Démantèlement de campements dans le Nord-Est Parisien.
Posté : 30 mai 2018 06:28
Plus de 2 300 personnes s’entassent depuis des mois dans des campements au Nord-Est de Paris. L’évacuation du plus important campement, appelé le « Millénaire », situé le long du canal Saint-Denis, se déroule ce mardi matin. Plus de 1 500 personnes doivent être mises à l’abri avant l’examen de leur situation. Une opération décidée après des semaines de polémique entre l’État et la Ville de Paris.
Des centaines de tentes alignées sous les ponts du canal Saint-Denis, près de la porte de la Villette. Et plus de 1 500 personnes, qui vivent dans une précarité extrême depuis cet hiver : principalement des hommes, âgés de 18 à 35 ans, venus de la corne de l’Afrique (Erythrée, Soudan, Éthiopie et Somalie), pour demander l’asile ou rejoindre l’Angleterre.
Le campement dit du Millénaire, du nom d’un grand centre commercial voisin, est le plus important de la capitale. Mais pas le seul. Non loin, sur les quais du canal Saint-Martin, quelque 400 migrants, essentiellement des Afghans, vivent dans ces mêmes conditions, dénoncées par de nombreux observateurs, associations et personnalités. Autant sont installés aussi sur un nœud autoroutier près la porte de la Chapelle. Soit, au total, plus de 2 300 exilés vivant dans les rues de la capitale, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur.
« Ils sont libres de monter dans les bus »
Il a annoncé la semaine dernière l’évacuation de ces campements « à bref délai ». La première opération, en raison du nombre de réfugiés, de l’urgence sanitaire et des problèmes de sécurité, se déroule au « Millénaire » ce matin.
L’État et la Ville se sont mis d’accord pour « procéder à une mise à l’abri de tout le monde. C’est la priorité. Les gens sont libres de monter dans les bus ou de partir. Une solution d’hébergement sera proposée à chacun, avant que les situations individuelles soient ensuite examinées », dit-on à la Ville de Paris, qui a fermé exceptionnellement ce mercredi l’école primaire toute proche et la halte-garderie.
780 places d’hébergement ouvertes à Paris:
Des équipes municipales se chargent d’orienter les mineurs non accompagnés, les femmes et les familles vers un centre d’accueil. « Les associations qui interviennent dans ce campement ont déjà cette priorité, mais il y a de nouvelles arrivées chaque jour ».
Pour les hommes, Paris ouvre 780 places d’hébergement d’urgence, dans six sites - surtout des gymnases -, gérés par des associations. « Toutes resteront ouvertes le temps nécessaire à l’examen des situations. » D’autres espaces vont accueillir également des exilés ailleurs en Ile-de-France.
Ville et État se rejettent la responsabilité:
Cette grande opération de mise à l’abri était attendue. « C’est déjà ça », dit-on à la mairie de Paris, en sachant que ça ne réglera pas le problème à long terme. Depuis des semaines la maire PS de Paris, Anne Hidalgo, et le Ministre de l’Intérieur se rejettent la responsabilité de ces campements.
Dans un communiqué la semaine dernière, Gérard Collomb, reprochait notamment à la ville de ne pas avoir demandé l’évacuation par la justice. Et de ne pas prendre les mesures, alors qu’il s’agit de la 35e mise à l’abri dans la capitale depuis 2015, pour que ces campements ne se reconstituent pas. « Aujourd’hui, la demande d’asile […] se concentre largement sur Paris sa région : 40 % de la demande en France », souligne-t-il, en notant que la ville « ne compte que 2 % des places d’hébergement ».
Selon le ministre de l’Intérieur, il « convient donc de penser le problème parisien dans une logique d’ensemble qui permette de faire respecter la loi républicaine en matière d’asile et d’immigration pour pouvoir accueillir celles et ceux qui peuvent bénéficier de la protection mais aussi éloigner ceux qui n’ont pas vocation à rester sur le territoire national ».
« L’État doit assumer »
En réponse, la Ville de Paris s’est réjouie, après l’annonce d’une mise à l’abri des réfugiés, du choix de l’État « d’assumer ses responsabilités en matière d’accueil des demandeurs d’asile, d’hébergement et d’ordre public ». Après avoir réclamé cette opération depuis des semaines, la municipalité y voit une « confirmation que l’État n’a pas besoin d’une décision de justice pour intervenir ».
Elle rappelle aussi que « Paris compte déjà plus de 34 % des places d’hébergement d’urgence de tout l’Ile-de-France. 2 500 places en plus ont été créées depuis 2014. Six lieux supplémentaires, d’une capacité totale de 1 000 places ont été proposés en avril 2018 par la ville au ministère de l’Intérieur. »
« La question centrale des dublinés »
Pour Anne Hidalgo, il est essentiel que l’État mette en place « des dispositifs pérennes et fluides d’accueil et de prise en charge des migrants qui arrivent à Paris et dans l’ensemble de la France […] La question centrale est celle des « dublinés » » : ces migrants qui, selon l’accord de Dublin, doivent déposer une demande d’asile dans le premier pays où ils ont été contrôlés, souvent la Grèce et l’Italie.
« Ils relèvent, comme tout demandeur d’asile, de la compétence l’État, dit Dominique Versini, adjointe en charge des solidarités. Mais l’État ne veut pas prendre le risque de les héberger. Sauf qu’ils sont là avec d’autres. Tous doivent donc être mis à l’abri, puis leur situation examinée. Sans cela, de nouveaux campements apparaîtront très vite dans les rues de la capitale. Et il est évident qu’aucune barrière, aucun aménagement public, ne pourra empêcher cela : Paris compte plus de 1 400 km de voirie. »
Source:Ouest-France.
Des centaines de tentes alignées sous les ponts du canal Saint-Denis, près de la porte de la Villette. Et plus de 1 500 personnes, qui vivent dans une précarité extrême depuis cet hiver : principalement des hommes, âgés de 18 à 35 ans, venus de la corne de l’Afrique (Erythrée, Soudan, Éthiopie et Somalie), pour demander l’asile ou rejoindre l’Angleterre.
Le campement dit du Millénaire, du nom d’un grand centre commercial voisin, est le plus important de la capitale. Mais pas le seul. Non loin, sur les quais du canal Saint-Martin, quelque 400 migrants, essentiellement des Afghans, vivent dans ces mêmes conditions, dénoncées par de nombreux observateurs, associations et personnalités. Autant sont installés aussi sur un nœud autoroutier près la porte de la Chapelle. Soit, au total, plus de 2 300 exilés vivant dans les rues de la capitale, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur.
« Ils sont libres de monter dans les bus »
Il a annoncé la semaine dernière l’évacuation de ces campements « à bref délai ». La première opération, en raison du nombre de réfugiés, de l’urgence sanitaire et des problèmes de sécurité, se déroule au « Millénaire » ce matin.
L’État et la Ville se sont mis d’accord pour « procéder à une mise à l’abri de tout le monde. C’est la priorité. Les gens sont libres de monter dans les bus ou de partir. Une solution d’hébergement sera proposée à chacun, avant que les situations individuelles soient ensuite examinées », dit-on à la Ville de Paris, qui a fermé exceptionnellement ce mercredi l’école primaire toute proche et la halte-garderie.
780 places d’hébergement ouvertes à Paris:
Des équipes municipales se chargent d’orienter les mineurs non accompagnés, les femmes et les familles vers un centre d’accueil. « Les associations qui interviennent dans ce campement ont déjà cette priorité, mais il y a de nouvelles arrivées chaque jour ».
Pour les hommes, Paris ouvre 780 places d’hébergement d’urgence, dans six sites - surtout des gymnases -, gérés par des associations. « Toutes resteront ouvertes le temps nécessaire à l’examen des situations. » D’autres espaces vont accueillir également des exilés ailleurs en Ile-de-France.
Ville et État se rejettent la responsabilité:
Cette grande opération de mise à l’abri était attendue. « C’est déjà ça », dit-on à la mairie de Paris, en sachant que ça ne réglera pas le problème à long terme. Depuis des semaines la maire PS de Paris, Anne Hidalgo, et le Ministre de l’Intérieur se rejettent la responsabilité de ces campements.
Dans un communiqué la semaine dernière, Gérard Collomb, reprochait notamment à la ville de ne pas avoir demandé l’évacuation par la justice. Et de ne pas prendre les mesures, alors qu’il s’agit de la 35e mise à l’abri dans la capitale depuis 2015, pour que ces campements ne se reconstituent pas. « Aujourd’hui, la demande d’asile […] se concentre largement sur Paris sa région : 40 % de la demande en France », souligne-t-il, en notant que la ville « ne compte que 2 % des places d’hébergement ».
Selon le ministre de l’Intérieur, il « convient donc de penser le problème parisien dans une logique d’ensemble qui permette de faire respecter la loi républicaine en matière d’asile et d’immigration pour pouvoir accueillir celles et ceux qui peuvent bénéficier de la protection mais aussi éloigner ceux qui n’ont pas vocation à rester sur le territoire national ».
« L’État doit assumer »
En réponse, la Ville de Paris s’est réjouie, après l’annonce d’une mise à l’abri des réfugiés, du choix de l’État « d’assumer ses responsabilités en matière d’accueil des demandeurs d’asile, d’hébergement et d’ordre public ». Après avoir réclamé cette opération depuis des semaines, la municipalité y voit une « confirmation que l’État n’a pas besoin d’une décision de justice pour intervenir ».
Elle rappelle aussi que « Paris compte déjà plus de 34 % des places d’hébergement d’urgence de tout l’Ile-de-France. 2 500 places en plus ont été créées depuis 2014. Six lieux supplémentaires, d’une capacité totale de 1 000 places ont été proposés en avril 2018 par la ville au ministère de l’Intérieur. »
« La question centrale des dublinés »
Pour Anne Hidalgo, il est essentiel que l’État mette en place « des dispositifs pérennes et fluides d’accueil et de prise en charge des migrants qui arrivent à Paris et dans l’ensemble de la France […] La question centrale est celle des « dublinés » » : ces migrants qui, selon l’accord de Dublin, doivent déposer une demande d’asile dans le premier pays où ils ont été contrôlés, souvent la Grèce et l’Italie.
« Ils relèvent, comme tout demandeur d’asile, de la compétence l’État, dit Dominique Versini, adjointe en charge des solidarités. Mais l’État ne veut pas prendre le risque de les héberger. Sauf qu’ils sont là avec d’autres. Tous doivent donc être mis à l’abri, puis leur situation examinée. Sans cela, de nouveaux campements apparaîtront très vite dans les rues de la capitale. Et il est évident qu’aucune barrière, aucun aménagement public, ne pourra empêcher cela : Paris compte plus de 1 400 km de voirie. »
Source:Ouest-France.