Chine : des espions payés très cher éloignent les maitresses
Posté : 09 septembre 2016 10:01
Lorsque madame Wang, 37 ans, a découvert effarée que son mari la trompait depuis plusieurs années, elle a fait appel à un escadron d'agents secrets, ultime recours en Chine pour sauver les mariages: les “éloigneurs de maîtresses”.
Plutôt que de demander le divorce, ce qui lui aurait fait perdre son statut social et financier, elle a recruté une aguerrie quadragénaire, chargée en toute discrétion de gagner la confiance de l'intruse grâce à la ruse, puis de la persuader de quitter l'époux volage.
En deux mois, la longue relation adultérine volait en éclats. Mme Wang, qui se décrit comme “simple employée”, dit avoir payé “entre 400.000 et 500.000 yuans” (54.000-67.000 euros) pour cette prestation, soit au minimum 70 fois le salaire mensuel moyen dans la province du Guangdong (sud), où elle réside. “Je pense que ça en valait la peine. Je suis satisfaite”, assure-t-elle à l'AFP. A tel point qu'elle envisage désormais de devenir elle-même éloigneuse de maîtresses. “De cette manière, je pourrai aider d'autres femmes à protéger leur famille et leurs droits”, dit-elle.
Dans une Chine où divorces et adultères explosent, le marché est porteur. L'entreprise utilisée par Mme Wang, Weiqing (“Protection des sentiments” en français), possède 59 filiales à travers le pays, proposant également conférences et conseils juridiques gratuits. Son fondateur, Shu Xin, 48 ans, dit avoir 300 agents sous ses ordres.
“Mon objectif est d'empêcher les divorces”, assure M. Shu à l'AFP dans la résidence huppée accueillant ses bureaux pékinois. “Chaque année, nous sauvons ainsi 5.000 couples”, affirme-t-il fièrement. Diplômés de psychologie, de sociologie ou de droit, ces Sherlock Holmes du coeur doivent avoir trois ans d'expérience dans le conseil avant d'être envoyés “sur le terrain”, où ils se font passer pour des voisins, des concierges, voire des baby-sitters.
Pas illégal
Mais les maîtresses restent mal considérées en Chine, où elles sont appelées des “xiaosan”, un terme péjoratif signifiant “tierce personne de rang inférieur (à l'épouse)”, et elles font parfois l'objet de violentes représailles. Fin juin, une vidéo publiée sur internet - la énième du genre - montrait une fille dévêtue de force et tabassée en pleine rue par un groupe de femmes la soupçonnant d'être la maîtresse du mari de l'une d'elles.
“Les maîtresses, c'est mondial. En Chine, la spécificité, c'est qu'elles sont entretenues: le mari, souvent riche, leur paie appartement de standing, voiture, produits de luxe”, détaille le patron de Weiqing. Evoquant son entreprise “d'éloignement de maîtresses”, il souligne: “On gagne beaucoup. Mais on perd beaucoup aussi, car en cas d'échec, l'intégralité de la somme est remboursée”.
En Chine 50% des couples seraient infidèles et ce chiffre augmente d'années en années
Plutôt que de demander le divorce, ce qui lui aurait fait perdre son statut social et financier, elle a recruté une aguerrie quadragénaire, chargée en toute discrétion de gagner la confiance de l'intruse grâce à la ruse, puis de la persuader de quitter l'époux volage.
En deux mois, la longue relation adultérine volait en éclats. Mme Wang, qui se décrit comme “simple employée”, dit avoir payé “entre 400.000 et 500.000 yuans” (54.000-67.000 euros) pour cette prestation, soit au minimum 70 fois le salaire mensuel moyen dans la province du Guangdong (sud), où elle réside. “Je pense que ça en valait la peine. Je suis satisfaite”, assure-t-elle à l'AFP. A tel point qu'elle envisage désormais de devenir elle-même éloigneuse de maîtresses. “De cette manière, je pourrai aider d'autres femmes à protéger leur famille et leurs droits”, dit-elle.
Dans une Chine où divorces et adultères explosent, le marché est porteur. L'entreprise utilisée par Mme Wang, Weiqing (“Protection des sentiments” en français), possède 59 filiales à travers le pays, proposant également conférences et conseils juridiques gratuits. Son fondateur, Shu Xin, 48 ans, dit avoir 300 agents sous ses ordres.
“Mon objectif est d'empêcher les divorces”, assure M. Shu à l'AFP dans la résidence huppée accueillant ses bureaux pékinois. “Chaque année, nous sauvons ainsi 5.000 couples”, affirme-t-il fièrement. Diplômés de psychologie, de sociologie ou de droit, ces Sherlock Holmes du coeur doivent avoir trois ans d'expérience dans le conseil avant d'être envoyés “sur le terrain”, où ils se font passer pour des voisins, des concierges, voire des baby-sitters.
Pas illégal
Mais les maîtresses restent mal considérées en Chine, où elles sont appelées des “xiaosan”, un terme péjoratif signifiant “tierce personne de rang inférieur (à l'épouse)”, et elles font parfois l'objet de violentes représailles. Fin juin, une vidéo publiée sur internet - la énième du genre - montrait une fille dévêtue de force et tabassée en pleine rue par un groupe de femmes la soupçonnant d'être la maîtresse du mari de l'une d'elles.
“Les maîtresses, c'est mondial. En Chine, la spécificité, c'est qu'elles sont entretenues: le mari, souvent riche, leur paie appartement de standing, voiture, produits de luxe”, détaille le patron de Weiqing. Evoquant son entreprise “d'éloignement de maîtresses”, il souligne: “On gagne beaucoup. Mais on perd beaucoup aussi, car en cas d'échec, l'intégralité de la somme est remboursée”.