Louis Alliot refuse une convocation de la police
Posté : 22 juin 2017 13:06
Le nouveau député de Perpignan est convoqué par les policiers de l'office anticorruption dans le cadre de l'enquête sur les assistants parlementaires européens du Front national.
La victoire aux législatives n'aura pas suffi à faire oublier les affaires. Ce jeudi matin, le vice-président du Front national Louis Aliot a refusé de se rendre à une convocation de la police, a indiqué une source proche de l'enquête à l'Agence France-Presse.
Le député Front national, élu pour la première fois ce dimanche, devait être entendu par les policiers de l'office anticorruption. Le parti est soupçonné d'avoir mis en place un système pour rémunérer ses employés avec des crédits européens, en les faisant salarier comme assistants de ses eurodéputés. Le Parlement européen évalue son préjudice à 5 millions d'euros pour la période du 1er avril 2012 au 1er avril 2017. Une précédente estimation en septembre 2015 évaluait ce préjudice potentiel à 1,9 million d'euros.
Le 10 mars, Marine Le Pen avait aussi été convoquée dans cette même affaire en vue de sa possible mise en examen pour abus de confiance au sujet des salaires versés à sa chef de cabinet au FN, Catherine Griset, elle-même mise en examen pour recel. Elle avait refusé de s'y rendre, comme elle en a le droit.
Alors parlementaires européens, et maintenant députés, Marine Le Pen et Louis Aliot bénéficient d'une immunité parlementaire qui interdit à la justice de prendre une quelconque mesure coercitive vis-à-vis d'un élu en exercice, y compris une mise en examen. Le Parlement européen étudie la possibilité de lever l'immunité de Marine Le Pen dans cette affaire. La procédure, entamée en avril, peut durer trois à six mois.
Face aux soupçons, le Front national avait riposté en dénonçant 19 eurodéputés de tous bords, dont deux du MoDem, pour des faits similaires. Le 9 juin, le parquet a ouvert une enquête pour «abus de confiance et recel de ce délit» consacrée uniquement au parti de François Bayrou, qui avait envoyé six élus au Parlement de Strasbourg entre 2009 et 2014. Ce dossier a poussé hors du gouvernement «Philippe 1» trois ministres MoDem, François Bayrou, Marielle de Sarnez et Sylvie Goulard.