Le Ministre de l'Interieur devant la Commission des Lois.
Posté : 21 juillet 2018 12:40
L'audition du ministre de l'Intérieur sera publique et retransmise, selon la présidente de la commission des Lois, chargée d'enquêter sur le cas du collaborateur de l'Elysée placé en garde à vue et accusé de violences contre des manifestants, le 1er mai dernier.
Le Palais Bourbon est toujours en ébullition ce samedi dans le sillage de l'affaire Benalla. Le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, va finalement être auditionné lundi par les membres de la commission des Lois, constituée en commission d'enquête dans ce dossier explosif pour la majorité, a déclaré ce samedi matin sa présidente, la députée Yaël Braun-Pivet (LaREM). L'audition qui se déroulera à 10h sera publique et retransmise, a-t-elle précisé. Le ministre de l'Intérieur sera également auditionné mardi en fin d'après-midi par les sénateurs, qui souhaitent eux aussi faire la lumière sur les conditions dans lesquelles Alexandre Benalla, collaborateur d'Emmanuel Macron à l'Elysée, a participé aux opérations des forces de l'ordre le 1er mai à Paris.
Le groupe majoritaire LREM a en outre accepté la publicité des autres auditions à venir, avec des exceptions en particulier sur les questions de «sûreté de l'État» ou dans le cas où un fonctionnaire demanderait le huis clos. La commission a voté à la quasi unanimité le principe de cette publicité. «La majorité lâche sur la publicité des auditions, voyant enfin combien l'opacité des travaux est nuisible. La majorité a heureusement été cadrée cette nuit», a réagi Philippe Gosselin (LR, opposition de droite) dans un tweet.
La veille, la commission des Lois avait échoué à se mettre d'accord sur un programme d'auditions dans le cadre de la commission d'enquête parlementaire souhaitée par les différents groupes d'opposition pour traiter du cas d'Alexandre Benalla, placé en garde à vue après une vidéo le montrant frapper un manifestant. Yaël Braun-Pivet avait décidé, en conséquence, de convoquer la commission dans son ensemble ce samedi à 9h30 pour essayer de trouver un nouvel accord. Depuis jeudi, ce premier blocage en entraîne un second, celui du projet de révision constitutionnelle, victime collatérale de l'affaire Benalla. La séance devait reprendre en théorie à 10h30 pour poursuivre le débat des 1470 amendements restant sur le projet de loi constitutionnelle dont plus personne n'ose pronostiquer la fin de l'examen.
Les raisons du blocage parlementaire:
Avant de trouver un accord, la majorité et l'opposition divergaient sur le calendrier et le format des auditions. Lors du bureau de la commission des lois vendredi, la majorité avait proposé que Gérard Collomb soit entendu lundi matin, ce qui devrait finalement être le cas, après un week-end consacré comme prévu au débat sur le projet de loi constitutionnel, alors que les oppositions exigeaient de leurs côtés que le ministre de l'Intérieur soit entendu dès ce samedi matin. La majorité souhaitait également que seule l'audition du ministre soit publique, estimant le huis clos préférable pour les autres auditions (fonctionnaires de police, etc.) «pour obtenir la manifestation de la vérité» selon Yaël Braun-Pivet, ce qu'avaient rejeté les oppositions de droite et de gauche. «Ces auditions doivent avoir un caractère public», insistait alors le co-rapporteur de la commission, le député LR Guillaume Larrivé, qui jugeait par ailleurs que «ce n'était pas possible» d'attendre jusqu'à lundi matin pour l'audition de Gérard Collomb. Un constat partagé par son collège de la France Insoumise, Ugo Bernalicis.
«La majorité ne peut pas décider seule des conditions d'enquête, l'Assemblée est en train de se suicider», jugeait de son côté le président du groupe UDI-Agir Jean-Christophe Lagarde. La majorité a été accusée par le socialiste David Habib «de se raidir à l'idée d'auditionner des personnalités proches du président de la République» et par le communiste Stéphane Peu «de vouloir tuer dans l'œuf cette commission». «Vous avez envie de bloquer, assumez-le», leur a répondu le chef de file du Modem Marc Fesneau.
La paralysie du parlement a débuté dès jeudi. Ce sont les articles de presse affirmant que le ministre de l'Intérieur était au courant dès le 2 mai des violences commises par Alexandre Benalla qui ont provoqué ces levées de boucliers. LR, socialistes, Insoumis, communistes et extrême droite ont dénoncé des «mensonges» de Gérard Collomb, qui a laissé entendre jeudi, devant le Sénat, que la saisine de la police des polices était nouvelle. Ces députés ont «exigé», comme déjà la veille, qu'il vienne s'expliquer au plus vite devant la représentation nationale.
De son côté, la majorité a tenté de monter au créneau, dénonçant le blocage de l'Assemblée. «Le boycott devient un principe de fonctionnement chez vous. Vous voulez bordelliser le travail parlementaire», a lancé vendredi aux oppositions de droite et de gauche le président du groupe majoritaire LaREM, Richard Ferrand, avant que la séance ne soit levée vers 23h15. Gilles Le Gendre, porte-parole des députés LaREM, s'est quant à lui demandé ce samedi sur France Inter si les «oppositions veulent bloquer ou non les institutions». L'élu de Paris a dénoncé une «tentative de nos oppositions depuis 48 heures d'instrumentaliser cette affaire». Et il affirme que «rien ne sera étouffé dans cette affaire» autour de l'ex-collaborateur de l'Elysée, Alexandre Benalla.
Source:Le Figaro.
Le Palais Bourbon est toujours en ébullition ce samedi dans le sillage de l'affaire Benalla. Le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, va finalement être auditionné lundi par les membres de la commission des Lois, constituée en commission d'enquête dans ce dossier explosif pour la majorité, a déclaré ce samedi matin sa présidente, la députée Yaël Braun-Pivet (LaREM). L'audition qui se déroulera à 10h sera publique et retransmise, a-t-elle précisé. Le ministre de l'Intérieur sera également auditionné mardi en fin d'après-midi par les sénateurs, qui souhaitent eux aussi faire la lumière sur les conditions dans lesquelles Alexandre Benalla, collaborateur d'Emmanuel Macron à l'Elysée, a participé aux opérations des forces de l'ordre le 1er mai à Paris.
Le groupe majoritaire LREM a en outre accepté la publicité des autres auditions à venir, avec des exceptions en particulier sur les questions de «sûreté de l'État» ou dans le cas où un fonctionnaire demanderait le huis clos. La commission a voté à la quasi unanimité le principe de cette publicité. «La majorité lâche sur la publicité des auditions, voyant enfin combien l'opacité des travaux est nuisible. La majorité a heureusement été cadrée cette nuit», a réagi Philippe Gosselin (LR, opposition de droite) dans un tweet.
La veille, la commission des Lois avait échoué à se mettre d'accord sur un programme d'auditions dans le cadre de la commission d'enquête parlementaire souhaitée par les différents groupes d'opposition pour traiter du cas d'Alexandre Benalla, placé en garde à vue après une vidéo le montrant frapper un manifestant. Yaël Braun-Pivet avait décidé, en conséquence, de convoquer la commission dans son ensemble ce samedi à 9h30 pour essayer de trouver un nouvel accord. Depuis jeudi, ce premier blocage en entraîne un second, celui du projet de révision constitutionnelle, victime collatérale de l'affaire Benalla. La séance devait reprendre en théorie à 10h30 pour poursuivre le débat des 1470 amendements restant sur le projet de loi constitutionnelle dont plus personne n'ose pronostiquer la fin de l'examen.
Les raisons du blocage parlementaire:
Avant de trouver un accord, la majorité et l'opposition divergaient sur le calendrier et le format des auditions. Lors du bureau de la commission des lois vendredi, la majorité avait proposé que Gérard Collomb soit entendu lundi matin, ce qui devrait finalement être le cas, après un week-end consacré comme prévu au débat sur le projet de loi constitutionnel, alors que les oppositions exigeaient de leurs côtés que le ministre de l'Intérieur soit entendu dès ce samedi matin. La majorité souhaitait également que seule l'audition du ministre soit publique, estimant le huis clos préférable pour les autres auditions (fonctionnaires de police, etc.) «pour obtenir la manifestation de la vérité» selon Yaël Braun-Pivet, ce qu'avaient rejeté les oppositions de droite et de gauche. «Ces auditions doivent avoir un caractère public», insistait alors le co-rapporteur de la commission, le député LR Guillaume Larrivé, qui jugeait par ailleurs que «ce n'était pas possible» d'attendre jusqu'à lundi matin pour l'audition de Gérard Collomb. Un constat partagé par son collège de la France Insoumise, Ugo Bernalicis.
«La majorité ne peut pas décider seule des conditions d'enquête, l'Assemblée est en train de se suicider», jugeait de son côté le président du groupe UDI-Agir Jean-Christophe Lagarde. La majorité a été accusée par le socialiste David Habib «de se raidir à l'idée d'auditionner des personnalités proches du président de la République» et par le communiste Stéphane Peu «de vouloir tuer dans l'œuf cette commission». «Vous avez envie de bloquer, assumez-le», leur a répondu le chef de file du Modem Marc Fesneau.
La paralysie du parlement a débuté dès jeudi. Ce sont les articles de presse affirmant que le ministre de l'Intérieur était au courant dès le 2 mai des violences commises par Alexandre Benalla qui ont provoqué ces levées de boucliers. LR, socialistes, Insoumis, communistes et extrême droite ont dénoncé des «mensonges» de Gérard Collomb, qui a laissé entendre jeudi, devant le Sénat, que la saisine de la police des polices était nouvelle. Ces députés ont «exigé», comme déjà la veille, qu'il vienne s'expliquer au plus vite devant la représentation nationale.
De son côté, la majorité a tenté de monter au créneau, dénonçant le blocage de l'Assemblée. «Le boycott devient un principe de fonctionnement chez vous. Vous voulez bordelliser le travail parlementaire», a lancé vendredi aux oppositions de droite et de gauche le président du groupe majoritaire LaREM, Richard Ferrand, avant que la séance ne soit levée vers 23h15. Gilles Le Gendre, porte-parole des députés LaREM, s'est quant à lui demandé ce samedi sur France Inter si les «oppositions veulent bloquer ou non les institutions». L'élu de Paris a dénoncé une «tentative de nos oppositions depuis 48 heures d'instrumentaliser cette affaire». Et il affirme que «rien ne sera étouffé dans cette affaire» autour de l'ex-collaborateur de l'Elysée, Alexandre Benalla.
Source:Le Figaro.
