au cours d'un mouvement de foule, une petite Syrienne est tombée à terre. Elle a voulu l'aider, la porter, et elle a été embarquée avec tout le monde", relate Margaux. La jeune Française a depuis été transférée dans le centre de détention de Kumkapi.
Sollicité par metronews, le Quai d'Orsay a simplement confirmé son arrestation, assurant que le "Consulat général à Istanbul a pu la contacter et exercer la protection consulaire. Elle est défendue par des avocats". Pour l'heure, personne ne sait ce qui lui est réellement reproché. "C'est une personne qui aime aider, elle a toujours fait partie de mouvements spontanés de solidarité. Mais ce n'est certainement pas celle que la presse veut décrire", clame Margaux, inquiète pour sa sœur qu'elle a pu joindre ce vendredi matin. "Elle garde le moral. Elle est détenue dans de bonnes conditions, avec de nombreuses personnes, notamment des migrants, tous très solidaires". A Querenaing, village d'origine de Charlotte Lecaille, sa famille devrait distribuer dimanche des photos d'elle sur lesquelles on pourra lire : "La solidarité n'est pas un crime".
INQUIETUDE - Une jeune Française a été arrêtée à Istanbul lundi alors qu'elle marchait par solidarité avec des réfugiés syriens. La presse locale l'accuse d'avoir incité les migrants à l'émeute. Certains vont jusqu'à la décrire comme une espionne française. Contactée par metronews, sa famille nous confie son inquiétude.
L'histoire aurait pu faire sourire Margaux si sa grande sœur n'était pas toujours emprisonnée en Turquie après son arrestation. C'était il y a cinq jours, à Istanbul, au cours d'un rassemblement de soutien aux réfugiés syriens. Charlotte Lecaille est embarquée par la police et emprisonnée. Depuis, cette jeune Valenciennoise de 28 ans fait les gros titres de la presse turque qui la décrit, pêle-mêle, comme "une espionne française", "une anarchiste", "membre d'un groupuscule politique" visant à "provoquer des émeutes" et à "déstabiliser le pouvoir" ou incitant "les migrants à passer les frontières".
"C'est tellement risible et fou de lire ça. Mais c'est aussi très inquiétant. On ne sait pas pourquoi ils dressent un tel portrait d'elle", nous explique Margaux Lecaille jointe par téléphone. Sa sœur, de huit ans son aînée, s'est installée il y a trois ans à Istanbul, ville dont elle est "tombée amoureuse". Jeune professeur en langue étrangère, elle "voulait y ouvrir une école linguistique pour donner des cours de français. Toute sa vie était là-bas", raconte Margaux. Charlotte s'intéresse à la ville, à son histoire, à ses migrants de passage qui tentent de rallier l'eldorado européen. Mais lundi, la romance turque a viré au mauvais polar.
Protection consulaire
Avec Nora, une amie allemande, et trois Syriens, Charlotte se rend à la gare routière d’Esenler, comme l'avait relaté France 3 Nord-Pas-de-Calais qui a révélé l'affaire. "Elle était là par solidarité avec les réfugiés. On leur interdisait d'acheter des billets de bus, alors ils ont décidé de partir à pied", poursuit la petite sœur. Direction Edirne, la frontière bulgare. Mais pour les médias locaux, citant des sources anonymes, les cinq étrangers interpellés auraient "provoqué" et "incité les réfugiés à contourner les restrictions" à la barbe des policiers turcs. Un récit ubuesque pour la famille Lecaille qui assure que "la police a tout simplement ordonné à Charlotte de se mettre de côté avec les reporters". Ce qu'elle aurait fait tout en continuant à marcher. "Au cours d'un mouvement de foule, une petite Syrienne est tombée à terre. Elle a voulu l'aider, la porter, et elle a été embarquée avec tout le monde", relate Margaux. La jeune Française a depuis été transférée dans le centre de détention de Kumkapi.
Sollicité par metronews, le Quai d'Orsay a simplement confirmé son arrestation, assurant que le "Consulat général à Istanbul a pu la contacter et exercer la protection consulaire. Elle est défendue par des avocats". Pour l'heure, personne ne sait ce qui lui est réellement reproché. "C'est une personne qui aime aider, elle a toujours fait partie de mouvements spontanés de solidarité. Mais ce n'est certainement pas celle que la presse veut décrire", clame Margaux, inquiète pour sa sœur qu'elle a pu joindre ce vendredi matin. "Elle garde le moral. Elle est détenue dans de bonnes conditions, avec de nombreuses personnes, notamment des migrants, tous très solidaires". A Querenaing, village d'origine de Charlotte Lecaille, sa famille devrait distribuer dimanche des photos d'elle sur lesquelles on pourra lire : "La solidarité n'est pas un crime".