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L'ENA et autres qui se mettent au service du FN

Posté : 09 décembre 2015 09:07
par LOFOTEN
Par Marion Van Renterghem
Le 8 décembre 2015 à 11h54
Mis à jour le 8 décembre 2015 à 12h07
Hauts fonctionnaires, énarques, diplômés de grandes écoles sont attirés par la perspective du pouvoir et certains ont franchi le pas.
Quand ils évoquent leur décision d’intégrer les structures officielles du Front national, ils utilisent un mot étrange : l’« outing ». Pour ces élites venues d’un grand corps d’Etat, de la haute fonction publique ou de la direction d’une entreprise, la révélation d’une appartenance au FN revient à lever le voile sur une part d’eux-mêmes aussi intime que mal vue. Avant de se jeter à l’eau, ils ont souvent vécu en cachette leur adhésion à un parti qui refuse de se qualifier d’extrême droite mais que la très grande majorité des élites françaises dont ils relèvent considère comme extrémiste, xénophobe, nauséabond et contraire aux valeurs républicaines.
Le raz-de-marée du Front national au premier tour des élections régionaleschange la donne. La vague avait déjà pris forme lors des élections européennes de 2014 et des départementales de mars 2015, mais, ce 6 décembre, le parti minoritaire est devenu, avec le soutien des abstentionnistes, celui qui promet le succès. Il est arrivé en tête dans six régions sur treize, dépassant les 40 % en Nord-Pas-de-Calais-Picardie et en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Il étend progressivement son influence dans des strates de plus en plus diverses de la société française. Y compris les élites. La victoire est aux humains ce que la lumière est aux papillons : elle désinhibe et elle attire.
Un jour de 2013, Philippe Lottiaux a décidé de faire son « outing ». « Je ne pouvais plus ne rien faire, rester en retrait sans m’investir », explique cet énarque de 49 ans, gaulliste venu au Front national sur le tard, par déception. Il occupait un emploi à l’administration de la Ville de Paris, alors tenue par le socialiste Bertrand Delanoë et se gardait bien de divulguer ses convictions politiques. Un samedi de novembre, à l’occasion d’un meeting dans le Vaucluse, Marine Le Pen et Marion Maréchal-Le Pen annoncent la candidature de Philippe Lottiaux aux municipales de mars 2014, sur la liste Rassemblement Bleu Marine (RBM).« En arrivant au bureau le lundi, j’étais tendu, dit-il. On me regardait bizarrement. Certains faisaient semblant de ne pas me voir, d’autres entraient discrètement dans mon bureau pour me dire : “T’as raison.” Ma hiérarchie m’a fait savoir que si je prenais ma disponibilité au plus vite, ce serait bien. Ça m’arrangeait. »
« On reçoit des paquets de CV de gens qui ont un très bon niveau d’études. »
En deux ans, les choses ont bien changé. Le FN devient peu à peu le parti politique où l’on peut espérer briller et faire carrière. Les cadres supérieurs et les jeunes diplômés commencent à se bousculer au portillon pour intégrer ses rangs, selon Rémi Rayé : « C’est un moment clé, note l’assistant parlementaire de Marion Maréchal-Le Pen, tête de liste de la région PACA. On reçoit des paquets de CV de gens qui ont un très bon niveau d’études, travaillent dans l’administration territoriale, dans d’autres départements ou dans des grandes villes, parfois pour d’autres partis politiques… Les gros, gros diplômés, on n’en reçoit pas des cascades, mais il y en a. » Ce matin, sur son répondeur, « un gars du 06 », les Alpes-Maritimes, a laissé un message« très bien tourné » pour proposer son expertise économique au FN. Un autre cherchait un poste dans la sécurité. Un troisième proposait des renseignements sur l’intégrisme islamiste dans le sport. « Il y a de tout », conclut Rémi Rayé.
Hervé de Lepinau au côté de Marine Le Pen à Carpentras le 30 novembre 2013. | BERTRAND LANGLOIS / AFP
Avocat et conseiller municipal FN de Carpentras, Hervé de Lépinau se rappelle l’époque pas si lointaine où Jean-Marie Le Pen avait décidé de lancer sa petite-fille Marion dans le Vaucluse, en vue des législatives de 2012. Quand la jeune femme de 22 ans arrive à Carpentras, il n’y a qu’un seul élu FN, conseiller municipal et conseiller départemental. Les dégâts persistent de la scission de 1998 entre le Front national de Jean-Marie Le Pen et le Mouvement national républicain de Bruno Mégret : lui-même polytechnicien, il est parti avec les cadres que le vieux Le Pen, méfiant à l’égard des baronnies, ne cherchait pas à retenir. « Le combat politique se faisait de bric et de broc, la communication numérique était balbutiante, on décrochait les voix sur le zinc du bistro,raconte Hervé de Lépinau. Militer au Front était un sacerdoce : le commerçant faisait fuir ses clients, le fonctionnaire se faisait persécuter. Moi, qui suis de profession libérale, j’ai perdu de la clientèle. »
Un dîner a lieu en 2014 à Velleron. La présidente du parti, Marine Le Pen, est venue dans cette commune du Vaucluse discuter stratégie avec sa nièce Marion et Hervé de Lépinau, suppléant de Marion depuis les législatives de 2012. Au restaurant, la discussion porte sur la nécessité d’enraciner durablement le parti sur le plan local au lieu de se focaliser sur la présidentielle et, donc, de faire émerger des cadres. La décision est prise d’auditionner des candidats, de les chercher parmi les militants et d’ouvrir à un « tour extérieur ».
Il regrette d’avoir voté le traité de Maastricht, en veut à Chirac et Sarkozy
Philippe Lottiaux entre dans la danse. Ce « Ch’ti » né en 1966 dans le Pas-de-Calais avait débarqué à Paris pour y faire Sciences Po et l’ENA. Plus à droite qu’à gauche, plus gaulliste que chiraquien ou sarkozyste, plus rock’n’roll que politique, il a quitté une première fois l’administration de la Ville de Paris pour devenir directeur général des services de Levallois-Perret, dans le fief des époux Balkany, en est parti pour faire le chansonnier dans desone-man-show et monter une boîte de conseil aux collectivités.

Philippe Lottiaux distribue des tracts pour le Front national en mars 2015, il était candidat aux élections départementales à Avignon. | BERTRAND LANGLOIS / AFP
Entre-temps, il a affiné ses convictions politiques. Soucieux de souveraineté nationale, il s’interroge « sur la problématique de l’immigration » et s’inquiète de « l’impact de l’Europe sur notre économie ». Il fréquente la Fondation Marc-Bloch où se retrouvent ce que l’on appelle alors les « républicains des deux rives », souverainistes de droite et de gauche soudain rassemblés autour de Jean-Pierre Chevènement, Philippe Séguin ou Philippe de Villiers. Il regrette d’avoir voté le traité de Maastricht, en veut à Chirac pour la dissolution de 1997 et pour son européanisme, à Sarkozy pour avoir contourné le « non » au référendum sur le traité constitutionnel de 2005.
En rencontrant au début des années 2000 Samuel Maréchal, mari de Yann Le Pen et père de Marion, il croise « des gens du Front ». Est « révolté par l’anathème vis-à-vis du FN », selon lui contradictoire avec les personnes dont il a fait connaissance. Et, en 2002, déçu par Chirac, il vote Le Pen aux deux tours. Il décide de franchir le pas d’une candidature pour les élections municipales de 2014. « Je fais passer le message à Marion que, si je peux lui être utile, ce serait avec plaisir. » Lottiaux est à la fois politique, gestionnaire et amateur d’art, le profil idéal pour Avignon. Tête de liste aux municipales, il arrive en tête au premier tour avec près de 30 % des voix et se retrouve conseiller d’opposition. Le maire FN de Fréjus, David Rachline, lui propose parallèlement la direction générale des services de sa ville.
Sous pseudonyme à l’université d’été du FN
De quoi réconcilier le Front national avec les énarques qu’il aime tant décrier. Un énarque FN comme Philippe Lottiaux, comme Florian Philippot, bras droit de Marine Le Pen ou Philippe Martel, conseiller de celle-ci et jadis chez Alain Juppé, ont plus que trouvé grâce à ses yeux. « Tous les trois sont dans la culture des grands serviteurs de l’Etat, pétris de la culture d’administration au sens noble », assure Hervé de Lépinau.
POUR APPROFONDIR
Lire aussi : Elections régionales : Florian Philippot, l’ambitieux bras droit en quête d’un bastion
Idem pour Thibaut de la Tocnaye, 57 ans, centralien et 3e cycle HEC, ancien directeur de projet dans le nucléaire, et figure historique de l’élite Front national. Il dirige la commission d’action programmatique du parti avec Bernard Monot, ancien employé à la Caisse des dépôts qui signait sous pseudonyme ses interventions à l’université d’été du Front. Jusqu’au jour où il a fait son « outing », lui aussi, pour devenir député européen FN en 2014. Il en va de même pour Georges Michel, saint-cyrien et colonel de l’armée de terre, gaulliste devenu électeur puis candidat Front national à Bollène (Vaucluse) parce que « Chirac a trahi le gaullisme en vendant la souveraineté de la France à l’Europe ».
Premier parti ouvrier de France, le Front national s’est largement implanté dans les classes moyennes et chez les jeunes. Ceux qui ont aujourd’hui entre 18-30 ans, quand ils ne s’abstiennent pas, votent FN dans une plus forte proportion que la moyenne nationale. C’est aussi ce nouveau terrain de conquête qui attire maintenant à lui les hauts fonctionnaires et les gros diplômes. Pourtant, au-delà de quelques désaccords entre la tante et la nièce sur le planning familial ou la zone euro, le programme continue à prôner la fermeture des frontières, le repli national, la stigmatisation de l’immigration, la sortie de l’Union européenne, la sortie de l’OTAN. La jeune Marion au visage d’ange mais à la parole de fer l’incarne au mieux en PACA. De scrutin en scrutin, le Front national réussit son opération camouflage, qui vise à afficher comme normalisé, rajeuni, souriant, branché, un parti au programme extrémiste. Fini, le bandeau sur œil de verre, le parti a changé de look et de clientèle
La dégradation du contexte économique, l’incapacité des partis politiques traditionnels à réformer, la généralisation des habitudes abstentionnistes font le reste. Non seulement le Front national est aux portes du pouvoir, mais il n’est plus un motif de complexe ou de honte. Et le vivier de compétences paraît de plus en plus facile à constituer. Ce parti sur le point de diriger d’importantes régions, qui a constitué au fil du temps son implantation locale, semble en mesure de rattraper son retard.
Encore quelques jours jusqu’au second tour et des hauts fonctionnaires que l’on n’attendait pas sortiront peut-être du bois pour rallier les rangs du FN.« Vu le nombre et la qualité de CV qu’on reçoit, je peux vous dire qu’ils sortiront. Et vous aurez des surprises… », promet Anne-Sophie Rigault, une juriste de 39 ans, directrice de campagne de Marion Maréchal-Le Pen pour le Vaucluse. Certains viendraient même « de postes clés dans l’administration, voire d’autres partis politiques », assure-t-elle avec un sourire entendu.
Marion Van RenterghemLe 8 décembre 2015 à 12h07
Le Monde du 8/12 "édition abonné"

Re: L'ENA et autres qui se mettent au service du FN

Posté : 09 décembre 2015 13:27
par saint thomas
L'ENA ne sert qu'à se faire un bon réseau de relations hauts placées dixit les étudiants énarques
C'est sa seule et unique fonction

Dans les universités US ils ont la même chose avec leurs congrégations , un membre de l'une d'elle disait qu'il ne trouvait pas nécessaire d'avoir de bonnes notes puisqu'en entrant dans une congrégation il était assuré , grâce à son réseau, de trouver un bon job .

Préférer prendre des fils à papa plutôt que des gens capables pour le poste est une erreur

Re: L'ENA et autres qui se mettent au service du FN

Posté : 09 décembre 2015 13:30
par tisiphoné
LOFOTEN a écrit :
Par Marion Van Renterghem
Le 8 décembre 2015 à 11h54
Mis à jour le 8 décembre 2015 à 12h07
Hauts fonctionnaires, énarques, diplômés de grandes écoles sont attirés par la perspective du pouvoir et certains ont franchi le pas.
Quand ils évoquent leur décision d’intégrer les structures officielles du Front national, ils utilisent un mot étrange : l’« outing ». Pour ces élites venues d’un grand corps d’Etat, de la haute fonction publique ou de la direction d’une entreprise, la révélation d’une appartenance au FN revient à lever le voile sur une part d’eux-mêmes aussi intime que mal vue. Avant de se jeter à l’eau, ils ont souvent vécu en cachette leur adhésion à un parti qui refuse de se qualifier d’extrême droite mais que la très grande majorité des élites françaises dont ils relèvent considère comme extrémiste, xénophobe, nauséabond et contraire aux valeurs républicaines.
Le raz-de-marée du Front national au premier tour des élections régionaleschange la donne. La vague avait déjà pris forme lors des élections européennes de 2014 et des départementales de mars 2015, mais, ce 6 décembre, le parti minoritaire est devenu, avec le soutien des abstentionnistes, celui qui promet le succès. Il est arrivé en tête dans six régions sur treize, dépassant les 40 % en Nord-Pas-de-Calais-Picardie et en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Il étend progressivement son influence dans des strates de plus en plus diverses de la société française. Y compris les élites. La victoire est aux humains ce que la lumière est aux papillons : elle désinhibe et elle attire.
Un jour de 2013, Philippe Lottiaux a décidé de faire son « outing ». « Je ne pouvais plus ne rien faire, rester en retrait sans m’investir », explique cet énarque de 49 ans, gaulliste venu au Front national sur le tard, par déception. Il occupait un emploi à l’administration de la Ville de Paris, alors tenue par le socialiste Bertrand Delanoë et se gardait bien de divulguer ses convictions politiques. Un samedi de novembre, à l’occasion d’un meeting dans le Vaucluse, Marine Le Pen et Marion Maréchal-Le Pen annoncent la candidature de Philippe Lottiaux aux municipales de mars 2014, sur la liste Rassemblement Bleu Marine (RBM).« En arrivant au bureau le lundi, j’étais tendu, dit-il. On me regardait bizarrement. Certains faisaient semblant de ne pas me voir, d’autres entraient discrètement dans mon bureau pour me dire : “T’as raison.” Ma hiérarchie m’a fait savoir que si je prenais ma disponibilité au plus vite, ce serait bien. Ça m’arrangeait. »
« On reçoit des paquets de CV de gens qui ont un très bon niveau d’études. »
En deux ans, les choses ont bien changé. Le FN devient peu à peu le parti politique où l’on peut espérer briller et faire carrière. Les cadres supérieurs et les jeunes diplômés commencent à se bousculer au portillon pour intégrer ses rangs, selon Rémi Rayé : « C’est un moment clé, note l’assistant parlementaire de Marion Maréchal-Le Pen, tête de liste de la région PACA. On reçoit des paquets de CV de gens qui ont un très bon niveau d’études, travaillent dans l’administration territoriale, dans d’autres départements ou dans des grandes villes, parfois pour d’autres partis politiques… Les gros, gros diplômés, on n’en reçoit pas des cascades, mais il y en a. » Ce matin, sur son répondeur, « un gars du 06 », les Alpes-Maritimes, a laissé un message« très bien tourné » pour proposer son expertise économique au FN. Un autre cherchait un poste dans la sécurité. Un troisième proposait des renseignements sur l’intégrisme islamiste dans le sport. « Il y a de tout », conclut Rémi Rayé.
Hervé de Lepinau au côté de Marine Le Pen à Carpentras le 30 novembre 2013. | BERTRAND LANGLOIS / AFP
Avocat et conseiller municipal FN de Carpentras, Hervé de Lépinau se rappelle l’époque pas si lointaine où Jean-Marie Le Pen avait décidé de lancer sa petite-fille Marion dans le Vaucluse, en vue des législatives de 2012. Quand la jeune femme de 22 ans arrive à Carpentras, il n’y a qu’un seul élu FN, conseiller municipal et conseiller départemental. Les dégâts persistent de la scission de 1998 entre le Front national de Jean-Marie Le Pen et le Mouvement national républicain de Bruno Mégret : lui-même polytechnicien, il est parti avec les cadres que le vieux Le Pen, méfiant à l’égard des baronnies, ne cherchait pas à retenir. « Le combat politique se faisait de bric et de broc, la communication numérique était balbutiante, on décrochait les voix sur le zinc du bistro,raconte Hervé de Lépinau. Militer au Front était un sacerdoce : le commerçant faisait fuir ses clients, le fonctionnaire se faisait persécuter. Moi, qui suis de profession libérale, j’ai perdu de la clientèle. »
Un dîner a lieu en 2014 à Velleron. La présidente du parti, Marine Le Pen, est venue dans cette commune du Vaucluse discuter stratégie avec sa nièce Marion et Hervé de Lépinau, suppléant de Marion depuis les législatives de 2012. Au restaurant, la discussion porte sur la nécessité d’enraciner durablement le parti sur le plan local au lieu de se focaliser sur la présidentielle et, donc, de faire émerger des cadres. La décision est prise d’auditionner des candidats, de les chercher parmi les militants et d’ouvrir à un « tour extérieur ».
Il regrette d’avoir voté le traité de Maastricht, en veut à Chirac et Sarkozy
Philippe Lottiaux entre dans la danse. Ce « Ch’ti » né en 1966 dans le Pas-de-Calais avait débarqué à Paris pour y faire Sciences Po et l’ENA. Plus à droite qu’à gauche, plus gaulliste que chiraquien ou sarkozyste, plus rock’n’roll que politique, il a quitté une première fois l’administration de la Ville de Paris pour devenir directeur général des services de Levallois-Perret, dans le fief des époux Balkany, en est parti pour faire le chansonnier dans desone-man-show et monter une boîte de conseil aux collectivités.

Philippe Lottiaux distribue des tracts pour le Front national en mars 2015, il était candidat aux élections départementales à Avignon. | BERTRAND LANGLOIS / AFP
Entre-temps, il a affiné ses convictions politiques. Soucieux de souveraineté nationale, il s’interroge « sur la problématique de l’immigration » et s’inquiète de « l’impact de l’Europe sur notre économie ». Il fréquente la Fondation Marc-Bloch où se retrouvent ce que l’on appelle alors les « républicains des deux rives », souverainistes de droite et de gauche soudain rassemblés autour de Jean-Pierre Chevènement, Philippe Séguin ou Philippe de Villiers. Il regrette d’avoir voté le traité de Maastricht, en veut à Chirac pour la dissolution de 1997 et pour son européanisme, à Sarkozy pour avoir contourné le « non » au référendum sur le traité constitutionnel de 2005.
En rencontrant au début des années 2000 Samuel Maréchal, mari de Yann Le Pen et père de Marion, il croise « des gens du Front ». Est « révolté par l’anathème vis-à-vis du FN », selon lui contradictoire avec les personnes dont il a fait connaissance. Et, en 2002, déçu par Chirac, il vote Le Pen aux deux tours. Il décide de franchir le pas d’une candidature pour les élections municipales de 2014. « Je fais passer le message à Marion que, si je peux lui être utile, ce serait avec plaisir. » Lottiaux est à la fois politique, gestionnaire et amateur d’art, le profil idéal pour Avignon. Tête de liste aux municipales, il arrive en tête au premier tour avec près de 30 % des voix et se retrouve conseiller d’opposition. Le maire FN de Fréjus, David Rachline, lui propose parallèlement la direction générale des services de sa ville.
Sous pseudonyme à l’université d’été du FN
De quoi réconcilier le Front national avec les énarques qu’il aime tant décrier. Un énarque FN comme Philippe Lottiaux, comme Florian Philippot, bras droit de Marine Le Pen ou Philippe Martel, conseiller de celle-ci et jadis chez Alain Juppé, ont plus que trouvé grâce à ses yeux. « Tous les trois sont dans la culture des grands serviteurs de l’Etat, pétris de la culture d’administration au sens noble », assure Hervé de Lépinau.
POUR APPROFONDIR
Lire aussi : Elections régionales : Florian Philippot, l’ambitieux bras droit en quête d’un bastion
Idem pour Thibaut de la Tocnaye, 57 ans, centralien et 3e cycle HEC, ancien directeur de projet dans le nucléaire, et figure historique de l’élite Front national. Il dirige la commission d’action programmatique du parti avec Bernard Monot, ancien employé à la Caisse des dépôts qui signait sous pseudonyme ses interventions à l’université d’été du Front. Jusqu’au jour où il a fait son « outing », lui aussi, pour devenir député européen FN en 2014. Il en va de même pour Georges Michel, saint-cyrien et colonel de l’armée de terre, gaulliste devenu électeur puis candidat Front national à Bollène (Vaucluse) parce que « Chirac a trahi le gaullisme en vendant la souveraineté de la France à l’Europe ».
Premier parti ouvrier de France, le Front national s’est largement implanté dans les classes moyennes et chez les jeunes. Ceux qui ont aujourd’hui entre 18-30 ans, quand ils ne s’abstiennent pas, votent FN dans une plus forte proportion que la moyenne nationale. C’est aussi ce nouveau terrain de conquête qui attire maintenant à lui les hauts fonctionnaires et les gros diplômes. Pourtant, au-delà de quelques désaccords entre la tante et la nièce sur le planning familial ou la zone euro, le programme continue à prôner la fermeture des frontières, le repli national, la stigmatisation de l’immigration, la sortie de l’Union européenne, la sortie de l’OTAN. La jeune Marion au visage d’ange mais à la parole de fer l’incarne au mieux en PACA. De scrutin en scrutin, le Front national réussit son opération camouflage, qui vise à afficher comme normalisé, rajeuni, souriant, branché, un parti au programme extrémiste. Fini, le bandeau sur œil de verre, le parti a changé de look et de clientèle
La dégradation du contexte économique, l’incapacité des partis politiques traditionnels à réformer, la généralisation des habitudes abstentionnistes font le reste. Non seulement le Front national est aux portes du pouvoir, mais il n’est plus un motif de complexe ou de honte. Et le vivier de compétences paraît de plus en plus facile à constituer. Ce parti sur le point de diriger d’importantes régions, qui a constitué au fil du temps son implantation locale, semble en mesure de rattraper son retard.
Encore quelques jours jusqu’au second tour et des hauts fonctionnaires que l’on n’attendait pas sortiront peut-être du bois pour rallier les rangs du FN.« Vu le nombre et la qualité de CV qu’on reçoit, je peux vous dire qu’ils sortiront. Et vous aurez des surprises… », promet Anne-Sophie Rigault, une juriste de 39 ans, directrice de campagne de Marion Maréchal-Le Pen pour le Vaucluse. Certains viendraient même « de postes clés dans l’administration, voire d’autres partis politiques », assure-t-elle avec un sourire entendu.
Marion Van RenterghemLe 8 décembre 2015 à 12h07
Le Monde du 8/12 "édition abonné"
c'est surtout une question d'opportunités;, il reste des places à prendre au FN, c'est tout simple, dans les autres partis, c'est depuis des lustres les mêmes qui trustent les ministères et bureaux politiques

Re: L'ENA et autres qui se mettent au service du FN

Posté : 10 décembre 2015 20:14
par hulneb
Il vous arrive de réfléchir ? de prendre un peu de recul ?

Bien sûr, la majorité des électeurs FN actuels, fin 2015, vient du peuple français trompé, écrasé, depuis 40 ans;
Les employés, ouvriers, les agents de maîtrise, les cadres, les artisans, les commerçants, professions libérales, les patrons de PME, les fonctionnaires, les immigrés voulant le bien de la :f_fr: votaient hier et voteront dimanche FN.

Ils seront encore plus nombreux en 2017, parce que nos politiques actuels ne veulent qu'une chose : garder leur place si lucrative, même si c'est au risque du futur de leurs enfants, qu'ils essaieront de caser quelque part pour garder les sous.

Il est certain que les candidats à l'ENA, ceux qui en sortent fraichement, soient plus intéressés par une carrière faisant miroiter le facile car grassement payée quand ils sont au poste, et leur avenir les porte vers le FN, alors que la vraie révolution consisterait à mettre à nos têtes des gens issus comme au Danemark aujourd'hui, qui ont été élevés dans des visions humanistes, mais pragmatiques, et surtout qui ont eu une véritable expérience de la vie civile, du travail aussi bien technique, manuel, qu'intellectuel.

Re: L'ENA et autres qui se mettent au service du FN

Posté : 10 décembre 2015 20:16
par PascalL
hulneb a écrit : Il vous arrive de réfléchir ? de prendre un peu de recul ?

Bien sûr, la majorité des électeurs FN actuels, fin 2015, vient du peuple français trompé, écrasé, depuis 40 ans;
Les employés, ouvriers, les agents de maîtrise, les cadres, les artisans, les commerçants, professions libérales, les patrons de PME, les fonctionnaires, les immigrés voulant le bien de la :f_fr: votaient hier et voteront dimanche FN.

Ils seront encore plus nombreux en 2017, parce que nos politiques actuels ne veulent qu'une chose : garder leur place si lucrative, même si c'est au risque du futur de leurs enfants, qu'ils essaieront de caser quelque part pour garder les sous.

Il est certain que les candidats à l'ENA, ceux qui en sortent fraichement, soient plus intéressés par une carrière faisant miroiter le facile car grassement payée quand ils sont au poste, et leur avenir les porte vers le FN, alors que la vraie révolution consisterait à mettre à nos têtes des gens issus comme au Danemark aujourd'hui, qui ont été élevés dans des visions humanistes, mais pragmatiques, et surtout qui ont eu une véritable expérience de la vie civile, du travail aussi bien technique, manuel, qu'intellectuel.
Quand on est xénophobe compatible.... ca doit pouvoir le faire :aille2:

Re: L'ENA et autres qui se mettent au service du FN

Posté : 10 décembre 2015 20:28
par DKS
pascal , tu joues le mec ouvert , toussa toussa alors que t'inviterai jamais un noir chez toi b*******

Re: L'ENA et autres qui se mettent au service du FN

Posté : 10 décembre 2015 20:37
par PascalL
Darksider a écrit : pascal , tu joues le mec ouvert , toussa toussa alors que t'inviterai jamais un noir chez toi b*******
J'ai vécu 1 an à Djibouti :) (y'avais des noirs partout!! un vrai scandale :mdr3: )

Mon pauvre Darkmachin... tu tournes en boucle dans ton bocal, il est temps de changer l'eau!

Re: L'ENA et autres qui se mettent au service du FN

Posté : 10 décembre 2015 21:05
par DKS
m'appelle pas dark "chépakoi " tu crains comme mec , t'es pas prêt de faire l' ENA