Le ministre de l’économie s’est prononcé en faveur de l’exploitation de ce gaz en Lorraine, qui ne nécessite pas de fracturation hydraulique. La start-up FDE, qui entre en Bourse le 8 juin, est dans les starting-blocks pour ouvrir les premiers puits en 2017.
Les gisements de gaz de houille en France sont exploitables sans fracturation hydraulique, dans un territoire au passé minier favorable. C’est une opportunité industrielle à saisir." Le contexte stratégique invite à l’action, assure Emmanuel Macron: "Les réserves en mer du Nord se tarissent progressivement, elles accroissent notre dépendance à l’égard du gaz russe et du Moyen-Orient".
Gaz de houille, quésako? Ce gaz non conventionnel n’est autre que le fameux "grisou" qui effrayait tant les mineurs, un gaz piégé dans les veines du charbon et composé à plus de 95% de méthane. Il se trouve sous deux formes: le "gaz de mines", présent dans les galeries des anciennes mines, qui est déjà récupéré par pompage dans certaines mines désaffectées du Nord-Pas-de-Calais par la société Gazonor ; et le "gaz de couche", produit à partir de couches de charbon n’ayant pas donné lieu à une exploitation minière, en raison de leur profondeur ou de leur mauvaise qualité.
Objectif: 5% de la consommation française
C’est ce gaz de couche que veut exploiter la Française de l’Energie (FDE), PME d’une vingtaine de salariés basé à Forbach (Moselle), dont l’introduction en Bourse est prévue le 8 juin prochain. Cette société, qui a cartographié en 3D les sous-sols lorrains depuis 2009, espère lever une cinquantaine de millions d’euros pour financer un plan d’investissement de 77 à 122 millions d’euros sur trois ans. L’objectif est ambitieux: FDE vise 15 puits de production opérationnels d’ici à fin 2018, ce qui permettrait de générer une production de plus de 700 millions de m3 sur douze ans. "Notre objectif est de fournir 5% de la consommation française de gaz en 2025, soit environ 500 millions d’euros de chiffre d’affaires, explique Julien Moulin, PDG de la Française de l’Energie. L’idée est de vendre ce gaz en circuit court, en Lorraine et dans le grand Est de la France. Nous nous inscrivons pleinement dans la transition énergétique."
La PME ne manque pas d’arguments. Le potentiel du sous-sol lorrain, d’abord: il représente l’équivalent de 6 années de consommation de gaz en France, des ressources certifiées par BEICIP-Franlab, une filiale d’IFP Energies Nouvelles. "Le projet représente une fois et demi celui de Lacq", pointe Julien Moulin. Autre avantage: le gaz de houille est d’excellente qualité, avec 96% de méthane contre 93% pour le gaz importé, selon l’institut allemand IFEU. Surtout, l’empreinte carbone est dix fois plus faible que celle des gaz russe ou moyen-orientaux, toujours selon l’organisme allemand, du fait de la qualité du gaz et des moindres coûts de transports.
Pas de fracturation hydraulique
L’autre argument fort est la technique d’extraction adoptée par la société française. "On est exactement à l’opposé de la fracturation hydraulique pour exploiter les gaz de schiste: nous n’utilisons pas de produits chimiques, ni d’eau, souligne Julien Moulin. Nous obtenons le gaz par différentiel de pression, en utilisant les fissures naturelles du charbon." L’humidité du charbon étant pompée, la société assure même être productrice nette d’eau. L’empreinte au sol d’un puits est très limitée, assure FDE: la tête de puits fait deux mètres de haut, le puit fait 80 cm de diamètre. Pour éviter le risque de pollution des eaux souterraines, les forages sont réalisés selon le principe du triple coffrage: trois alternances de ciment et de tubage, soit 6 barrières entre le gaz et l’eau.
Malgré le faible prix du gaz, le moment est propice pour les investissements dans le gaz de houille, assure la PME française. "Le prix des équipements est bas, du fait de la faible demande aux industriels du secteur (Halliburton, Vallourec…)", souligne Julien Moulin. FDE veut aussi aller vite pour s’imposer comme le champion européen du secteur, avec des projets en Belgique et en Allemagne. FDE anticipe une valorisation entre 110 et 140 millions d’euros, et estime pouvoir créer 300 emplois directs. Elle a déjà obtenu des engagements de souscription pour 14 millions d’euros, dont 5 millions du Crédit Mutuel Nord Europe, et peut aussi compter sur le soutien du fonds RGreen Invest: ce fonds spécialiste des énergies vertes va apporter 60 millions d’euros de prêts.
Une opportunité ??
Re: Le gaz de houille lorrain, le nouveau pari
Posté : 29 mai 2016 09:37
par Lion blanc
Faut voir avec les écolos..
Re: Le gaz de houille lorrain, le nouveau pari
Posté : 29 mai 2016 10:07
par evariste
ça m'étonnerait fort que la France relance une économie dans ce secteur de la Lorraine , elle a fait tout ce qu'elle a pu dans les années 70 de détruire tous les bassins industriels pour satisfaire l'union européenne et la mondialisation , alors la relance de l'économie semble irréaliste, il ne reste plus grand chose de ce qui fut notre industrie minier métallurgique etc.. ne reste que le pôle emploi ,les caisses d'allocations familiales et les aides sociales de la région payé par des contribuables qui n'ont plus un sou et voient leurs impôts augmenter comme la fièvre après une infection et les médicaments pour soigner ce mal (salaires ,retraites diminués .Pas terrible comme avenir !
Re: Le gaz de houille lorrain, le nouveau pari
Posté : 29 mai 2016 11:00
par LOFOTEN
evariste a écrit : ça m'étonnerait fort que la France relance une économie dans ce secteur de la Lorraine , elle a fait tout ce qu'elle a pu dans les années 70 de détruire tous les bassins industriels pour satisfaire l'union européenne et la mondialisation , alors la relance de l'économie semble irréaliste, il ne reste plus grand chose de ce qui fut notre industrie minier métallurgique etc.. ne reste que le pôle emploi ,les caisses d'allocations familiales et les aides sociales de la région payé par des contribuables qui n'ont plus un sou et voient leurs impôts augmenter comme la fièvre après une infection et les médicaments pour soigner ce mal (salaires ,retraites diminués .Pas terrible comme avenir !
Justement c'est peu être une dernière petite chance....?
Re: Le gaz de houille lorrain, le nouveau pari
Posté : 29 mai 2016 11:03
par Stounk
Ca vaut le coup de se pencher sur la question, c'est sûr. A voir par contre le prix à payer sur le plan écologique.
Re: Le gaz de houille lorrain, le nouveau pari
Posté : 29 mai 2016 12:55
par oups
Evariste , une siderurgie performante , ce sont des investissements , de la main d'oeuvre , des matieres premieres , la proximite des clients ou des infrastructures portuaires , de l'energie , des couts salariaux etc........
Ce n'est pas juste une volonte non motivee de faire ou de defaire
Re: Le gaz de houille lorrain, le nouveau pari
Posté : 29 mai 2016 13:07
par Allora
evariste a écrit : ça m'étonnerait fort que la France relance une économie dans ce secteur de la Lorraine , elle a fait tout ce qu'elle a pu dans les années 70 de détruire tous les bassins industriels pour satisfaire l'union européenne et la mondialisation , alors la relance de l'économie semble irréaliste, il ne reste plus grand chose de ce qui fut notre industrie minier métallurgique etc..
Etant originaire de cette région je confirme !
mais bon il n'y a que les c** qui ne changent pas
et s'il y a du fric à se faire .. la Lorraine redeviendra intéressante :roll:
Re: Le gaz de houille lorrain, le nouveau pari
Posté : 04 août 2016 14:21
par gemmill
Re: Le gaz de houille lorrain, le nouveau pari
Posté : 04 août 2016 14:52
par Allora
gemmill :
le gaz de houille ce n'est pareil que le gaz de schiste ...
Gaz de houille, gaz de mine, gaz de schiste, le néophyte s’y perd un peu. Quelle est la différence ?
Ce n’est pas leur composition qui les différencie – il s’agit dans les trois cas principalement de méthane – mais les techniques employées pour les extraire :
ce sont des gaz non-conventionnels.
Le gaz de houille est un gaz présent dans les veines de charbon.
Le gaz de mine, quant à lui, c’est ce même gaz lorsqu’il se libère de la roche et se répand dans les mines ; il se mélange avec l’oxygène dans l’air des galeries. C’est lui qui peut créer des coups de grisou.
Gaz de houille et gaz de mine peuvent être exploités sans fracturation hydraulique, à la différence du gaz de schiste qui se trouve dans d’autres types de gisements.