Fumer dans les espaces publics...
Posté : 12 août 2018 16:05
A Paris, fumer dans un parc pourrait bientôt appartenir au passé. Conformément à un vœu adopté mardi par le Conseil de Paris, la capitale va expérimenter dans quatre de ses jardins publics l’interdiction de la cigarette pour «lutter contre le tabagisme et la banalisation de la cigarette», selon l’élue Laurence Goldgrab (Mouvement radical). Avant une éventuelle généralisation à l’ensemble des espaces verts de la ville.
A lire aussi Sera-t-il bientôt interdit de fumer en plein air ?
Inédit ? Presque. Les élus parisiens favorables à cette mesure antitabac s’inspirent en effet d’une décision récente, et unique en France à ce jour, de la mairie de Strasbourg, de bannir la clope des espaces verts de la cité alsacienne. Entrée en vigueur au 1er juillet dans six parcs strasbourgeois, cette interdiction est elle aussi la suite logique de l’expérimentation menée par la municipalité l’an passé pour «sortir le tabac de l’espace public». A compter de 2019, elle s’accompagnera par ailleurs d’une sanction financière de 68 euros pour les fumeurs contrevenants, une somme à la hauteur de l’amende pour jet de mégot sur la voirie. De quoi contenir les fumeurs à des espaces toujours plus restreints ? L’idée a déjà fait son bonhomme de chemin dans les têtes des décideurs et des autorités de santé.
Quelles villes ont déjà prohibé le tabac dans les parcs ?
Dans le monde, plusieurs villes ont opté pour l’extension de l’interdiction de fumer dans les lieux publics aux espaces publics extérieurs depuis quelques années déjà. C’est le cas de Bristol, en 2015, première ville britannique à prohiber la cigarette dans ses jardins, avec le soutien de 61% de ses résidents selon un sondage, mais aussi des villes canadiennes de Vancouver depuis 2010 et de Toronto, de Hongkong, et d’au moins huit des dix plus grandes villes américaines à l’image de New York, Philadelphie, Chicago, San Jose, Los Angeles, San Diego, Phoenix et Dallas. Sans compter San Francisco, Salt Lake City ou Albuquerque. Le Royaume-Uni, mais aussi l’Irlande, la Suède ou la Finlande envisagent par ailleurs de prendre des mesures similaires à l’échelle nationale, en plus de l’interdiction de fumer dans une voiture en présence d’enfants, de fumer sur les plages (comme en Australie ou en Californie) ou dans le périmètre extérieur déterminé d’un jardin d’enfants ou d’un établissement de santé en Espagne.
Et en France ? Si la prohibition de la cigarette des parcs fut un temps souhaitée par la ministre de la Santé précédente, Marisol Touraine, elle n’en est qu’à ses balbutiements. En revanche, il est depuis le 1er juillet 2015 interdit de fumer dans les aires de jeu extérieures pour enfants sur l’ensemble du territoire hexagonal et plusieurs mairies expérimentent de plus en plus le label «espaces sans tabac» en plein air. Ainsi, à l’été 2011, la commune de La Ciotat est devenue la première municipalité française à bannir la cigarette d’une de ses plages. Une décision imitée depuis par de nombreuses cités balnéaires à l’instar de Nice, Cannes, Saint-Malo et Biarritz.
Quel est l’objectif derrière une telle interdiction ?
Les promoteurs de cette nouvelle interdiction, élus comme médecins, avancent deux principaux arguments, et en premier lieu, l’idée qu’il s’agit d’abord d’une mesure de santé publique pour lutter contre le tabagisme notamment chez les plus jeunes. Le cardiologue Daniel Thomas, porte-parole de la Société francophone de tabacologie (SFT), rappelle par exemple qu’en France le tabac est, avec 73 000 morts par an, «la première cause de mortalité évitable». La cigarette est par ailleurs responsable de plus d’un tiers des cancers et la première cause de décès cardio-vasculaires.
Or, en France, contrairement à l’Irlande, les Etats-Unis ou la Nouvelle-Zélande aux législations très strictes, le nombre de fumeurs stagne depuis 2010, avec 28,7% de consommateurs quotidiens chez les 17-75 ans en 2016. «On n’en peut pas ne pas voir et ne rien faire, soutient Daniel Thomas. C’est pour cela que l’on doit faire le maximum pour dénormaliser la consommation auprès des jeunes, notamment dans les lieux de sociabilité.» Interdire la cigarette dans les parcs et jardins publics permettrait donc de «diminuer la visibilité publique des fumeurs». «Il faut amener de la contrainte car cela entraîne un mécanisme mental de sevrage chez les fumeurs et cela peut les aider», complète l’addictologue et élu strasbourgeois Alexandre Feltz, à l’origine de l’arrêté municipal.
L’adjoint à la santé à la mairie de Strasbourg y voit aussi un progrès environnemental puisque les déchets de la cigarette, autrement dit les mégots sont les premiers déchets des villes. «En avril, au cours d’une action avec la Ligue contre le cancer et Zéro déchet Strasbourg, nous avons ramassé près de 50 000 mégots en deux heures dans le centre-ville. Or un mégot contient des substances chimiques polluantes, met plus de dix ans à se dégrader et, à l’heure actuelle, doit être brûlé pour s’en débarrasser», explique encore Alexandre Feltz. Sans compter les coûts liés au ramassage sur la voirie et dans les espaces verts, censés être des espaces partagés par tous.
Est-ce une mesure efficace pour lutter contre le tabagisme ?
Là où elle l’interdiction de la cigarette dans les parcs publics est mise en œuvre depuis une dizaine d’années, aucune étude n’est venue à ce jour étayer les bénéfices directs pour la santé publique d’une décision aussi circonscrite. Des propos attribués à l’ancien maire de New York Michael Bloomberg, par The Telegraph, affirment cependant que dans la Grande Pomme son action contre le tabagisme actif et passif, et plus particulièrement grâce à cette mesure spécifique, aurait permis d’augmenter l’espérance de vie des New-Yorkais de trois ans sous son mandat. «Cette interdiction, qui participe comme sur les plages de la stigmatisation du comportement des fumeurs, semble être vécue positivement partout où elle a été adoptée car elle atteint assez peu les libertés des fumeurs, affirme avec nuance le professeur d'addictologie à Paris-Descartes Michel Reynaud. Mais c’est une mesure symbolique et il faut en plus donner la possibilité d’écraser et jeter son mégot à l’entrée des parcs pour éviter de repousser la pollution environnementale.»
Ses partisans comptent sur l’effet «contrainte», cumulé aux interdictions multiples, aux mesures de prévention comme le paquet neutre, à la hausse générale des prix du tabac ou au remboursement partiels par la Sécu des traitements de substitution à la nicotine (les fameux patchs). «On sait de manière générale que si l’on restreint les lieux et les occasions de fumer, cela fait baisser le nombre de consommateurs», soutient encore Bernard Basset, vice-président de l’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (ANPAA). A l’appui des antitabac, la baisse drastique de la consommation et de l’indice de mortalité lié à la cigarette après dix ans d’interdiction en Irlande ou au Royaume-Uni. A Londres, le volontarisme national contre le tabagisme a ainsi permis de faire baisser le nombre de fumeurs de 18,2% à 15,2% des adultes entre 2012 et 2016 et le taux de mort par accident vasculaire cérébral pour 100 000 personnes, de 11,5 à 8,9 points entre 2013 et 2015. Des résultats en matière de lutte antitabac particulièrement enviés par les autorités françaises de santé.
Source:Libération.(Article de Juillet 2018)
...........................................Les plages non-fumeurs se multiplient sur les côtes françaises:
Labellisées sans tabac, une cinquantaine de plages du littoral français tentent de bannir la cigarette, afin de préserver l'environnement des mégots et de réduire l'exposition au tabagisme passif.
NON-FUMEUR. Sous le parasol, plus de clope ? Lancé il y a quelques années par la Ligue contre le cancer, le label "Espace sans tabac" a été attribué à 218 espaces publics extérieurs, parcs ou plages (entières ou en partie), où le tabac est interdit par décret municipal, dans 29 villes à ce jour. Quant aux aires de jeux pour enfants, il est interdit d'y fumer depuis un décret national de juin 2015.
Nice, la pionnière:
La ligue, qui promeut les "espaces publics conviviaux et sains" pour "dénormaliser" le tabagisme, responsable de 78.000 morts par an en France, a lancé le label "Ville sans tabac" pour convaincre les municipalités de systématiser ces lieux. "Nous n'avons pas pour ambition que toutes les plages soient 'sans tabac', nous voulons juste que les gens aient le choix", dit à l'AFP Emmanuel Ricard, délégué à la prévention au sein de l'association. Car l'été est "souvent une période où l'on essaie d'arrêter de fumer, ce qui est plus facile à faire lorsqu'on se trouve dans un environnement non-fumeur", souligne-t-il. Aussi, "plus les jeunes voient des gens fumer, plus ils sont incités à commencer".
C'est Nice qui, la première, a créé en 2012 une plage sans tabac - elle en compte quatre aujourd'hui. D'autres ont suivi, comme sa voisine Cagnes-sur-Mer, qui a interdit cet été sur l'une de ses 10 plages cigarette mais aussi "narguilé, chicha, cigarette électronique, vapoteuse ou tout autre produit à fumer ou à inhaler", avec un "avis très favorable" des familles, notamment pour la santé des enfants, confie à l'AFP le maire Louis Nègre. La Corse, elle, possède déjà 20 plages non-fumeurs notamment à Propriano, inaugurée fin juillet.
Un mégot, c'est 500 litres d'eau polluée:
De son côté Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) est passée d'une à trois plages, et Ouistreham (Calvados) a suivi le mouvement pour préserver "la santé publique" et lutter contre "la pollution du sable et de la mer, les mégots finissant souvent dans l'eau, le ventre des poissons, voire la bouche des enfants", relève le maire (LR) Romain Bail. Même motivation à Saint-Gilles-Croix-de-Vie ou Royan, où s'amassaient les mégots "jetés par les fumeurs sur la plage certes, mais surtout, les gens l'ignorent, provenant de rejets pluviaux, qui ruissellent vers la mer et reviennent sur la plage", explique Julien Duressay, conseiller municipal (LR) en charge de l'environnement. "Et franchement, la richesse de notre ville balnéaire, ce n'est pas l'industrie, ce sont nos plages. Alors si on ne fait rien pour les protéger..."
Un mégot, "c'est 500 litres d'eau polluée", affirme Gérard Marcalbert, conseiller municipal de Carnac (Morbihan) où l'on contrôle les eaux "pour les ostréiculteurs". "Si on pollue les eaux avec des mégots, on pollue aussi les poissons, les huîtres et les humains". Comme la plupart des stations balnéaires pionnières, Carnac compte sur le civisme des vacanciers car "il n'y a pas d'amende prévue pour les contrevenants", note l'élu.
La mer commence ICI:
Après avoir labellisé l'une de ses cinq plages, Royan s'est associée à EcoMégot, une start-up bordelaise qui pour l'heure incinère les mégots, mais travaille à une solution de recyclage. En ville, une vingtaine de plaques métalliques au sol, à proximité d'avaloirs d'égouts, clament : "Ne rien jeter, ne rien vider. La mer commence ICI". Au Cap Ferret, l'initiative revient au Conseil municipal des enfants et "les gens font un peu la police eux-mêmes, cela se passe bien", relate le maire (DVD) Michel Sammarcelli. Seuls quelques jeunes "n'adhèrent pas".
Certains constatent toutefois un essoufflement, après le "franc succès" des débuts. A Ouistreham, l'interdiction est "peu respectée" cet été, confie le maire. "Nous avons une vraie difficulté à faire entendre raison aux vacanciers", regrette-t-il, jugeant les rondes de la police municipale moins dissuasives que les CRS postés les premiers temps. Affirmant ne plus être "en capacité d'assurer la pédagogie en raison des baisses de dotations de l'Etat", il envisage de mettre des panneaux et d'embaucher "un ou deux jeunes pour faire de la prévention sur la plage".
Source:Sciences et avenir.
https://www.sciencesetavenir.fr/nature- ... ses_126659
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Inédit ? Presque. Les élus parisiens favorables à cette mesure antitabac s’inspirent en effet d’une décision récente, et unique en France à ce jour, de la mairie de Strasbourg, de bannir la clope des espaces verts de la cité alsacienne. Entrée en vigueur au 1er juillet dans six parcs strasbourgeois, cette interdiction est elle aussi la suite logique de l’expérimentation menée par la municipalité l’an passé pour «sortir le tabac de l’espace public». A compter de 2019, elle s’accompagnera par ailleurs d’une sanction financière de 68 euros pour les fumeurs contrevenants, une somme à la hauteur de l’amende pour jet de mégot sur la voirie. De quoi contenir les fumeurs à des espaces toujours plus restreints ? L’idée a déjà fait son bonhomme de chemin dans les têtes des décideurs et des autorités de santé.
Quelles villes ont déjà prohibé le tabac dans les parcs ?
Dans le monde, plusieurs villes ont opté pour l’extension de l’interdiction de fumer dans les lieux publics aux espaces publics extérieurs depuis quelques années déjà. C’est le cas de Bristol, en 2015, première ville britannique à prohiber la cigarette dans ses jardins, avec le soutien de 61% de ses résidents selon un sondage, mais aussi des villes canadiennes de Vancouver depuis 2010 et de Toronto, de Hongkong, et d’au moins huit des dix plus grandes villes américaines à l’image de New York, Philadelphie, Chicago, San Jose, Los Angeles, San Diego, Phoenix et Dallas. Sans compter San Francisco, Salt Lake City ou Albuquerque. Le Royaume-Uni, mais aussi l’Irlande, la Suède ou la Finlande envisagent par ailleurs de prendre des mesures similaires à l’échelle nationale, en plus de l’interdiction de fumer dans une voiture en présence d’enfants, de fumer sur les plages (comme en Australie ou en Californie) ou dans le périmètre extérieur déterminé d’un jardin d’enfants ou d’un établissement de santé en Espagne.
Et en France ? Si la prohibition de la cigarette des parcs fut un temps souhaitée par la ministre de la Santé précédente, Marisol Touraine, elle n’en est qu’à ses balbutiements. En revanche, il est depuis le 1er juillet 2015 interdit de fumer dans les aires de jeu extérieures pour enfants sur l’ensemble du territoire hexagonal et plusieurs mairies expérimentent de plus en plus le label «espaces sans tabac» en plein air. Ainsi, à l’été 2011, la commune de La Ciotat est devenue la première municipalité française à bannir la cigarette d’une de ses plages. Une décision imitée depuis par de nombreuses cités balnéaires à l’instar de Nice, Cannes, Saint-Malo et Biarritz.
Quel est l’objectif derrière une telle interdiction ?
Les promoteurs de cette nouvelle interdiction, élus comme médecins, avancent deux principaux arguments, et en premier lieu, l’idée qu’il s’agit d’abord d’une mesure de santé publique pour lutter contre le tabagisme notamment chez les plus jeunes. Le cardiologue Daniel Thomas, porte-parole de la Société francophone de tabacologie (SFT), rappelle par exemple qu’en France le tabac est, avec 73 000 morts par an, «la première cause de mortalité évitable». La cigarette est par ailleurs responsable de plus d’un tiers des cancers et la première cause de décès cardio-vasculaires.
Or, en France, contrairement à l’Irlande, les Etats-Unis ou la Nouvelle-Zélande aux législations très strictes, le nombre de fumeurs stagne depuis 2010, avec 28,7% de consommateurs quotidiens chez les 17-75 ans en 2016. «On n’en peut pas ne pas voir et ne rien faire, soutient Daniel Thomas. C’est pour cela que l’on doit faire le maximum pour dénormaliser la consommation auprès des jeunes, notamment dans les lieux de sociabilité.» Interdire la cigarette dans les parcs et jardins publics permettrait donc de «diminuer la visibilité publique des fumeurs». «Il faut amener de la contrainte car cela entraîne un mécanisme mental de sevrage chez les fumeurs et cela peut les aider», complète l’addictologue et élu strasbourgeois Alexandre Feltz, à l’origine de l’arrêté municipal.
L’adjoint à la santé à la mairie de Strasbourg y voit aussi un progrès environnemental puisque les déchets de la cigarette, autrement dit les mégots sont les premiers déchets des villes. «En avril, au cours d’une action avec la Ligue contre le cancer et Zéro déchet Strasbourg, nous avons ramassé près de 50 000 mégots en deux heures dans le centre-ville. Or un mégot contient des substances chimiques polluantes, met plus de dix ans à se dégrader et, à l’heure actuelle, doit être brûlé pour s’en débarrasser», explique encore Alexandre Feltz. Sans compter les coûts liés au ramassage sur la voirie et dans les espaces verts, censés être des espaces partagés par tous.
Est-ce une mesure efficace pour lutter contre le tabagisme ?
Là où elle l’interdiction de la cigarette dans les parcs publics est mise en œuvre depuis une dizaine d’années, aucune étude n’est venue à ce jour étayer les bénéfices directs pour la santé publique d’une décision aussi circonscrite. Des propos attribués à l’ancien maire de New York Michael Bloomberg, par The Telegraph, affirment cependant que dans la Grande Pomme son action contre le tabagisme actif et passif, et plus particulièrement grâce à cette mesure spécifique, aurait permis d’augmenter l’espérance de vie des New-Yorkais de trois ans sous son mandat. «Cette interdiction, qui participe comme sur les plages de la stigmatisation du comportement des fumeurs, semble être vécue positivement partout où elle a été adoptée car elle atteint assez peu les libertés des fumeurs, affirme avec nuance le professeur d'addictologie à Paris-Descartes Michel Reynaud. Mais c’est une mesure symbolique et il faut en plus donner la possibilité d’écraser et jeter son mégot à l’entrée des parcs pour éviter de repousser la pollution environnementale.»
Ses partisans comptent sur l’effet «contrainte», cumulé aux interdictions multiples, aux mesures de prévention comme le paquet neutre, à la hausse générale des prix du tabac ou au remboursement partiels par la Sécu des traitements de substitution à la nicotine (les fameux patchs). «On sait de manière générale que si l’on restreint les lieux et les occasions de fumer, cela fait baisser le nombre de consommateurs», soutient encore Bernard Basset, vice-président de l’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (ANPAA). A l’appui des antitabac, la baisse drastique de la consommation et de l’indice de mortalité lié à la cigarette après dix ans d’interdiction en Irlande ou au Royaume-Uni. A Londres, le volontarisme national contre le tabagisme a ainsi permis de faire baisser le nombre de fumeurs de 18,2% à 15,2% des adultes entre 2012 et 2016 et le taux de mort par accident vasculaire cérébral pour 100 000 personnes, de 11,5 à 8,9 points entre 2013 et 2015. Des résultats en matière de lutte antitabac particulièrement enviés par les autorités françaises de santé.
Source:Libération.(Article de Juillet 2018)
...........................................Les plages non-fumeurs se multiplient sur les côtes françaises:
Labellisées sans tabac, une cinquantaine de plages du littoral français tentent de bannir la cigarette, afin de préserver l'environnement des mégots et de réduire l'exposition au tabagisme passif.
NON-FUMEUR. Sous le parasol, plus de clope ? Lancé il y a quelques années par la Ligue contre le cancer, le label "Espace sans tabac" a été attribué à 218 espaces publics extérieurs, parcs ou plages (entières ou en partie), où le tabac est interdit par décret municipal, dans 29 villes à ce jour. Quant aux aires de jeux pour enfants, il est interdit d'y fumer depuis un décret national de juin 2015.
Nice, la pionnière:
La ligue, qui promeut les "espaces publics conviviaux et sains" pour "dénormaliser" le tabagisme, responsable de 78.000 morts par an en France, a lancé le label "Ville sans tabac" pour convaincre les municipalités de systématiser ces lieux. "Nous n'avons pas pour ambition que toutes les plages soient 'sans tabac', nous voulons juste que les gens aient le choix", dit à l'AFP Emmanuel Ricard, délégué à la prévention au sein de l'association. Car l'été est "souvent une période où l'on essaie d'arrêter de fumer, ce qui est plus facile à faire lorsqu'on se trouve dans un environnement non-fumeur", souligne-t-il. Aussi, "plus les jeunes voient des gens fumer, plus ils sont incités à commencer".
C'est Nice qui, la première, a créé en 2012 une plage sans tabac - elle en compte quatre aujourd'hui. D'autres ont suivi, comme sa voisine Cagnes-sur-Mer, qui a interdit cet été sur l'une de ses 10 plages cigarette mais aussi "narguilé, chicha, cigarette électronique, vapoteuse ou tout autre produit à fumer ou à inhaler", avec un "avis très favorable" des familles, notamment pour la santé des enfants, confie à l'AFP le maire Louis Nègre. La Corse, elle, possède déjà 20 plages non-fumeurs notamment à Propriano, inaugurée fin juillet.
Un mégot, c'est 500 litres d'eau polluée:
De son côté Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) est passée d'une à trois plages, et Ouistreham (Calvados) a suivi le mouvement pour préserver "la santé publique" et lutter contre "la pollution du sable et de la mer, les mégots finissant souvent dans l'eau, le ventre des poissons, voire la bouche des enfants", relève le maire (LR) Romain Bail. Même motivation à Saint-Gilles-Croix-de-Vie ou Royan, où s'amassaient les mégots "jetés par les fumeurs sur la plage certes, mais surtout, les gens l'ignorent, provenant de rejets pluviaux, qui ruissellent vers la mer et reviennent sur la plage", explique Julien Duressay, conseiller municipal (LR) en charge de l'environnement. "Et franchement, la richesse de notre ville balnéaire, ce n'est pas l'industrie, ce sont nos plages. Alors si on ne fait rien pour les protéger..."
Un mégot, "c'est 500 litres d'eau polluée", affirme Gérard Marcalbert, conseiller municipal de Carnac (Morbihan) où l'on contrôle les eaux "pour les ostréiculteurs". "Si on pollue les eaux avec des mégots, on pollue aussi les poissons, les huîtres et les humains". Comme la plupart des stations balnéaires pionnières, Carnac compte sur le civisme des vacanciers car "il n'y a pas d'amende prévue pour les contrevenants", note l'élu.
La mer commence ICI:
Après avoir labellisé l'une de ses cinq plages, Royan s'est associée à EcoMégot, une start-up bordelaise qui pour l'heure incinère les mégots, mais travaille à une solution de recyclage. En ville, une vingtaine de plaques métalliques au sol, à proximité d'avaloirs d'égouts, clament : "Ne rien jeter, ne rien vider. La mer commence ICI". Au Cap Ferret, l'initiative revient au Conseil municipal des enfants et "les gens font un peu la police eux-mêmes, cela se passe bien", relate le maire (DVD) Michel Sammarcelli. Seuls quelques jeunes "n'adhèrent pas".
Certains constatent toutefois un essoufflement, après le "franc succès" des débuts. A Ouistreham, l'interdiction est "peu respectée" cet été, confie le maire. "Nous avons une vraie difficulté à faire entendre raison aux vacanciers", regrette-t-il, jugeant les rondes de la police municipale moins dissuasives que les CRS postés les premiers temps. Affirmant ne plus être "en capacité d'assurer la pédagogie en raison des baisses de dotations de l'Etat", il envisage de mettre des panneaux et d'embaucher "un ou deux jeunes pour faire de la prévention sur la plage".
Source:Sciences et avenir.
https://www.sciencesetavenir.fr/nature- ... ses_126659

