le 3e kamikaze du Bataclan identifié : Foued Mohamed-Aggad
Posté : 09 décembre 2015 14:04
Le troisième kamikaze du Bataclan a été identifié. Originaire de Strasbourg, Foued Mohamed-Aggad était parti en Syrie fin 2013.
Un Strasbourgeois de 23 ans a été identifié comme étant le troisième kamikaze du Bataclan, où 90 personnes sont mortes lors des attentats du 13 novembre.
Selon une source du dossier, confirmant les informations du Parisien, il s'agit de Foued Mohamed-Aggad, 23 ans qui a vécu dans le quartier de la Meinau à Strasbourg. Il faisait partie d'un groupe de jeunes partis en Syrie fin 2013. Avec Samy Amimour, 28 ans, originaire de Seine-Saint-Denis et Omar Ismaël Mostefaï, un Français de 29 ans né dans l'Essonne, il complète le trio de kamikazes qui a attaqué les spectateurs du Bataclan.
Plusieurs jeunes du quartier de la Meinau
C'est la famille de ce jeune djihadiste qui aurait mis les policiers sur la piste. Ces derniers ont ainsi pu établir son identité à la fin de la semaine dernière grâce à la comparaison de son ADN avec ceux de certains membres de sa famille.
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Son frère aîné, Karim, 25 ans, est actuellement emprisonné après son passage en Syrie entre les mois de décembre 2013 et mars 2014.
Les deux frères sont issus d'une fratrie de quatre enfant. La famille est originaire de Wissembourg, petite commune du Bas-Rhin, proche de Strasbourg, soulignent les Dernières nouvelles d'Alsace. Ils avaient rejoint la zone de combat syrienne à la fin de l'année 2013, en compagnie d'autres jeunes, venus du quartier sensible de la Meinau, à Strasbourg.
Le recruteur : Mourad le Français
Ils ont été recrutés par Mourad Farès, qui a été, via les réseaux sociaux, un des principaux rabatteurs de djihadistes français, notamment ceux partis de Lunel (Hérault). Certains avaient rencontré celui qu'on appelle aussi Abou Hassan ou Mourad al-Faransi (Mourad le Français) à trois reprises avant de partir, à Strasbourg, Paris et Lyon. Ce dernier a été arrêté par les Turcs après avoir fui la Syrie et remis aux autorités françaises en septembre 2014.
Parti le 17 décembre 2013 depuis Francfort par avion jusqu'à Antalya, en Turquie, le groupe de jeunes Strasbourgeois s'était ensuite rendu en Syrie, où deux d'entre eux, les frères Mourad et Yassine Boudjellal, ont été tués.
Il « donnait régulièrement des nouvelles »
Les autres sont rentrés en France où ils ont été interpellés en mai 2014. Sept Strasbourgeois, âgés de 23 à 26 ans, ont ainsi été arrêtés à la Meinau et le parquet a demandé en octobre leur renvoi en correctionnelle pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste.
Selon leurs déclarations aux enquêteurs, le voyage en Syrie avait un but humanitaire mais ils sont tombés de haut face aux horreurs. Un argument qui n'a jamais convaincu puisqu'ils étaient partis par petits groupes dans un souci de discrétion, et que des photos de certains posant avec armes et treillis et des textes menaçants envers la France avaient été retrouvés dans leurs ordinateurs.
« J'aurais préféré qu'il meurt là-bas », dit son père
A leur retour en France, Foued Mohamed-Aggad serait alors resté seul en Syrie. Selon sa mère, d'originaire marocaine cité par le Parisien, il donnait « régulièrement de ses nouvelles ».
Son père, Saïd Mohamed-Aggad, installé à Bischheim, tout près de Strasbourg, dit pour sa part qu'il n'avait plus beaucoup de lien avec son fils cadet : « Chaque fois, je m'attendais à ce que l'on m'annonce sa mort, dans un bombardement, ou pour une autre raison, a-t-il confié à nos confrères du Parisien. J'aurais préféré qu'il meurt là-bas, plutôt qu'ici ». Dans un sanglot, il avoue même qu'il aurait préféré « le tuer » avant plutôt que de le laisser « commettre une chose comme ça ».
