JMJ : polémique sur la fabrication des marinières
Posté : 05 juillet 2016 08:50
JMJ : polémique sur la fabrication des marinières
Les jeunes catholiques français participant aux JMJ ont choisi pour emblème des marinières bretonnes. Leur fabrication au Bangladesh a suscité la réaction de l'entreprise Armor-Lux.
Quel vêtement plus estival qu'une marinière? Tenue officielle des matelots dans la Marine nationale française depuis 1858, ce maillot de corps blanc à rayures bleues est souvent associé à la Bretagne. Il sera le signe distinctif de la délégation des jeunes catholiques français aux Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) de Cracovie, en Pologne. «L'idée des marinières est de donner une visibilité aux Français», explique Anne-Lise Levacher, 31 ans, coordinatrice nationale des JMJ. «C'est un vêtement qui touche tout le monde», ajoute-t-elle. Les 20.000 exemplaires commandés ont déjà été écoulés, et différents groupes affichent déjà leur emblème avec fierté sur les réseaux sociaux.
Cependant, un impair s'est glissé dans cette commande. Chargé de fournir des marinières aux pèlerins, le diocèse breton de Rennes a sollicité la société Home Diffusion, qui a fait fabriquer les vêtements au Bangladesh. Le délai de confection, trois mois, et le prix, environ dix euros pièce, ont guidé ce choix. Jean-Guy Le Floch, PDG de l'entreprise Armor-Lux, basée à Quimper, s'est plaint de ne pas avoir été sollicité. Le quotidien régional breton Le Télégramme a révélé vendredi un échange de mails entre le diocèse de Rennes et l'industriel, qui incite les catholiques bretons à se fournir plus près. «Notre entreprise est le plus gros fabricant de marinières de France. Le tricotage est à 100 % quimpérois, c'est un vrai métier qui assure une qualité hors du commun», explique Jean-Guy Le Floch, joint par le Figaro.
Une fabrication trop coûteuse?
Sur les réseaux sociaux, quelques fidèles se sont plaints de ce choix économique, qui leur semble incompatible avec les positions du pape François contre la mondialisation sauvage. «Nous avons fait travailler des entreprises locales qui emploient des personnes handicapées, Home Diffusion à Rennes, et ID Pub à Vitré», proteste Régis Guy, président de l'association Silo, qui anime la Pastorale des jeunes catholiques en Ille-et-Vilaine. Ce dernier justifie au Figaro ce choix par manque de temps et d'argent. «Nous sommes allés vérifier les prix d'Armor-Lux dans une boutique de Rennes: à 50 euros pièce, c'est bien trop cher», explique-t-il.
Régis Guy fait savoir que le diocèse avait alors le choix entre deux pays de fabrication: la Turquie et le Bangladesh. «Comme il y a un risque que l'Etat islamique contrôle les sources de production de coton syrien écoulé en Turquie, nous nous sommes reportés sur le Bangladesh», dit-il. «Nous nous sommes bien assurés que l'usine était en règle, que les ouvriers avaient des conditions de travail décentes, et qu'on n'employait pas d'enfants», précise-t-il.
Le responsable de la Pastorale de Rennes ne comprend pas les réactions suscitées par la fabrication de ces marinières. «Sur toutes nos étiquettes de vêtements que nous portons, rien n'est fabriqué en France», assure-t-il. «On a reçu un mail d'une personne, qui nous accusait de ne pas respecter Laudato Si», l'encyclique économique du pape François parue en mai 2015, qui appelle notamment à préférer les productions locales, «mais l'Eglise ne nous demande pas de négliger les enjeux de développement de pays comme le Bangladesh, si les règles sont respectées», estime Régis Guy.
L'offre d'Armor-Lux
http://www.lefigaro.fr/actualite-france ... nieres.php
Les jeunes catholiques français participant aux JMJ ont choisi pour emblème des marinières bretonnes. Leur fabrication au Bangladesh a suscité la réaction de l'entreprise Armor-Lux.
Quel vêtement plus estival qu'une marinière? Tenue officielle des matelots dans la Marine nationale française depuis 1858, ce maillot de corps blanc à rayures bleues est souvent associé à la Bretagne. Il sera le signe distinctif de la délégation des jeunes catholiques français aux Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) de Cracovie, en Pologne. «L'idée des marinières est de donner une visibilité aux Français», explique Anne-Lise Levacher, 31 ans, coordinatrice nationale des JMJ. «C'est un vêtement qui touche tout le monde», ajoute-t-elle. Les 20.000 exemplaires commandés ont déjà été écoulés, et différents groupes affichent déjà leur emblème avec fierté sur les réseaux sociaux.
Cependant, un impair s'est glissé dans cette commande. Chargé de fournir des marinières aux pèlerins, le diocèse breton de Rennes a sollicité la société Home Diffusion, qui a fait fabriquer les vêtements au Bangladesh. Le délai de confection, trois mois, et le prix, environ dix euros pièce, ont guidé ce choix. Jean-Guy Le Floch, PDG de l'entreprise Armor-Lux, basée à Quimper, s'est plaint de ne pas avoir été sollicité. Le quotidien régional breton Le Télégramme a révélé vendredi un échange de mails entre le diocèse de Rennes et l'industriel, qui incite les catholiques bretons à se fournir plus près. «Notre entreprise est le plus gros fabricant de marinières de France. Le tricotage est à 100 % quimpérois, c'est un vrai métier qui assure une qualité hors du commun», explique Jean-Guy Le Floch, joint par le Figaro.
Une fabrication trop coûteuse?
Sur les réseaux sociaux, quelques fidèles se sont plaints de ce choix économique, qui leur semble incompatible avec les positions du pape François contre la mondialisation sauvage. «Nous avons fait travailler des entreprises locales qui emploient des personnes handicapées, Home Diffusion à Rennes, et ID Pub à Vitré», proteste Régis Guy, président de l'association Silo, qui anime la Pastorale des jeunes catholiques en Ille-et-Vilaine. Ce dernier justifie au Figaro ce choix par manque de temps et d'argent. «Nous sommes allés vérifier les prix d'Armor-Lux dans une boutique de Rennes: à 50 euros pièce, c'est bien trop cher», explique-t-il.
Régis Guy fait savoir que le diocèse avait alors le choix entre deux pays de fabrication: la Turquie et le Bangladesh. «Comme il y a un risque que l'Etat islamique contrôle les sources de production de coton syrien écoulé en Turquie, nous nous sommes reportés sur le Bangladesh», dit-il. «Nous nous sommes bien assurés que l'usine était en règle, que les ouvriers avaient des conditions de travail décentes, et qu'on n'employait pas d'enfants», précise-t-il.
Le responsable de la Pastorale de Rennes ne comprend pas les réactions suscitées par la fabrication de ces marinières. «Sur toutes nos étiquettes de vêtements que nous portons, rien n'est fabriqué en France», assure-t-il. «On a reçu un mail d'une personne, qui nous accusait de ne pas respecter Laudato Si», l'encyclique économique du pape François parue en mai 2015, qui appelle notamment à préférer les productions locales, «mais l'Eglise ne nous demande pas de négliger les enjeux de développement de pays comme le Bangladesh, si les règles sont respectées», estime Régis Guy.
L'offre d'Armor-Lux
http://www.lefigaro.fr/actualite-france ... nieres.php