La cocaine en tête des drogues les plus consommées en France
Posté : 22 décembre 2017 05:34
La cocaïne continue sa percée, l'héroïne arrive dans certaines régions: ces deux drogues phares des années 90 se retrouvent dans plusieurs villes de France, selon une étude de l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) publiée hier.
À partir de la seconde moitié des années 90, la cocaïne a commencé à se diffuser auprès de populations diverses, en dépit d'un prix de plus en plus élevé (85 € le gr. en 2016-2017, contre 67 € en 2010). "Pendant plusieurs années, les usagers s'en étaient détournés en raison d'une baisse de pureté de la cocaïne, devenue d'assez mauvaise qualité, poussant les usagers à aller vers d'autres produits", a expliqué Agnès Cadet Taïrou, épidémiologiste et spécialiste de la veille sur les phénomènes émergents à l'OFDT. Désormais plus "pure", cette poudre blanche, venue des Antilles et de Guyane, séduit un public hétéroclite qui va des "personnes insérées" aux précaires, en passant par les fêtards, relève l'OFDT dans son étude sur les Tendances récentes et nouvelles drogues. Et les occasions pour la consommer se multiplient : dans des "fêtes" mais aussi, fait nouveau, aux "apéros" ou dans des "cadres non festifs", indique l'experte, qui souligne la présence de cocaïne dans toutes les villes où a été menée l'enquête, en particulier à Bordeaux, Lille, Metz ou Rennes.
Autre tendance notable : celle de la poussée de l'héroïne, "dont la consommation a émergé en France à la fin des années 60, dans les milieux étudiants et de la contre-culture" avant de s'élargir" aux quartiers populaires et à la banlieue", rapporte Michel Gandilhon, chargé d'études à l'OFDT. Historiquement plus présente dans le Nord, cette poudre blanche ou brunâtre - qui se sniffe, se fume ou s'injecte - se retrouve désormais dans le Sud (dans les quartiers nord de Marseille, à la cité du Mirail à Toulouse, ou encore à Bordeaux). Selon les données relevées, de nouvelles filières albanophones sont apparues en Rhône-Alpes et à Lyon, où elles détiennent jusqu'à 90% du marché, avec des points de vente dans les rues d'Annemasse, Annecy ou Villeurbanne, par exemple.
Risques sanitaires:
"L'héroïne doit être surveillée avec une extrême attention", insiste M. Gandilhon, pointant du doigt son caractère "addictogène"."L'héroïne revient régulièrement par périodes, en fonction de l'offre et de la demande", insiste le Dr Mario Blaise, du centre médical Marmottan (XVIIe arr. parisien) en charge des toxicomanes. Fabrice Olivet, membre de l'association Autosupport des usagers de drogue (Asud), écarte la crainte d'un risque sanitaire majeur : "Les nouveaux usages d'héroïne issus de la scène festive" s'orientent "vers 'la chasse au dragon' (fumer) et le 'sniff'", et moins vers l'injection, qui est encore "liée dans la mémoire collective à l'épidémie du sida". Par ailleurs, les usagers sont aujourd'hui informés des "techniques d'injection à moindre risque", souligne Fabrice Olivet.
Pour Michel Gandilhon, le risque existe cependant : "Aux États-Unis, où environ 14 000 personnes sont décédées l'an dernier d'une overdose, on parle d'épidémie".
Les conséquences sanitaires de la cocaïne se font, elles, déjà sentir. Dans une note, l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) s'est inquiétée d'une hausse des hospitalisations en urgence pour des "symptômes cardio-vasculaires, neurologiques, psychiatriques, convulsions ou comas...".
Source:La Provence.
À partir de la seconde moitié des années 90, la cocaïne a commencé à se diffuser auprès de populations diverses, en dépit d'un prix de plus en plus élevé (85 € le gr. en 2016-2017, contre 67 € en 2010). "Pendant plusieurs années, les usagers s'en étaient détournés en raison d'une baisse de pureté de la cocaïne, devenue d'assez mauvaise qualité, poussant les usagers à aller vers d'autres produits", a expliqué Agnès Cadet Taïrou, épidémiologiste et spécialiste de la veille sur les phénomènes émergents à l'OFDT. Désormais plus "pure", cette poudre blanche, venue des Antilles et de Guyane, séduit un public hétéroclite qui va des "personnes insérées" aux précaires, en passant par les fêtards, relève l'OFDT dans son étude sur les Tendances récentes et nouvelles drogues. Et les occasions pour la consommer se multiplient : dans des "fêtes" mais aussi, fait nouveau, aux "apéros" ou dans des "cadres non festifs", indique l'experte, qui souligne la présence de cocaïne dans toutes les villes où a été menée l'enquête, en particulier à Bordeaux, Lille, Metz ou Rennes.
Autre tendance notable : celle de la poussée de l'héroïne, "dont la consommation a émergé en France à la fin des années 60, dans les milieux étudiants et de la contre-culture" avant de s'élargir" aux quartiers populaires et à la banlieue", rapporte Michel Gandilhon, chargé d'études à l'OFDT. Historiquement plus présente dans le Nord, cette poudre blanche ou brunâtre - qui se sniffe, se fume ou s'injecte - se retrouve désormais dans le Sud (dans les quartiers nord de Marseille, à la cité du Mirail à Toulouse, ou encore à Bordeaux). Selon les données relevées, de nouvelles filières albanophones sont apparues en Rhône-Alpes et à Lyon, où elles détiennent jusqu'à 90% du marché, avec des points de vente dans les rues d'Annemasse, Annecy ou Villeurbanne, par exemple.
Risques sanitaires:
"L'héroïne doit être surveillée avec une extrême attention", insiste M. Gandilhon, pointant du doigt son caractère "addictogène"."L'héroïne revient régulièrement par périodes, en fonction de l'offre et de la demande", insiste le Dr Mario Blaise, du centre médical Marmottan (XVIIe arr. parisien) en charge des toxicomanes. Fabrice Olivet, membre de l'association Autosupport des usagers de drogue (Asud), écarte la crainte d'un risque sanitaire majeur : "Les nouveaux usages d'héroïne issus de la scène festive" s'orientent "vers 'la chasse au dragon' (fumer) et le 'sniff'", et moins vers l'injection, qui est encore "liée dans la mémoire collective à l'épidémie du sida". Par ailleurs, les usagers sont aujourd'hui informés des "techniques d'injection à moindre risque", souligne Fabrice Olivet.
Pour Michel Gandilhon, le risque existe cependant : "Aux États-Unis, où environ 14 000 personnes sont décédées l'an dernier d'une overdose, on parle d'épidémie".
Les conséquences sanitaires de la cocaïne se font, elles, déjà sentir. Dans une note, l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) s'est inquiétée d'une hausse des hospitalisations en urgence pour des "symptômes cardio-vasculaires, neurologiques, psychiatriques, convulsions ou comas...".
Source:La Provence.