Suicides à France Télécom: le parquet poursuit pour harcèlem
Posté : 07 juillet 2016 09:53
Suicides à France Télécom: le parquet poursuit pour harcèlement moral
Le ministère public reproche à l'entreprise, devenue Orange, d'avoir mis en place dès 2007 une politique qui a eu pour effet de «déstabiliser» les employés. Sont visés l'ex-patron, Didier Lombard, et six autres dirigeants. 35 salariés s'étaient donnés la mort en 2008 et 2009.
Après sept ans d'enquête, le parquet de Paris a demandé le renvoi en procès pour harcèlement moral de France Télécom et de son ex-patron Didier Lombard, dans l'affaire de la vague de suicides de salariés au sein de l'entreprise en 2008 et 2009. L'entreprise de telecom et Didier Lombard sont soupçonnés d'avoir mis en place une politique de déstabilisation des salariés pour accélérer les départs au sein de l'entreprise.
Devenue Orange, France Télécom a été la première entreprise du CAC 40 à avoir été mise en examen pour harcèlement moral. Son procès amènerait la justice à trancher la première affaire de harcèlement à grande échelle dans une entreprise de cette taille. Dans ses réquisitions datées du 22 juin, le parquet a également demandé un procès pour harcèlement moral de deux autres dirigeants, Louis-Pierre Wenes, ex-numéro 2, et Olivier Barberot, ex-responsable des ressources humaines, et de quatre cadres pour complicité, a indiqué à l'AFP une source judiciaire. En tout, sept dirigeants doivent être renvoyés devant un tribunal correctionnel, selon le ministère public. Le juge d'instruction devrait se prononcer d'ici quelques semaines. Les dirigeants encourent jusqu'à deux ans d'emprisonnement et 30.000 euros d'amende, selon l'article 222-33-2 du code pénal.
«Un climat professionnel anxiogène»
Le parquet reproche à France Télécom d'avoir mis en place dès 2007 par des «agissements répétés» une politique d'entreprise qui a eu pour effet de «déstabiliser» les employés et de «créer un climat professionnel anxiogène», dans un contexte de restructuration délicate, selon une source proche de l'enquête. Trente-neuf victimes sont notamment citées sur la période 2006-2011: dix-neuf se sont suicidé, douze ont tenté de le faire, et 8 salariés ont subi un épisode de dépression ou ont été en arrêt de travail. Selon les syndicats et la direction, 35 salariés s'étaient donné la mort en 2008 et 2009. Dépassée, l'entreprise avait peiné à réagir. Didier Lombard, avait ainsi qualifié de «mode» les suicides de ses employés, provoquant l'indignation.
Le suicide en juillet 2009 d'un technicien marseillais, qui avait évoqué un «management par la terreur», avait donné un énorme retentissement à l'affaire, renforcé par plusieurs actes similaires. Deux mois plus tard, les syndicats déposaient plainte contre la direction de l'entreprise. Les plaignants, dont la fédération Sud-PTT, y voyaient la conséquence d'un «système» pour pousser les salariés au départ dans un contexte d'ouverture à la concurrence, après que l'Etat est devenu actionnaire minoritaire en 2004.
http://www.lefigaro.fr/actualite-france ... ection.php
Le ministère public reproche à l'entreprise, devenue Orange, d'avoir mis en place dès 2007 une politique qui a eu pour effet de «déstabiliser» les employés. Sont visés l'ex-patron, Didier Lombard, et six autres dirigeants. 35 salariés s'étaient donnés la mort en 2008 et 2009.
Après sept ans d'enquête, le parquet de Paris a demandé le renvoi en procès pour harcèlement moral de France Télécom et de son ex-patron Didier Lombard, dans l'affaire de la vague de suicides de salariés au sein de l'entreprise en 2008 et 2009. L'entreprise de telecom et Didier Lombard sont soupçonnés d'avoir mis en place une politique de déstabilisation des salariés pour accélérer les départs au sein de l'entreprise.
Devenue Orange, France Télécom a été la première entreprise du CAC 40 à avoir été mise en examen pour harcèlement moral. Son procès amènerait la justice à trancher la première affaire de harcèlement à grande échelle dans une entreprise de cette taille. Dans ses réquisitions datées du 22 juin, le parquet a également demandé un procès pour harcèlement moral de deux autres dirigeants, Louis-Pierre Wenes, ex-numéro 2, et Olivier Barberot, ex-responsable des ressources humaines, et de quatre cadres pour complicité, a indiqué à l'AFP une source judiciaire. En tout, sept dirigeants doivent être renvoyés devant un tribunal correctionnel, selon le ministère public. Le juge d'instruction devrait se prononcer d'ici quelques semaines. Les dirigeants encourent jusqu'à deux ans d'emprisonnement et 30.000 euros d'amende, selon l'article 222-33-2 du code pénal.
«Un climat professionnel anxiogène»
Le parquet reproche à France Télécom d'avoir mis en place dès 2007 par des «agissements répétés» une politique d'entreprise qui a eu pour effet de «déstabiliser» les employés et de «créer un climat professionnel anxiogène», dans un contexte de restructuration délicate, selon une source proche de l'enquête. Trente-neuf victimes sont notamment citées sur la période 2006-2011: dix-neuf se sont suicidé, douze ont tenté de le faire, et 8 salariés ont subi un épisode de dépression ou ont été en arrêt de travail. Selon les syndicats et la direction, 35 salariés s'étaient donné la mort en 2008 et 2009. Dépassée, l'entreprise avait peiné à réagir. Didier Lombard, avait ainsi qualifié de «mode» les suicides de ses employés, provoquant l'indignation.
Le suicide en juillet 2009 d'un technicien marseillais, qui avait évoqué un «management par la terreur», avait donné un énorme retentissement à l'affaire, renforcé par plusieurs actes similaires. Deux mois plus tard, les syndicats déposaient plainte contre la direction de l'entreprise. Les plaignants, dont la fédération Sud-PTT, y voyaient la conséquence d'un «système» pour pousser les salariés au départ dans un contexte d'ouverture à la concurrence, après que l'Etat est devenu actionnaire minoritaire en 2004.
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