La privatisation des radars est-elle un jackpot pour l'Etat?
Posté : 21 février 2017 05:43
La mesure, annoncée par le gouvernement en octobre 2015, rapporterait plus de 2 milliards d'euros à l'État, selon l'association 40 millions d'automobilistes. Le ministre de l'Intérieur entend, quant à lui, davantage utiliser ces radars pour sanctionner les comportements à risque.
L'annonce date du 2 octobre 2015, mais risque de faire grand bruit. Ce lundi, l'association 40 millions d'automobilistes a dénoncé la «privatisation» des radars embarqués, une «excellente opération financière» pour l'État.
Radars privatisés: les Français craignent une multiplication des amendes:
Concrètement, le gouvernement souhaite «externaliser» le pilotage des voitures banalisées transportant les radars mobiles nouvelle génération (RMNG) pour confier cette mission à des «prestataires agréés» par l'État. L'objectif: multiplier le nombre de contrôles. Et c'est bien ce que dénonce 40 millions d'automobilistes ce lundi. Un appel d'offres a déjà été lancé, avant une expérimentation, puis une généralisation. Selon Le Point, la Normandie a été choisie comme département test pour une mise en oeuvre de la mesure en septembre. Ce test devrait permettre de l'homologuer afin de l'élargir à l'ensemble du territoire
«La privatisation des radars embarqués n'a d'autre but que de générer, grâce aux amendes issues des contraventions, d'importantes sommes d'argent qui finiront dans les caisses de l'État (...) En revanche, il n'existe aucune preuve que cette mesure ait un quelconque effet positif sur la sécurité routière», affirme le président de l'association, Daniel Quero. Il estime qu'à plein régime, ce dispositif permettra à l'État d'engranger 2,2 milliards d'euros par an. Après avoir réuni près de 300.000 signatures dans une pétition contre cette «mesure scandaleuse», elle appelle les automobilistes à lui faire parvenir leurs photos, qui seront ensuite diffusées pour une «manifestation numérique».
Bruno Le Roux réplique:
Le ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux a annoncé le 8 janvier que l'appel d'offres avait été lancé «pour que ces radars (embarqués, NDLR) soient confiés à des sociétés qui vont uniquement les faire rouler». «Ils resteront sous la responsabilité de l'État», a-t-il assuré, puisque les infractions sont constatées par le radar automatique embarqué et que le PV est rédigé par un officier de police au centre de traitement des infractions routières de Rennes.
«La moyenne d'utilisation d'un de ces radars est d'un peu plus une heure par jour (1h13, NDLR), c'est du matériel qui est sous-utilisé. Il faut beaucoup plus l'utiliser pour faire en sorte que les comportements de dépassement de vitesse soient sanctionnés», a encore expliqué Bruno Le Roux. Les sociétés privées «ne seront pas rémunérées au nombre d'infractions mais au temps que le radar aura passé sur la route», a-t-il rappelé.
Cette mesure s'inscrit dans une stratégie pour tenter d'enrayer la hausse de la mortalité routière enregistrée depuis 2014. En 2016, 3469 personnes sont mortes sur les routes, pour la troisième année consécutive, une première depuis 1972.
Source:Le Figaro.
L'annonce date du 2 octobre 2015, mais risque de faire grand bruit. Ce lundi, l'association 40 millions d'automobilistes a dénoncé la «privatisation» des radars embarqués, une «excellente opération financière» pour l'État.
Radars privatisés: les Français craignent une multiplication des amendes:
Concrètement, le gouvernement souhaite «externaliser» le pilotage des voitures banalisées transportant les radars mobiles nouvelle génération (RMNG) pour confier cette mission à des «prestataires agréés» par l'État. L'objectif: multiplier le nombre de contrôles. Et c'est bien ce que dénonce 40 millions d'automobilistes ce lundi. Un appel d'offres a déjà été lancé, avant une expérimentation, puis une généralisation. Selon Le Point, la Normandie a été choisie comme département test pour une mise en oeuvre de la mesure en septembre. Ce test devrait permettre de l'homologuer afin de l'élargir à l'ensemble du territoire
«La privatisation des radars embarqués n'a d'autre but que de générer, grâce aux amendes issues des contraventions, d'importantes sommes d'argent qui finiront dans les caisses de l'État (...) En revanche, il n'existe aucune preuve que cette mesure ait un quelconque effet positif sur la sécurité routière», affirme le président de l'association, Daniel Quero. Il estime qu'à plein régime, ce dispositif permettra à l'État d'engranger 2,2 milliards d'euros par an. Après avoir réuni près de 300.000 signatures dans une pétition contre cette «mesure scandaleuse», elle appelle les automobilistes à lui faire parvenir leurs photos, qui seront ensuite diffusées pour une «manifestation numérique».
Bruno Le Roux réplique:
Le ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux a annoncé le 8 janvier que l'appel d'offres avait été lancé «pour que ces radars (embarqués, NDLR) soient confiés à des sociétés qui vont uniquement les faire rouler». «Ils resteront sous la responsabilité de l'État», a-t-il assuré, puisque les infractions sont constatées par le radar automatique embarqué et que le PV est rédigé par un officier de police au centre de traitement des infractions routières de Rennes.
«La moyenne d'utilisation d'un de ces radars est d'un peu plus une heure par jour (1h13, NDLR), c'est du matériel qui est sous-utilisé. Il faut beaucoup plus l'utiliser pour faire en sorte que les comportements de dépassement de vitesse soient sanctionnés», a encore expliqué Bruno Le Roux. Les sociétés privées «ne seront pas rémunérées au nombre d'infractions mais au temps que le radar aura passé sur la route», a-t-il rappelé.
Cette mesure s'inscrit dans une stratégie pour tenter d'enrayer la hausse de la mortalité routière enregistrée depuis 2014. En 2016, 3469 personnes sont mortes sur les routes, pour la troisième année consécutive, une première depuis 1972.
Source:Le Figaro.