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@rrêt sur image, les soutenir pour la liberté d'expression ?

Posté : 08 novembre 2015 19:36
par Sov Strochnis
Qu’est-ce qui nous arrive ? C’est une longue histoire.

Quand nous avons créé le site @rrêt sur images en 2007 – suite à sa déprogrammation de France 5 –, nous étions face à un dilemme. Quel taux deTVA devions-nous appliquer ? La presse écrite bénéficiait d’une TVA réduite à 2,1%. Oui, cette presse aux mains de milliardaires, financée par la publicité, qui engrange les aides d’Etat ou, aujourd'hui, du fonds Google. Mais la loi disait également : 20% pour les sites Internet.

Uniquement financé par l'abonnement, notre site est totalement indépendant : aucun fonds de pension, aucune marque, aucun actionnaire, aucun bâtisseur d’empire des télécoms, aucun marchand d’armes, aucune banque ne nous épaulent. Les seuls qui peuvent nous acheter sont nos lecteurs, comme disent nos collègues de Mediapart (qui nous pardonneront cet emprunt gracieux). Il nous semblait donc injuste d’être davantage imposés que les journaux traditionnels. D’autant que nous avons rapidement fait ce constat : avec un taux de TVA à 20%, notre site n’était pas viable. Ou alors avec un abonnement très cher. Or nous voulions toucher le plus large public possible, sans nous couper des internautes étudiants, ou précaires.

Nous avons donc lancé le site avec un tarif d'abonnement ridiculement bas, assorti du taux de TVA minimum. Nous avons prévenu l’administration fiscale. Laquelle n’a pas réagi pendant plusieurs années. Avant d'entreprendre de nous contrôler, puis de nous redresser. Entre temps, ironie de l’histoire, le gouvernement nous a donné raison en alignant en 2014 tous les titres de presse sur le même taux réduit. Mais l’administration a maintenu ses poursuites contre nous. Nous nous sommes battus. Nous avons perdu. Le fisc nous réclame 540 000 euros.


Un gros trou à combler

Pas -trop- fous, nous avions anticipé ce remboursement. Nous avons économisé, année après année. Mais nous n'avons pas eu le temps de réunir 540 000 euros. Alors on peut toujours faire les fonds de tiroirs. Mais depuis le début de notre contentieux avec le fisc, nous nous serrons la ceinture. Depuis tout ce temps, nous renonçons à investir dans du matériel pour filmer nos émissions en haute définition – et beaucoup de nos abonnés nous font remarquer que nos vidéos ne sont pas au niveau technique de n’importe quelle vidéo de Youtubeur d'aujourd'hui. Ce n’est pas faux. On ne vous parle même pas des emplois. Notre équipe est au taquet. Ceux qui nous lisent le savent.

On pourrait aussi faire de l’œil à un milliardaire attendri. Après tout, qu’est-ce que quelques centaines de milliers d'euros pour lui ? Pour nous, c’est énorme. Mais encore plus énorme est notre attachement à notre indépendance. On se refuse à solliciter un investisseur. On se refuse aussi à dépendre d’une banque en demandant un prêt. Notre modèle est sain, nous tenons à le garder.
http://fr.ulule.com/arretsurimages/

Qu'en pensez-vous ?

Re: @rrêt sur image, les soutenir pour la liberté d'expression ?

Posté : 08 novembre 2015 20:13
par Kelenner
Ils ont eu raison, et peut-être que leur démarche a pu inciter le gouvernement à modifier la loi. Les journalistes établis, aux ordres des milliardaires proches du pouvoir, jouissent de privilèges exorbitants. Les rares indépendants doivent se débrouiller seuls. Il faut les soutenir.

Re: @rrêt sur image, les soutenir pour la liberté d'expression ?

Posté : 08 novembre 2015 20:22
par PascalL
C'est clair qu'il faut les soutenir!
j'ai cru comprendre que Médipart était dans la même galère.

sans Médiapart pas d'affaire Betancourt, pas de Cahuzac mais aussi les écoutes de l'Élise avec Mitterrand !

un presse libre loin de ces traines savates à la remorques du pouvoir...

Re: @rrêt sur image, les soutenir pour la liberté d'expression ?

Posté : 08 novembre 2015 21:39
par Fonck1
bof les français se foutent de la démocratie,pourquoi se foutrait ils moins des journalistes?

Re: @rrêt sur image, les soutenir pour la liberté d'expression ?

Posté : 08 novembre 2015 23:16
par Oxydent
1 milliard d´euros pour la Presse !

Ne vous étonnez plus que la Presse soit aux ordres de l´UMPS, elle est payée pour ca .
En 2013, les seules aides directes prévues pour la Presse au titre de la loi de finances représentent 516 M€. Rapporté au 40 000 journalistes encartés, cela représente plus de 10 000 € par tête de pipe.
Selon Michel Françaix une grande partie de l'argent public versé à la presse est mal employé. Comme un emplâtre sur une jambe de bois, il sert à renflouer des médias condamnés à mort par l'évolution technologique sans assurer la relève du secteur.
Parmi les mauvais exemples d'acharnement thérapeutique, le député cite notamment les 50 centimes versés à France Soir pour chaque numéro vendu ou les béquilles financières fournies au groupe Hersant pour éviter la conflagration.
Le tout sans résultat autre que de faire des trous dans le bas de laine des finances publiques puisque l'un comme l'autre ont basculé dans les oubliettes de la petite histoire médiatique.
Tous les medias se bousculent au guichet quand il s'agit d'empocher des euros. En 2011, ce sont Le Monde (15 millions), Le Figaro (14,5 millions) et Ouest France (14 millions) qui ont perçu les plus gros chèques.
L'Humanité a empoché plus de 3 millions d'euros au titre de l'aide à la pluralité, La Croix (2,94 millions) et Libération (2,87 millions).
De son côté, Le Petit Quotidien (4 pages destiné aux enfants à partir de cinq ans pour que chaque jour, du lundi au samedi inclus, « votre enfant prenne la bonne habitude de la lecture quotidienne ») a profité de plus de 2,5 millions de subventions.
Plus d'un milliard d'aides au total
Ces aides directes ne prennent pas en compte le super taux de TVA réduit à 2,1%, pour la presse papier, ni les aides postales, ni les aides au développement du portage, ni « l'enveloppe » SNCF, ni celle données aux diffuseurs...
Au final, aides directes + aides indirectes dépassent le milliard d'euros.

Re: @rrêt sur image, les soutenir pour la liberté d'expression ?

Posté : 08 novembre 2015 23:18
par Fonck1
ça c'est vrai,supprimons la presse,prenons la presse d'état,la seule,la meilleure.
si en plus elle peut être du parti qui gouverne,ce ne sera que mieux.
demain,la presse FNiste.
aujourdhui,la presse umpiste, ou psinste.

on s'en fout.

perso,je ne la lis pas.

comme TOUS leurs programmes,je me torche le cul avec.

au mieux,j'allume ma cheminée afin d'éviter des frais de gaz.

Re: @rrêt sur image, les soutenir pour la liberté d'expression ?

Posté : 08 novembre 2015 23:22
par Oxydent
Chaque jour, que vous le vouliez ou non, que vous les lisiez ou pas, vous financez quotidiens et magazines. Et pas qu'un peu. Cinq milliards d'euros pour la période 2009-2011 selon la Cour des comptes ! Avec l'efficacité que l'on sait. Et tout ça pour des journaux dont un bon nombre ne cessent de fustiger les assistés, les professionnels de la main tendue, l'interventionnisme de l'État... Enfin, pour les autres, pas pour eux.
Qui s'en met le plus dans la poche ? Toujours selon la Cour des Comptes, Le Monde est premier toutes catégories avec 18,4 millions d'euros d'aides, directes et indirectes, de l'État sur la même période, suivi par Le Figaro (17,2 millions). Si l'on prend en compte le nombre d'exemplaires diffusés, le hit parade est différent : en tête, L'Humanité avec 48 centimes d'aide de l'État par numéro, puis La Croix (32 centimes) et Télérama (29 centimes), à égalité avec Le Nouvel Observateur.
Des chiffres, vous vous en doutez, que nos chers patrons de presse, adeptes par ailleurs de la transparence, n'ont guère de goût à rendre publics. C'est d'ailleurs la première fois qu'on en dispose... Ce qui conduit la Cour des comptes à suggérer au gouvernement de publier, chaque année, le montant des aides accordées à chaque titre. Il serait temps !
Des chiffres qui disent à eux seuls, mieux qu'une démonstration à la Bourdieu, les liens entre le petit monde de la politique et les médias. La défense du pluralisme a bon dos qui cache un système tout à fait inimaginable dans bien des pays. La « grande » presse est sous perfusion étatique. Et, au fond, ne s'en plaint pas : il est quand même plus facile de tendre la sébile que de s'interroger sur la désaffection de ses lecteurs. Faut-il rappeler que 74 % des Français pensent que les journalistes sont « coupés des réalités et ne parlent pas des vrais problèmes des Français » ?
Ajoutez a cela les incroyables avantages fiscaux accordés aux journalistes et vous comprendrez pourquoi la France a une presse aux ordres du Pouvoir , qu´il soit de droite ou de gauche .
Dans une Republique bananiére ou chez Poutine, les " démocrates " parleraient d´une presse corrompue ou achetée par le pouvoir ...

Re: @rrêt sur image, les soutenir pour la liberté d'expression ?

Posté : 08 novembre 2015 23:35
par Fonck1
Oxydent a écrit : Chaque jour, que vous le vouliez ou non, que vous les lisiez ou pas, vous financez quotidiens et magazines. Et pas qu'un peu. Cinq milliards d'euros pour la période 2009-2011 selon la Cour des comptes ! Avec l'efficacité que l'on sait. Et tout ça pour des journaux dont un bon nombre ne cessent de fustiger les assistés, les professionnels de la main tendue, l'interventionnisme de l'État... Enfin, pour les autres, pas pour eux.
Qui s'en met le plus dans la poche ? Toujours selon la Cour des Comptes, Le Monde est premier toutes catégories avec 18,4 millions d'euros d'aides, directes et indirectes, de l'État sur la même période, suivi par Le Figaro (17,2 millions). Si l'on prend en compte le nombre d'exemplaires diffusés, le hit parade est différent : en tête, L'Humanité avec 48 centimes d'aide de l'État par numéro, puis La Croix (32 centimes) et Télérama (29 centimes), à égalité avec Le Nouvel Observateur.
Des chiffres, vous vous en doutez, que nos chers patrons de presse, adeptes par ailleurs de la transparence, n'ont guère de goût à rendre publics. C'est d'ailleurs la première fois qu'on en dispose... Ce qui conduit la Cour des comptes à suggérer au gouvernement de publier, chaque année, le montant des aides accordées à chaque titre. Il serait temps !
Des chiffres qui disent à eux seuls, mieux qu'une démonstration à la Bourdieu, les liens entre le petit monde de la politique et les médias. La défense du pluralisme a bon dos qui cache un système tout à fait inimaginable dans bien des pays. La « grande » presse est sous perfusion étatique. Et, au fond, ne s'en plaint pas : il est quand même plus facile de tendre la sébile que de s'interroger sur la désaffection de ses lecteurs. Faut-il rappeler que 74 % des Français pensent que les journalistes sont « coupés des réalités et ne parlent pas des vrais problèmes des Français » ?
Ajoutez a cela les incroyables avantages fiscaux accordés aux journalistes et vous comprendrez pourquoi la France a une presse aux ordres du Pouvoir , qu´il soit de droite ou de gauche .
Dans une Republique bananiére ou chez Poutine, les " démocrates " parleraient d´une presse corrompue ou achetée par le pouvoir ...
oui,je finance aussi ces cons de patrons qui se gavent, je finance aussi les fonctionnaires qui servent à rien,je finance aussi les débordements de la sécu,je finance,comme tout le monde,TOUT.

arrêtez de vous plaindre.

vous préfèreriez vivre dans un monde ou l'état n'existe pas et votre seule ressource serait un poisson inexistant cause de pollution et un bol de riz?

franchement,au lieu de regarder le bol a moitié vide,regardez celui a moitié plein.

les français gueulards privilégiés me fatiguent,vous faites partie de la population mondiale la lus privilégiée de toute.

Re: @rrêt sur image, les soutenir pour la liberté d'expression ?

Posté : 09 novembre 2015 05:59
par Crapulax
Sov Strochnis a écrit :
Qu’est-ce qui nous arrive ? C’est une longue histoire.

Quand nous avons créé le site @rrêt sur images en 2007 – suite à sa déprogrammation de France 5 –, nous étions face à un dilemme. Quel taux deTVA devions-nous appliquer ? La presse écrite bénéficiait d’une TVA réduite à 2,1%. Oui, cette presse aux mains de milliardaires, financée par la publicité, qui engrange les aides d’Etat ou, aujourd'hui, du fonds Google. Mais la loi disait également : 20% pour les sites Internet.

Uniquement financé par l'abonnement, notre site est totalement indépendant : aucun fonds de pension, aucune marque, aucun actionnaire, aucun bâtisseur d’empire des télécoms, aucun marchand d’armes, aucune banque ne nous épaulent. Les seuls qui peuvent nous acheter sont nos lecteurs, comme disent nos collègues de Mediapart (qui nous pardonneront cet emprunt gracieux). Il nous semblait donc injuste d’être davantage imposés que les journaux traditionnels. D’autant que nous avons rapidement fait ce constat : avec un taux de TVA à 20%, notre site n’était pas viable. Ou alors avec un abonnement très cher. Or nous voulions toucher le plus large public possible, sans nous couper des internautes étudiants, ou précaires.

Nous avons donc lancé le site avec un tarif d'abonnement ridiculement bas, assorti du taux de TVA minimum. Nous avons prévenu l’administration fiscale. Laquelle n’a pas réagi pendant plusieurs années. Avant d'entreprendre de nous contrôler, puis de nous redresser. Entre temps, ironie de l’histoire, le gouvernement nous a donné raison en alignant en 2014 tous les titres de presse sur le même taux réduit. Mais l’administration a maintenu ses poursuites contre nous. Nous nous sommes battus. Nous avons perdu. Le fisc nous réclame 540 000 euros.


Un gros trou à combler

Pas -trop- fous, nous avions anticipé ce remboursement. Nous avons économisé, année après année. Mais nous n'avons pas eu le temps de réunir 540 000 euros. Alors on peut toujours faire les fonds de tiroirs. Mais depuis le début de notre contentieux avec le fisc, nous nous serrons la ceinture. Depuis tout ce temps, nous renonçons à investir dans du matériel pour filmer nos émissions en haute définition – et beaucoup de nos abonnés nous font remarquer que nos vidéos ne sont pas au niveau technique de n’importe quelle vidéo de Youtubeur d'aujourd'hui. Ce n’est pas faux. On ne vous parle même pas des emplois. Notre équipe est au taquet. Ceux qui nous lisent le savent.

On pourrait aussi faire de l’œil à un milliardaire attendri. Après tout, qu’est-ce que quelques centaines de milliers d'euros pour lui ? Pour nous, c’est énorme. Mais encore plus énorme est notre attachement à notre indépendance. On se refuse à solliciter un investisseur. On se refuse aussi à dépendre d’une banque en demandant un prêt. Notre modèle est sain, nous tenons à le garder.
http://fr.ulule.com/arretsurimages/

Qu'en pensez-vous ?
J'ai lu l'article qui est fortement intéressant et ces personnes font preuve d'honnêteté intellectuelle...La proposition des 300 Euros est à la fois amusante et remplie d'engagement en fait.
J'ai cette chaine de disponible mais j'avoue ne m'être jamais posé la question de sa composition "humaine" et matérielle...

Re: @rrêt sur image, les soutenir pour la liberté d'expression ?

Posté : 09 novembre 2015 11:29
par Labrecche
La fiscalité faisait une distorsion de concurrence entre les différents supports, il ne serait pas anormale que l'administration accepte ses torts et considère ces sommes comme indues de manière rétroactive.

Re: @rrêt sur image, les soutenir pour la liberté d'expression ?

Posté : 09 novembre 2015 12:43
par Stounk
La presse est sous perfusion.

Sur les subventions aux journaux :

http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/art ... 55770.html


Sur la niche fiscale dont bénéficient les journalistes :

http://www.lemonde.fr/actualite-medias/ ... _3236.html