Ces politiques qui pointent à Pôle emploi
Posté : 29 décembre 2017 18:10
Après le raz-de-marée La République en Marche lors des dernières élections, de nombreux députés et ministres se retrouvent sans emploi. Parmi eux, bon nombre de socialistes.
Il y a moins d’un an, ils étaient sous le feu des projecteurs. Désormais, ils pointent à Pôle Emploi. Selon les informations du Figaro, la vague de « dégagisme » survenue à l’élection présidentielle et surtout aux législatives a coûté gros à plusieurs ministres et députés de l’ère Hollande.
La plupart d’entre eux vivaient de la politique depuis longtemps, voire depuis toujours. Conséquence, sans mandat électoral ni poste au gouvernement, ils se retrouvent au chômage. « Tu sers ton pays comme parlementaire et comme ministre, en essayant de faire de ton mieux. Il n’y a rien en retour, ni statut de l’élu, ni création de passerelles pour permettre de retrouver un emploi […] Et dans le populisme ambiant, pas le droit de se plaindre. On est obligé de rester silencieux. On ne peut pas dire qu’on galère », déplore dans Le Figaro un ex-ministre de François Hollande.
« C’est vrai qu’à la rentrée parlementaire, pendant la session budgétaire, on se dit qu’on n’est plus dedans, qu’on est un peu à côté, on est un peu frustré. Quarante ans d’engagement militant, ça ne s’interrompt pas du jour au lendemain, mais chacun sa place », admettait en novembre l’ancien ministre du Budget Christian Eckert sur Europe 1. Même s’il y voit des aspects positifs. « On peut dormir, s’occuper de soi, de sa famille », reconnait-il.
« Il y en a qui frisent la dépression »
Si les anciens parlementaires ont le droit à une allocation dégressive pendant trois ans (les députés touchent 100 % de l’indemnité parlementaire soit 5999,80 euros bruts pendant six mois, puis elle diminue progressivement et descend à 20 % le sixième semestre, soit 1199,96 euros bruts par mois), ce n’est pas le cas des ministres. Ces derniers touchent leur indemnité de ministre pendant trois mois (9 440 euros bruts mensuels), puis plus rien. Ils ne peuvent cumuler cette indemnité avec un mandat d’élu ou la toucher s’ils retrouvent un emploi pendant ces trois mois.
« Demain, je pousse la porte de Pôle emploi. Je vais devoir passer une validation des acquis de l’expérience et un bilan de compétence », déclarait la socialiste d’Île-et-Vilaine Marie-Anne Chapdelain peu après sa défaite. « Il y en a qui frisent la dépression, qui n’arrivent plus à joindre les deux bouts », relate au Figaro l’ancien député écologiste Christophe Cavard, toujours en recherche d’emploi.Emmanuelle Cosse, ancienne ministre du Logement peine aussi à trouver un travail, même si elle est encore conseillère régionale d’Île-de-France. Elle expliquait en août dernier postuler auprès des dirigeants qu’elle a côtoyés lors de ses précédentes responsabilités.
L’heure est aujourd’hui à la reconversion pour les ex-politiques. Plutôt qu’aller faire la queue dans une agence Pôle Emploi, certains activent leur réseau pour aller dans le privé. L’ex-députée LR de Vitré Isabelle Le Calennec travaille actuellement au sein d’un groupe qui œuvre pour l’accès au logement social. « Il y a bien pire dans la vie que d’être battue aux législatives. Quand on sait qui on est, où on va et les valeurs qui nous portent, on arrive à rebondir », confie-t-elle.
D’autres, comme l’ancienne ministre du Travail Myriam El Khomri, l’ancien secrétaire d’État et sénateur de l’Essonne, Jean-Vincent Placé ou le « monsieur élections » du PS, Christophe Borgel ont monté leur entreprise. Pour autant, leur réussite professionnelle dans le privé est à relativiser. « Tous n’évitent pas la crise », constate un ancien parlementaire socialiste.
Les médias, nouveau refuge
Autre voie de reconversion pour les politiques déchus : les plateaux de télévision et les radios, qu’ils fréquentaient assidûment lorsqu’ils avaient un mandat. À droite, Roselyne Bachelot avait montré la voie à suivre en devenant chroniqueuse sur D8 dès 2012. Ses collègues l’ont imité. L’ancien ministre de Nicolas Sarkozy et battu lors des dernières législatives Henri Guaino officie désormais comme éditorialiste à Sud Radio, tandis que Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre de Jacques Chirac et longtemps sénateur est, lui, chroniqueur sur France 2.
Du côté des socialistes, le proche de François Hollande Julien Dray et ex-député de l’Essonne jusqu’en 2012 intervient régulièrement sur LCI, tandis que l’ex-ministre de la Culture Aurélie Filippetti fait partie de la bande de l’émission « On refait le monde » sur RTL. Parmi nos ex-représentants, tous ne sont donc pas logés à la même enseigne.
https://www.ouest-france.fr/politique/c ... oi-5476065
Il y a moins d’un an, ils étaient sous le feu des projecteurs. Désormais, ils pointent à Pôle Emploi. Selon les informations du Figaro, la vague de « dégagisme » survenue à l’élection présidentielle et surtout aux législatives a coûté gros à plusieurs ministres et députés de l’ère Hollande.
La plupart d’entre eux vivaient de la politique depuis longtemps, voire depuis toujours. Conséquence, sans mandat électoral ni poste au gouvernement, ils se retrouvent au chômage. « Tu sers ton pays comme parlementaire et comme ministre, en essayant de faire de ton mieux. Il n’y a rien en retour, ni statut de l’élu, ni création de passerelles pour permettre de retrouver un emploi […] Et dans le populisme ambiant, pas le droit de se plaindre. On est obligé de rester silencieux. On ne peut pas dire qu’on galère », déplore dans Le Figaro un ex-ministre de François Hollande.
« C’est vrai qu’à la rentrée parlementaire, pendant la session budgétaire, on se dit qu’on n’est plus dedans, qu’on est un peu à côté, on est un peu frustré. Quarante ans d’engagement militant, ça ne s’interrompt pas du jour au lendemain, mais chacun sa place », admettait en novembre l’ancien ministre du Budget Christian Eckert sur Europe 1. Même s’il y voit des aspects positifs. « On peut dormir, s’occuper de soi, de sa famille », reconnait-il.
« Il y en a qui frisent la dépression »
Si les anciens parlementaires ont le droit à une allocation dégressive pendant trois ans (les députés touchent 100 % de l’indemnité parlementaire soit 5999,80 euros bruts pendant six mois, puis elle diminue progressivement et descend à 20 % le sixième semestre, soit 1199,96 euros bruts par mois), ce n’est pas le cas des ministres. Ces derniers touchent leur indemnité de ministre pendant trois mois (9 440 euros bruts mensuels), puis plus rien. Ils ne peuvent cumuler cette indemnité avec un mandat d’élu ou la toucher s’ils retrouvent un emploi pendant ces trois mois.
« Demain, je pousse la porte de Pôle emploi. Je vais devoir passer une validation des acquis de l’expérience et un bilan de compétence », déclarait la socialiste d’Île-et-Vilaine Marie-Anne Chapdelain peu après sa défaite. « Il y en a qui frisent la dépression, qui n’arrivent plus à joindre les deux bouts », relate au Figaro l’ancien député écologiste Christophe Cavard, toujours en recherche d’emploi.Emmanuelle Cosse, ancienne ministre du Logement peine aussi à trouver un travail, même si elle est encore conseillère régionale d’Île-de-France. Elle expliquait en août dernier postuler auprès des dirigeants qu’elle a côtoyés lors de ses précédentes responsabilités.
L’heure est aujourd’hui à la reconversion pour les ex-politiques. Plutôt qu’aller faire la queue dans une agence Pôle Emploi, certains activent leur réseau pour aller dans le privé. L’ex-députée LR de Vitré Isabelle Le Calennec travaille actuellement au sein d’un groupe qui œuvre pour l’accès au logement social. « Il y a bien pire dans la vie que d’être battue aux législatives. Quand on sait qui on est, où on va et les valeurs qui nous portent, on arrive à rebondir », confie-t-elle.
D’autres, comme l’ancienne ministre du Travail Myriam El Khomri, l’ancien secrétaire d’État et sénateur de l’Essonne, Jean-Vincent Placé ou le « monsieur élections » du PS, Christophe Borgel ont monté leur entreprise. Pour autant, leur réussite professionnelle dans le privé est à relativiser. « Tous n’évitent pas la crise », constate un ancien parlementaire socialiste.
Les médias, nouveau refuge
Autre voie de reconversion pour les politiques déchus : les plateaux de télévision et les radios, qu’ils fréquentaient assidûment lorsqu’ils avaient un mandat. À droite, Roselyne Bachelot avait montré la voie à suivre en devenant chroniqueuse sur D8 dès 2012. Ses collègues l’ont imité. L’ancien ministre de Nicolas Sarkozy et battu lors des dernières législatives Henri Guaino officie désormais comme éditorialiste à Sud Radio, tandis que Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre de Jacques Chirac et longtemps sénateur est, lui, chroniqueur sur France 2.
Du côté des socialistes, le proche de François Hollande Julien Dray et ex-député de l’Essonne jusqu’en 2012 intervient régulièrement sur LCI, tandis que l’ex-ministre de la Culture Aurélie Filippetti fait partie de la bande de l’émission « On refait le monde » sur RTL. Parmi nos ex-représentants, tous ne sont donc pas logés à la même enseigne.
https://www.ouest-france.fr/politique/c ... oi-5476065