Erdogan veut rétablir la peine de mort
Posté : 17 juillet 2016 20:34
Vingt-quatre heures après le putsch avorté contre le pouvoir de Recep Tayyip Erdogan, des milliers de partisans du président sont de nouveau descendus dans les rues d'Ankara et d'Istanbul au soir du samedi 16 juillet 2016 pour manifester leur soutien aux autorités.
Le chef de l'Etat a participé au rassemblement d'Istanbul. Face à la foule, il a demandé au président américain d'extrader son vieil adversaire Fethullah Gülen, qui vit aux Etats-Unis. Il a aussi parlé d'un retour de la peine de mort en Turquie. Une purge a commencé dans le pays, bien au-delà de l'armée.
Les rassemblements de samedi ont été importants, surtout à Istanbul et beaucoup moins à Ankara. Les Turcs qui avaient été invités à manifester toute la journée, via des SMS envoyés par les opérateurs mobiles, ou encore à l'aide des très nombreux appels d'imams proférés depuis les mosquées, notamment lors des appels à la prière. Une nouvelle véritable démonstration de soutiens pour Recep Tayyip Erdogan après le coup d'Etat manqué.
Le président turc était lui-même présent lors d'une de ces manifestations à Istanbul. Un rassemblement au cours duquel la foule a notamment réclamé que les responsables du coup d'Etat manqué soient lynchés, rapporte notre correspondant sur place, Alexandre Billette. Ce à quoi le chef de l'Etat a répondu en promettant à ses soutiens que la question de la peine de mort allait être soumise au Parlement prochainement. En Turquie, la peine capitale a été abolie il y a dix ans.
Passages à tabac
Si quelques-uns sont parvenus à s'enfuir, officiellement, le bilan du coup d'Etat manqué est très lourd : 161 morts et quelque 1 440 blessés dans les forces loyalistes et chez les civils, selon le Premier ministre Binali Yildirim. Selon l'armée, 104 insurgés ont été abattus dans ses rangs. Quelque 2 839 militaires auraient été arrêtés. « Ces lâches se verront infliger la peine qu'ils méritent », a déclaré le chef du gouvernement.
Des soldats rebelles auraient déjà été passés à tabac. Un photographe de l'Agence-Presse confie avoir assisté, sur un pont d'Istanbul, au lynchage de deux militaires. L'un d'eux est mort sous ses yeux. Le département d'Etat a déconseillé aux Américains de se rendre en Turquie, et les accès à la base d'Incirlik, dans le sud du pays, ont été fermés. Les Etats-Unis ont donc suspendu leurs opérations aériennes contre le groupe Etat islamique en Syrie.
Un « Etat parallèle » turc ?
Pendant les 24 premières heures après le début du putsch, après son retour express de vacances en pleine nuit, le président Erdogan s'est donc prêté à un savant exercice de communication. Jusqu'à samedi soir, il a tout fait pour démontrer le soutien populaire dont il bénéficie dans le pays, et qui justifie à ses yeux les mesures qu'il entend désormais prendre pour punir les mutins qui se sont dressés contre lui.
Au centre du courroux présidentiel : Fethullah Gülen. Agé de 75 ans, le prédicateur musulman turc vit en reclus en Pennsylvanie depuis 1999. Mais cet un homme est à la tête d'un mouvement très influent dans son pays, et le président turc voit en cet ancien allié un ennemi juré. A peine arrivé à l'aéroport d'Istanbul samedi matin, Recep Tayyip Erdogan a dénoncé un soulèvement dans lequel « l'Etat parallèle », la confrérie Gülen, « a également une part ». Il l'a de nouveau sous-entendu samedi soir devant la foule.
Le chef de l'Etat a participé au rassemblement d'Istanbul. Face à la foule, il a demandé au président américain d'extrader son vieil adversaire Fethullah Gülen, qui vit aux Etats-Unis. Il a aussi parlé d'un retour de la peine de mort en Turquie. Une purge a commencé dans le pays, bien au-delà de l'armée.
Les rassemblements de samedi ont été importants, surtout à Istanbul et beaucoup moins à Ankara. Les Turcs qui avaient été invités à manifester toute la journée, via des SMS envoyés par les opérateurs mobiles, ou encore à l'aide des très nombreux appels d'imams proférés depuis les mosquées, notamment lors des appels à la prière. Une nouvelle véritable démonstration de soutiens pour Recep Tayyip Erdogan après le coup d'Etat manqué.
Le président turc était lui-même présent lors d'une de ces manifestations à Istanbul. Un rassemblement au cours duquel la foule a notamment réclamé que les responsables du coup d'Etat manqué soient lynchés, rapporte notre correspondant sur place, Alexandre Billette. Ce à quoi le chef de l'Etat a répondu en promettant à ses soutiens que la question de la peine de mort allait être soumise au Parlement prochainement. En Turquie, la peine capitale a été abolie il y a dix ans.
Passages à tabac
Si quelques-uns sont parvenus à s'enfuir, officiellement, le bilan du coup d'Etat manqué est très lourd : 161 morts et quelque 1 440 blessés dans les forces loyalistes et chez les civils, selon le Premier ministre Binali Yildirim. Selon l'armée, 104 insurgés ont été abattus dans ses rangs. Quelque 2 839 militaires auraient été arrêtés. « Ces lâches se verront infliger la peine qu'ils méritent », a déclaré le chef du gouvernement.
Des soldats rebelles auraient déjà été passés à tabac. Un photographe de l'Agence-Presse confie avoir assisté, sur un pont d'Istanbul, au lynchage de deux militaires. L'un d'eux est mort sous ses yeux. Le département d'Etat a déconseillé aux Américains de se rendre en Turquie, et les accès à la base d'Incirlik, dans le sud du pays, ont été fermés. Les Etats-Unis ont donc suspendu leurs opérations aériennes contre le groupe Etat islamique en Syrie.
Un « Etat parallèle » turc ?
Pendant les 24 premières heures après le début du putsch, après son retour express de vacances en pleine nuit, le président Erdogan s'est donc prêté à un savant exercice de communication. Jusqu'à samedi soir, il a tout fait pour démontrer le soutien populaire dont il bénéficie dans le pays, et qui justifie à ses yeux les mesures qu'il entend désormais prendre pour punir les mutins qui se sont dressés contre lui.
Au centre du courroux présidentiel : Fethullah Gülen. Agé de 75 ans, le prédicateur musulman turc vit en reclus en Pennsylvanie depuis 1999. Mais cet un homme est à la tête d'un mouvement très influent dans son pays, et le président turc voit en cet ancien allié un ennemi juré. A peine arrivé à l'aéroport d'Istanbul samedi matin, Recep Tayyip Erdogan a dénoncé un soulèvement dans lequel « l'Etat parallèle », la confrérie Gülen, « a également une part ». Il l'a de nouveau sous-entendu samedi soir devant la foule.