Une chambre inutile !
Posté : 16 septembre 2017 14:19
La chambre des dépités CESE
Les 233 membres du Conseil économique social et environnemental (CESE) sont censés éclairer le gouvernement sur des sujets de société. Leur avis est purement consultatif.
Peut être est-ce ce pour cela que chaque nouvelle promotion(tous les 5 ans) recèle son lot de politiques déchus, syndicalistes en fin de carrière, artistes en mal de succès.
Ils viennent trouver là, sinon une retraite tranquille, au moins un strapontin doré en attendant des jours meilleurs.
Le CESE entretient un savant rideau de fumée sur les statistiques de présence de ses conseillers, cependant, nous avons réussi à identifier le cas d’une conseillère de l’actuelle mandature (représentante des Jeunes agriculteurs) qui n’est venu que deux fois en 29 séances plénières.
Quand nous avons demandé au président Patrick Bernasconi ce qu’il comptait faire concernant son cas, il nous a demandé de répéter son nom. Il ne la connaissait pas…
Le statut en or des 150 fonctionnaires du CESE
Au palais d’Iéna, le salaire moyen des agents approche les 4000€/mois. Un niveau rarement vu dans la fonction publique, tout comme les 150 000€ annuels du secrétaire général.
A ce prix-là, les agents ont en plus la possibilité de faire une heure de gym par jour sur leur temps de travail, et bénéficient d’un nombre de jours de congés qui fait que certains travaillent moins d’un jour sur deux en moyenne sur une année…
Explication d’un ancien haut fonctionnaire de la maison : « le personnel a noué de fortes relations de solidarité avec les syndicats présents dans l’assemblée… Au cours du temps, ils ont obtenu des statuts et des déroulements de carrière sans équivalent… ». Quitte à parfois sortir des règles élémentaires de bonne gestion. Pendant longtemps, le CESE déclarait une dizaine de postes « fantômes » au ministère des Finances, que Bercy finançait. Cette enveloppe était ensuite répartie en primes entre les salariés ! Certains agents se voyaient attribuer des heures supplémentaires fictives. La gestion des achats se faisait sans appel d’offres…
Deux audits de la Cour des comptes ont semble-t-il permis de remettre un peu d’ordre, mais les juges s’interrogent toujours sur la légalité de certaines primes et ont trouvé des agents dont le temps de travail est de 200h inférieur à la durée légale annuelle !
Des rapports qui finissent dans les placards
« Vous avez des gens qui travaillent, parfois beaucoup, qui font de beaux rapports… et puis ces rapports on les oublie ». Ce constat sans appel n’émane pas d’un adversaire du CESE (ils sont pourtant nombreux).
La qualité de ses travaux est également souvent pointée du doigt. Comme ils doivent concilier les intérêts de toutes (ou presque) les organisations présentes, « il s’en dégage un consensus mou », sourit l’ancienne conseillère Sophie de Menthon qui explique : « quand vous êtes trente autour de la table, parfois, le choix d’un adjectif peut prendre une heure ! ». Spécialiste des océans, Claire Nouvian a aussi siégé quelques mois au palais d’Iéna. Pour elle, le système est précisément bloqué en raison de la présence d’intérêts trop divergents et de la volonté d’arriver à un compromis obligatoire :« tous les sujets qui peuvent fâcher sont immédiatement tués dans l’œuf, parce qu’il y a la pression des syndicats, des organisations professionnelles… »
Le CESE produit une vingtaine de rapports (des « avis » dans le jargon maison) par an, mais il est bien rare que l’un d’entre eux fasse l’actualité..../...
https://www.franceinter.fr/emissions/se ... embre-2017
Les 233 membres du Conseil économique social et environnemental (CESE) sont censés éclairer le gouvernement sur des sujets de société. Leur avis est purement consultatif.
Peut être est-ce ce pour cela que chaque nouvelle promotion(tous les 5 ans) recèle son lot de politiques déchus, syndicalistes en fin de carrière, artistes en mal de succès.
Ils viennent trouver là, sinon une retraite tranquille, au moins un strapontin doré en attendant des jours meilleurs.
Le CESE entretient un savant rideau de fumée sur les statistiques de présence de ses conseillers, cependant, nous avons réussi à identifier le cas d’une conseillère de l’actuelle mandature (représentante des Jeunes agriculteurs) qui n’est venu que deux fois en 29 séances plénières.
Quand nous avons demandé au président Patrick Bernasconi ce qu’il comptait faire concernant son cas, il nous a demandé de répéter son nom. Il ne la connaissait pas…
Le statut en or des 150 fonctionnaires du CESE
Au palais d’Iéna, le salaire moyen des agents approche les 4000€/mois. Un niveau rarement vu dans la fonction publique, tout comme les 150 000€ annuels du secrétaire général.
A ce prix-là, les agents ont en plus la possibilité de faire une heure de gym par jour sur leur temps de travail, et bénéficient d’un nombre de jours de congés qui fait que certains travaillent moins d’un jour sur deux en moyenne sur une année…
Explication d’un ancien haut fonctionnaire de la maison : « le personnel a noué de fortes relations de solidarité avec les syndicats présents dans l’assemblée… Au cours du temps, ils ont obtenu des statuts et des déroulements de carrière sans équivalent… ». Quitte à parfois sortir des règles élémentaires de bonne gestion. Pendant longtemps, le CESE déclarait une dizaine de postes « fantômes » au ministère des Finances, que Bercy finançait. Cette enveloppe était ensuite répartie en primes entre les salariés ! Certains agents se voyaient attribuer des heures supplémentaires fictives. La gestion des achats se faisait sans appel d’offres…
Deux audits de la Cour des comptes ont semble-t-il permis de remettre un peu d’ordre, mais les juges s’interrogent toujours sur la légalité de certaines primes et ont trouvé des agents dont le temps de travail est de 200h inférieur à la durée légale annuelle !
Des rapports qui finissent dans les placards
« Vous avez des gens qui travaillent, parfois beaucoup, qui font de beaux rapports… et puis ces rapports on les oublie ». Ce constat sans appel n’émane pas d’un adversaire du CESE (ils sont pourtant nombreux).
La qualité de ses travaux est également souvent pointée du doigt. Comme ils doivent concilier les intérêts de toutes (ou presque) les organisations présentes, « il s’en dégage un consensus mou », sourit l’ancienne conseillère Sophie de Menthon qui explique : « quand vous êtes trente autour de la table, parfois, le choix d’un adjectif peut prendre une heure ! ». Spécialiste des océans, Claire Nouvian a aussi siégé quelques mois au palais d’Iéna. Pour elle, le système est précisément bloqué en raison de la présence d’intérêts trop divergents et de la volonté d’arriver à un compromis obligatoire :« tous les sujets qui peuvent fâcher sont immédiatement tués dans l’œuf, parce qu’il y a la pression des syndicats, des organisations professionnelles… »
Le CESE produit une vingtaine de rapports (des « avis » dans le jargon maison) par an, mais il est bien rare que l’un d’entre eux fasse l’actualité..../...
https://www.franceinter.fr/emissions/se ... embre-2017