Stounk a écrit : LOFOTEN a écrit : Cinéaste, réalisateur du monumental "Shoah", écrivain, philosophe et journaliste, Claude Lanzmann, mort jeudi à 92 ans, a traversé le XXe siècle avec la volonté irréductible de témoigner et de se battre pour les causes qu'il estimait justes.
Plusieurs chaînes ont bouleversé leurs programmes pour rendre hommage à Claude Lanzmann, décédé jeudi. Parmi elles, Arte a choisi de diffuser Shoah samedi à 20h50. Le documentaire fleuve (plus de neuf heures) sur l’extermination des Juifs d’Europe sera ensuite disponible pendant soixante jours sur le portail arte.tv.
Shoah, sorti en 1985, avait déjà été diffusé à plusieurs reprises par la chaîne, dernièrement en 2010 et 2013. La chaîne propose aussi, dès à présent, sur arte.tv Les Quatres soeurs, le dernier film de Lanzmann qu’elle avait programmé en janvier et qui venait de sortir en salles. Arte diffuse également Claude Lanzmann - Porte-parole de la Shoah, un portrait du réalisateur diffusé le même mois.
Une fois dans sa vie il serait bon de voir Shoah . Du moins un condensé de cette œuvre qui dure au moins 9 heures
J'ai suivi quelques passage (sur Treblinka.) hier soir.....
Entièrement d'accord, il faut avoir vu ça une fois dans sa vie.
Je l'ai enregistré hier soir, ça fait des années que je ne l'ai pas vu.
Plus de deux mois de préparation
Tout commence le 6 mai 1942, lorsque René Bousquet, nommé quelques jours plus tôt secrétaire général de la police (un intitulé qui correspond au poste d'adjoint au ministre de l'Intérieur, par ailleurs chef de gouvernement : Pierre Laval), rencontre Reinhard Heydrich, le chef du RSHA, l'Office central de sécurité du Reich (qui sera abattu quelques jours plus tard à Prague).
Bousquet, jeune et ambitieux préfet de 33 ans, apprend à cette occasion que les Allemands projettent de déporter plus de
100 000 Juifs vivant en France, en Belgique et aux Pays-Bas au cours de la seule année 1942.
Le concours de l'administration française
Le gouvernement français accepte de prêter main-forte à ce projet criminel. Les Allemands n'entendaient, au départ, déporter que les Juifs de 16 à 55 ans. Pourtant, Pierre Laval propose d'abaisser cette limite d'âge à 2 ans et d'autoriser la déportation des hommes jusqu'à 60 ans.
Le 26 juin 1942, lors du conseil des ministres qui se tient à Vichy, le chef du gouvernement annonce que Jean Leguay, adjoint de René Bousquet pour la zone occupée, a été convoqué, la veille, par Theodor Dannecker, conseiller SS aux Affaires juives. Ce dernier, chargé de mettre en œuvre la « Solution finale » à l'échelon français, réclame la livraison de 10 000 Juifs de zone sud et l'arrestation de 40 % de Français (parmi les 22 000 qui doivent être arrêtés dans les seuls départements de la Seine et de la Seine-et-Oise).
Pierre Laval et René Bousquet valident cette demande. Quatre jours plus tard, Adolf Eichmann, de passage à Paris, donne à Dannecker des instructions précises « en vue de libérer totalement et le plus vite possible la France des Juifs ». Ces informations sont répercutées au chef de l'État Philippe Pétain.
"La police française est susceptible de rendre les plus grands services."
Le 2 juillet 1942, René Bousquet accepte officiellement de mettre les fonctionnaires de son ministère au service de l'occupant. En échange, il obtient la promesse de diriger un « corps de police unifié », indique Jean-Marc Berlière, historien spécialiste de la police. Le 18 juin précédent, il avait indiqué au général Carl Oberg, commandant supérieur de la SS et de la police allemande en France :
« Vous connaissez la police française. Elle a sans doute ses défauts, mais aussi ses qualités. Je suis persuadé que, réorganisée sur des bases nouvelles et énergiquement dirigée, elle est susceptible de rendre les plus grands services. Déjà, dans de nombreuses affaires, vous avez pu constater l'efficacité de son action. Je suis certain qu'elle peut faire davantage encore. »
Le 3 juillet, au cours d'un nouveau conseil des ministres, Pierre Laval évoque à nouveau à demi-mot l'opération en demandant que le recensement des Juifs français, effectué en octobre 1940, soit mis à jour.
Le 4 juillet, un « groupe de travail » présidé par le commissaire général aux Questions juives, Louis Darquier de Pellepoix, est mis en place. Il réunit les responsables des services administratifs qui devront préparer les rafles des 16 et 17 juillet. Une campagne de propagande est envisagée pour justifier auprès de l'opinion publique une opération qui risque de « choquer ».
Quand des volontaires prêtent main-forte
Le 7 juillet, c'est dans les bureaux de la police SS, situés au 31bis, avenue Foch, que se tient une réunion cruciale d'« organisation ». Y assistent l'adjoint de Dannecker (Ernst Heinrichsohn), mais aussi des Français : Darquier de Pellepoix et Pierre Gallien (CGQJ), Jacques Schweblin, directeur de la Police des questions juives, Jean François, directeur de la police générale à la préfecture, André Tulard, directeur du service des Étrangers et des Affaires juives de la préfecture de police (qui a travaillé à la mise en place d'un fichier juif qui sera fréquemment utilisé pour traquer les familles). Émile Hennequin, directeur de la police municipale, est accompagné du commissaire Georges Guidot.
Il est indiqué que des volontaires du Parti populaire français (PPF) de Jacques Doriot assisteront les Allemands chargés d'interpeller les Juifs français.
Parmi eux figurera Victor Barthélemy, numéro deux du PPF et qui, trente ans plus tard, participera à la fondation du Front national. Il est convenu que le coup de filet sera lancé à l'aube.
Le sort des enfants
Des assistantes sociales sont convoquées le même jour.
On leur explique qu'elles devront prendre en charge, pendant quelques jours, quelque 400 enfants. Ils seront en réalité plus
de 4 000…, dont 800 de moins de six ans. Le 17 juillet, décision est prise de les acheminer, seuls, vers les camps d'internement de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande, d'où ils seront transférés vers les camps d'extermination de Pologne, début août.
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