10 mois ferme pour un jeune qui voulait "kalacher" les Juifs
Posté : 03 décembre 2015 19:38
Lors d'un débat en classe, il avait lancé que les attentats du 13 novembre étaient l’ouvre des Juifs et qu'il allait les «kalacher». Pour ces propos, le tribunal correctionnel de Marseille (Bouches-du-Rhône) a condamné un lycéen de 19 ans à dix mois de prison ferme.
«C'est normal, les attentats, c'est à cause des Juifs», avait notamment affirmé le jeune homme, décrit comme «surexcité» par une enseignante et la directrice de son lycée professionnel marseillais, lors de cette discussion organisée le 17 novembre, quatre jours après les attentats de Paris.
«On ne pleure pas les morts de Palestine et de Syrie», avait ajouté devant ses camarades Patrick Fabre, dont le casier comportait déjà 12 mentions, mais qui n'a effectué ses premiers jours de détention que dans l'attente de sa comparution pour apologie publique d'acte de terrorisme, un délit passible de cinq ans de prison ferme et 75 000 euros d'amende. «Si je croise un Juif dans la rue, je le «kalache», il faut tous les crever», avait-il aussi poursuivi. Des propos réitérés lors d'une deuxième discussion, toujours en classe, quelques heures plus tard.
«J'ai dit n'importe quoi (...), mais je suis pas un terroriste»
En veste de jogging bleu marine, le lycéen de 1ère a tenu à s'excuser devant la tribunal. «Ça me choque des innocents dans des restaurants, qui vont dans des concerts, qui se font tirer dessus», a-t-il déclaré. «J'ai voulu donner mon avis sur le sujet en disant que c'était la faute des Juifs, mais je me suis mal exprimé».
«J'ai dit que les Juifs étaient derrière les attentats pour salir les musulmans, mais je me suis trompé, j'ai vu que c'était pas les Juifs qui étaient derrière ça, c'est des faux musulmans, je m'en suis rendu compte en prison en regardant les informations», a-t-il expliqué. «J'ai dit n'importe quoi, je l'avoue, mais je suis pas un terroriste, je le serai jamais madame», a-t-il assuré à la présidente. «C'est un peu à force d'entendre les gens dire n'importe quoi et c'est un peu de ma faute aussi», a-t-il encore reconnu, lâchant, «des fois, ça m'arrive d'être débile».
Fustigeant des paroles «qui ne doivent pas être banalisées» et «un mea culpa un peu forcé», la procureure Sophie Mercier avait requis à son encontre un an d'emprisonnement avec mandat de dépôt. Son avocat Olivier Kuhn-Massot a, quant à lui, dépeint un «garçon totalement immature» et des propos «odieux (...), dépourvus de sens réel», sans «velléité quelconque de passage à l'acte».