Slovénie:Les Nationalistes seraient en tête des Législatives
Posté : 04 juin 2018 06:07
D’après les premières estimations à la sortie des urnes, le conservateur Janez Jansa serait vainqueur aux élections législatives ce dimanche en Slovénie.
L’ancien chef de gouvernement conservateur Janez Jansa arrivait en tête ce dimanche des législatives en Slovénie, mais pourrait être en peine pour rassembler une majorité de gouvernement, selon un sondage à la sortie des urnes publié par la télévision publique RTV.
Crédité de 24,4 % des voix, le Parti du centre moderne (SMC) de M. Jansa devance l’indépendant Marjan Sarec (12,6 %) et le Parti du centre moderne (SMC, centre-gauche) du Premier ministre sortant Miro Cerar (9,8 %), suivi par le parti de gauche Levica (9,5 %) et le Parti social-démocrate (centre-gauche), à 9,3 %.
« Nous avons fait un premier pas pour un Slovénie forte et responsable en Europe », s’est félicité M Jansa, 59 ans, dans un tweet à l’issue du scrutin.
Un nationaliste aux accents xénophobes:
Omniprésent sur la scène politique slovène depuis l’indépendance en 1991 de cette ex-république yougoslave, cet ancien dissident voit son Parti du centre moderne (SMC) crédité de 24,4 % des voix après avoir agité durant sa campagne le spectre d’une « invasion » migratoire, empruntant des accents xénophobes au Premier ministre national-conservateur hongrois Viktor Orban.
Ce dernier lui a d’ailleurs apporté durant la campagne un soutien appuyé, qualifiant le dirigeant conservateur de « garant de la survie du peuple slovène ».
En net recul, le Parti du centre moderne (SMC, centre-gauche) du Premier ministre sortant Miro Cerar ne recueille que 9,8 %. La coalition sortante fait toutefois jeu égal avec le SMC si l’on prend en compte les scores des sociaux-démocrates (9,3 %) et du part des retraités Desus (5 %).
Dans ce contexte, l’indépendant Marjan Sarec, donné deuxième à 12,6 %, apparaît appelé à jouer un rôle crucial, selon les analystes.
« Dans la mesure où nous sommes un parti non-représenté au Parlement, c’est un succès très important », s’est félicité à l’annonce des estimations cet ancien comédien devenu maire d’une petite ville deprovince, sur le plateau de la télévision privée POP TV.
Un gouvernement qui sera difficile à former :
M. Sarec, 40 ans, qui cite volontiers le président français Emmanuel Macron en exemple, a réaffirmé qu’il n’entendait pas nouer d’alliance avec M. Jansa, 59 ans.
« Nous l’avons dit si souvent que nous ne serions pas crédibles si nous le faisions », a-t-il déclaré.Il a en revanche estimé que c’est sa formation qui in fine pourrait « avoir l’opportunité de former un gouvernement », si M. Jansa, une personnalité volontiers clivante, échouait à rassembler une majorité.
Quelque 1,7 million d’électeurs étaient appelés aux urnes pour ce scrutin à la proportionnelle destiné à pourvoir les 90 sièges au Parlement, dans ce pays entré dans l’Union européenne en 2004 et membre de la zone euro depuis 2007.
Premier ministre de 2004 à 2008 et de 2012 à 2013, M. Jansa avait été obligé d’écourter son deuxième mandat en raison d’une condamnation pour corruption qui lui avait valu plusieurs mois d’emprisonnement en 2014.
Le dirigeant conservateur, qui avait obtenu l’annulation du jugement la même année, a construit son retour au premier plan en agitant le spectre migratoire dans ce petit pays situé sur l’ancienne « route des Balkans ».
Une rhétorique qui rend aujourd’hui encore plus délicat un rapprochement avec les partis du centre sans lesquels M. Jansa ne semble pas pouvoir être en mesure de rassembler une majorité.
« Répandre la peur (des migrants) et impliquer le Premier ministre d’un pays voisin dans notre campagne, c’est franchir la ligne rouge. Ni moi ni les membres de ma liste ne pouvons nous inscrire dans une telle constellation », avait prévenu M. Sarec avant le vote.
Grogne sociale:
Pour la première fois depuis dix ans, les élections slovènes se sont déroulées dans un contexte de croissance économique soutenue et de chômage bas, dans ce pays frappé de plein fouet par la crise économique de 2008, et qui avait échappé de peu à une mise sous tutelle internationale en 2013.
La campagne s’est néanmoins déroulée dans un contexte de grogne sociale et de revendications de hausses des salaires et des retraites après dix années d’austérité.
Une réforme du système de santé, jugé inefficace et coûteux, et l’amélioration du climat des affaires ont également été réclamées.
Mais M. Jansa a réussi durant sa campagne à faire de l’immigration un thème central, avec l’appui de médias financés par des fonds hongrois, a relevé le quotidien Dnevik.
« Je ne veux pas que la Slovénie perde son identité culturelle », a expliqué Hubert Pozarnik, un médecin retraité allé voter à Ljubljana.
Près de 500 000 migrants ont transité par la Slovénie en 2015 et 2016 avant de poursuivre leur route vers l’ouest de l’Europe, une vague qui avait alors poussé le gouvernement de M. Cerar à ériger une clôture de 200 kilomètres à la frontière croate. Seul un millier de réfugiés et de demandeurs d’asile vivent dans le pays aujourd’hui, selon les chiffres officiels.
Source:Ouest-France.
L’ancien chef de gouvernement conservateur Janez Jansa arrivait en tête ce dimanche des législatives en Slovénie, mais pourrait être en peine pour rassembler une majorité de gouvernement, selon un sondage à la sortie des urnes publié par la télévision publique RTV.
Crédité de 24,4 % des voix, le Parti du centre moderne (SMC) de M. Jansa devance l’indépendant Marjan Sarec (12,6 %) et le Parti du centre moderne (SMC, centre-gauche) du Premier ministre sortant Miro Cerar (9,8 %), suivi par le parti de gauche Levica (9,5 %) et le Parti social-démocrate (centre-gauche), à 9,3 %.
« Nous avons fait un premier pas pour un Slovénie forte et responsable en Europe », s’est félicité M Jansa, 59 ans, dans un tweet à l’issue du scrutin.
Un nationaliste aux accents xénophobes:
Omniprésent sur la scène politique slovène depuis l’indépendance en 1991 de cette ex-république yougoslave, cet ancien dissident voit son Parti du centre moderne (SMC) crédité de 24,4 % des voix après avoir agité durant sa campagne le spectre d’une « invasion » migratoire, empruntant des accents xénophobes au Premier ministre national-conservateur hongrois Viktor Orban.
Ce dernier lui a d’ailleurs apporté durant la campagne un soutien appuyé, qualifiant le dirigeant conservateur de « garant de la survie du peuple slovène ».
En net recul, le Parti du centre moderne (SMC, centre-gauche) du Premier ministre sortant Miro Cerar ne recueille que 9,8 %. La coalition sortante fait toutefois jeu égal avec le SMC si l’on prend en compte les scores des sociaux-démocrates (9,3 %) et du part des retraités Desus (5 %).
Dans ce contexte, l’indépendant Marjan Sarec, donné deuxième à 12,6 %, apparaît appelé à jouer un rôle crucial, selon les analystes.
« Dans la mesure où nous sommes un parti non-représenté au Parlement, c’est un succès très important », s’est félicité à l’annonce des estimations cet ancien comédien devenu maire d’une petite ville deprovince, sur le plateau de la télévision privée POP TV.
Un gouvernement qui sera difficile à former :
M. Sarec, 40 ans, qui cite volontiers le président français Emmanuel Macron en exemple, a réaffirmé qu’il n’entendait pas nouer d’alliance avec M. Jansa, 59 ans.
« Nous l’avons dit si souvent que nous ne serions pas crédibles si nous le faisions », a-t-il déclaré.Il a en revanche estimé que c’est sa formation qui in fine pourrait « avoir l’opportunité de former un gouvernement », si M. Jansa, une personnalité volontiers clivante, échouait à rassembler une majorité.
Quelque 1,7 million d’électeurs étaient appelés aux urnes pour ce scrutin à la proportionnelle destiné à pourvoir les 90 sièges au Parlement, dans ce pays entré dans l’Union européenne en 2004 et membre de la zone euro depuis 2007.
Premier ministre de 2004 à 2008 et de 2012 à 2013, M. Jansa avait été obligé d’écourter son deuxième mandat en raison d’une condamnation pour corruption qui lui avait valu plusieurs mois d’emprisonnement en 2014.
Le dirigeant conservateur, qui avait obtenu l’annulation du jugement la même année, a construit son retour au premier plan en agitant le spectre migratoire dans ce petit pays situé sur l’ancienne « route des Balkans ».
Une rhétorique qui rend aujourd’hui encore plus délicat un rapprochement avec les partis du centre sans lesquels M. Jansa ne semble pas pouvoir être en mesure de rassembler une majorité.
« Répandre la peur (des migrants) et impliquer le Premier ministre d’un pays voisin dans notre campagne, c’est franchir la ligne rouge. Ni moi ni les membres de ma liste ne pouvons nous inscrire dans une telle constellation », avait prévenu M. Sarec avant le vote.
Grogne sociale:
Pour la première fois depuis dix ans, les élections slovènes se sont déroulées dans un contexte de croissance économique soutenue et de chômage bas, dans ce pays frappé de plein fouet par la crise économique de 2008, et qui avait échappé de peu à une mise sous tutelle internationale en 2013.
La campagne s’est néanmoins déroulée dans un contexte de grogne sociale et de revendications de hausses des salaires et des retraites après dix années d’austérité.
Une réforme du système de santé, jugé inefficace et coûteux, et l’amélioration du climat des affaires ont également été réclamées.
Mais M. Jansa a réussi durant sa campagne à faire de l’immigration un thème central, avec l’appui de médias financés par des fonds hongrois, a relevé le quotidien Dnevik.
« Je ne veux pas que la Slovénie perde son identité culturelle », a expliqué Hubert Pozarnik, un médecin retraité allé voter à Ljubljana.
Près de 500 000 migrants ont transité par la Slovénie en 2015 et 2016 avant de poursuivre leur route vers l’ouest de l’Europe, une vague qui avait alors poussé le gouvernement de M. Cerar à ériger une clôture de 200 kilomètres à la frontière croate. Seul un millier de réfugiés et de demandeurs d’asile vivent dans le pays aujourd’hui, selon les chiffres officiels.
Source:Ouest-France.